© AFPUn coup d'Etat a été perpétré mercredi en Mauritanie par des militaires, principalement des membres de la garde présidentielle. Dans un communiqué signé du "Conseil militaire pour la justice et la démocratie", les putschistes ont fait savoir que "les Forces armées et de sécurité ont unanimement décidé de mettre fin aux pratiques totalitaires du régime dont notre peuple a tant souffert ces dernières années". Les putschistes, avec à leur tête le colonel Ely Ould Mohammed Vall, directeur de la sûreté nationale, s'engagent également à "créer les conditions favorables d'un jeu démocratique ouvert et transparent sur lequel la société civile et les acteurs politiques auront à se prononcer librement".
Ce coup d'Etat militaire a été unanimement condamné par la communauté internationale. Il était toujours impossible dans la soirée de mercredi de déterminer s'il avait fait des victimes. Peu de temps après le putsch, des centaines de Mauritaniens sont descendus dans les rues de la capitale pour manifester leur joie, et scander des slogans favorables aux nouveaux dirigeants du pays, qui n'ont pas dévoilé leur identité. Nous sommes opprimés depuis 20 ans", s'est exclamé Moustapha, un jeune étudiant, alors qu'Amadou K. déclarait à l'AFP : "La vie est devenue chère. Seuls les corrompus et les voleurs pouvaient vivre dans ce pays".
Quatrième coup d'Etat
Lui même arrivé au pouvoir par les armes le 12 décembre 1984, le président Ould Taya se trouve à Niamey en provenance de Ryad. Il n'avait toujours pas fait de déclaration mercredi en fin de journée. Les partis politiques de la mouvance présidentielle et de l'opposition étaient également muets.
Le coup d'Etat a débuté mercredi à 05H00 (locale et GMT) avec la prise de contrôle par des militaires mauritaniens du siège de l'état-major ainsi que de la radio et de la télévision nationales qui ont totalement cessé d'émettre. Des véhicules équipés d'armes lourdes et des batteries anti-aériennes ont été positionnés à plusieurs points stratégiques de la capitale par les putschistes. Ils ont également bloqué l'accès à la présidence de la République. Plusieurs officiers, dont le colonel El Arbi Ould Sidi Ali, chef d'état-major des armées, ont été arrêtés par les putschistes.
La République islamique de Mauritanie, pays de plus d'un million de km2 et peuplé de quelque 2,8 millions d'habitants, a été confrontée, selon les autorités, à trois tentatives de coup d'Etat en quinze mois, en juin 2003, en août et septembre 2004. En juin 2003, la tentative de coup d'Etat avait été suivie de nombreux limogeages et changements au sein du pouvoir.
L'Union africaine suspend la Mauritanie |
L'Union africaine a exclu provisoirement jeudi la Mauritanie de ses rangs, au lendemain du coup d'Etat qui a renversé le président Maaouiya Ould Taya. Le conseil de sécurité et de paix de l'Union africaine, qui s'est réuni juste après le sommet extraordinaire de l'UA sur la réforme de l'Onu, a annoncé que cette suspension serait effective tant que "l'ordre constitutionnel" ne sera pas de retour en Mauritanie. |
(PHOTO ARCHIVE AFP/SEYLLOU. En juin 2003, des soldats restés fidèles au président Maaouiya Ould Taya après l'échec d'un coup d'Etat.)
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