© DRHuit des onze incendies toujours hors de contrôle au Portugal sévissent au centre du pays, dans les districts de Coimbra, Santarem, et Viseu. Les trois autres sont concentrés dans le district de Santarem (nord). A Coimbra (centre), la troisième ville du pays, les pompiers, aidés par un changement de direction du vent, sont parvenus dans la nuit de lundi à mardi à stopper l'avancée des flammes vers les faubourgs. "L'incendie de Coimbra a été écarté du périmètre de la ville et il n'y a aucune chance qu'il ne s'approche à nouveau", a déclaré le chef de pompiers dans cette zone à la radio privée TSF. Mais la situation reste particulièrement critique dans ce district, où les pompiers ne parviennent toujours pas à maîtriser quatre incendies.
Les neufs avions bombardiers d'eau et hélicoptères mis à disposition du Portugal par cinq pays de l'Union européenne (France, Espagne, Italie, Allemagne, Pays-Bas) sont tous mobilisés. Baisse des températures et possibles pluies au nord du pays mercredi pourraient toutefois aider les 3.000 pompiers et 600 militaires portugais à pied d'oeuvre sur le terrain, selon les prévisions de la météorologie portugaise.
Drames et polémique
Malgré les efforts des pompiers, les chaînes de télévisions ont montré des villageois impuissants, tentant souvent seuls de freiner les flammes avec de simples seaux d'eau ou des tuyaux d'arrosage de potagers, avant de fuir leurs domiciles. Le Premier ministre portugais, José Socrates, a défendu lundi soir à Coimbra l'action des secours, critiquée par le maire de la ville, Carlos Encarnacao, selon qui l'incendie qui a menacé la ville au cours des dernières heures était devenu incontrôlable faute de moyens aériens suffisants. "La coordination des moyens anti-incendies a été bien meilleure cette année qu'en 2004", a assuré José Socrates, soulignant que le nombre d'appareils aériens anti-incendies était passé de 38 à 49. "Nous vivons cette année la pire situation depuis cinq ans en terme de risques d'incendies", a plaidé le chef du gouvernement portugais, qui a réclamé samedi l'assistance de l'UE.
Ces incendies, particulièrement virulents depuis samedi, ont ravagé au moins 134.000 hectares, soit plus que pour toute l'année 2004. Le bilan pour cette année 2005 est déjà de 180.000 ha brûlés. Les feux qui sévissent en ce moment ont détruit 100 maisons et environ 500 bâtiments de fermes dans le centre-nord boisé du pays, l'une des régions les plus pauvres de l'UE. Lundi soir, les gendarmes ont découvert le corps calciné d'une femme de 88 ans, gisant à 150 mètres de sa maison, près de la localité d'Ourem (centre), dans une zone ravagée par les flammes, ont rapporté mardi les pompiers locaux. Le décès de cette femme, portée disparue depuis jeudi, porte à 15, dont 10 pompiers, le nombre de personnes tuées dans les incendies depuis le début de l'année au Portugal, qui connaît sa pire sécheresse depuis 1945.
Un total de 24 incendies étaient actifs mardi en Galice, région du nord-ouest de l'Espagne frontalière avec le Portugal. Un feu mettait en danger des zones habitées pour la troisième journée consécutive dans le secteur d'O Pindo de Carnota. Depuis début août, plus de 19.000 hectares ont brûlé en Galice, selon le département de l'Environnement du gouvernement local, pour la plupart du fait d'incendies volontaires. Vague d'incendies en Espagne
(Coimbra au Portugal lundi 22 août/DR)
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