Le ton remonte entre la France et la Turquie

Par F.A., le 02 août 2005 à 16h05 , mis à jour le 02 août 2005 à 17h08

Les propos de Dominique de Villepin, qui a lié l'ouverture des négociations avec la Turquie à la reconnaissance formelle de Chypre, ont été très mal perçus par le gouvernement turc. Ankara fait remarquer que cette question ne fait pas partie des préalables imposés par l'Union européenne.

turquie istanbul sous la neige © INTERNE

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En décembre 2004, l'Union européenne avait posé plusieurs conditions préalables pour l'ouverture des négociations d'adhésion avec la Turquie, fixées au 3 octobre prochaine. Outre un respect plus accru des droits de l'homme, Ankara devait élargir aux dix nouveaux membres de l'Union l'accord douanier la liant aux quinze "anciens".

Cela impliquait que la Turquie élargisse l'accord à la république de Chypre, qu'elle ne reconnaît pas. Vendredi dernier, le gouvernement turc a paraphé le texte. Mais il a immédiatement souligné cela n'avait pas valeur à ses yeux de reconnaissance officielle de son homologue chypriote –ce qui n'a d'ailleurs jamais été exigé par Bruxelles.

"Pas concevable"

Mardi, sur Europe 1, Dominique de Villepin a jeté un pavé de la mare sur ce sujet. "Il ne me paraît pas concevable qu'un processus quelconque de négociation puisse s'ouvrir avec un pays qui ne reconnaîtrait pas chacun des membres de l'Union européenne" a lancé le Premier ministre. Avant d'aller beaucoup plus : interrogé sur l'éventualité d'un report de la date du 3 octobre pour le démarrage des négociations en cas de non-reconnaissance de Chypre, le locataire de Matignon a répondu "tout à fait".

C'est la première fois qu'un dirigeant des 25 exige la reconnaissance de Chypre comme une condition à l'ouverture des négociations d'adhésion avec Ankara. Lundi, le vice-chancelier autrichien, Hubert Gorbach, avait déjà évoqué le problème, mais sans aller aussi loin que Dominique de Villepin.

"Tentative de la France de violer le cadre"

Si les gouvernements chypriote et grec ont salué les propos de Dominique de Villepin -"Il est absurde qu'un pays voulant rejoindre l'Union européenne ne reconnaisse pas un de ses pays membres" fait remarquer Nicosie-, Ankara a, sans surprise, vivement réagi.

Selon un responsable turc, les propos du Premier ministre violent les engagements pris par l'UE. "La décision du Conseil européen du 17 décembre 2004 est claire : la reconnaissance de Chypre n'était pas une condition préalable" a lancé un responsable turc. "Ce que l'on nous avait présenté comme une condition préalable était la signature du protocole douanier et la Turquie l'a signé. C'était un cadre très clair" a-t-il ajouté, avant de conclure : '"Aujourd'hui, nous constatons une tentative de la France visant à le violer."

(photo d'archives : vue d'Istanbul)

Par F.A. le 02 août 2005 à 16:05
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30 Commentaires

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  • Vera, le 04/08/2005 à 07h15

    C'est incroyable que ce soit encore une fois un homme politique francais qui souleve un probleme de fond et non pas le porte parole ou representant de l'institution concernee ici l'Union Europeenne, au prealable l'ONU et la guerre contre l'Irak. Les Francais sont peut-etre des empecheurs de tourner en rond mais ils essaient parfois de poser les bonnes questions. Que disent les representants de Chypre dans tout ca?

  • Martial, le 04/08/2005 à 05h00

    La turquie se comporte de maniere véritablement contradictoire, vouloir integrer l'Europe sans pour cela reconnaitre un état membre relève deja d'un état d'esprit particulier quand aux efforts concernant les droits de l'homme on ne peut pas dire qu'un grand pas ait été franchit... Je félicite Mr de Villepin quand au courage de ces propos, cela faisait effectivement longtemps qu'un politique ne nous avait pas habitué à cela.

  • Tic Tac, le 04/08/2005 à 04h35

    Non mais c'est incroyable.On leur dit que si il veulent rentrer dans l'Europe ils doivent en reconnaître tous les membres (ce dont nous ne devrions même pas avoir a leur expliquer tellement cela va de soi)et les Turcs ne trouvent rien d'autres àa dire que "Ca ne faisait pas partie des conditions".L'europe ne se marchande pas !!!!

  • Seb, le 04/08/2005 à 03h02

    On exige une reconnaissance préalable d'une île et du génocide arménien commis sous un autre régime en vue d'une adhésion, alors que la France au premier chef et d'autres pays européens sont incapables de reconnaitre leurs propres crimes et génocides en Afrique et en Asie? Pourquoi subitement le "deux poids, deux mesures"? Voyons Mr De Villepin....

  • Sensi, le 04/08/2005 à 03h02

    Ce que tu dis Izyt est complètement incohérent et fallacieux.

  • Michel Plumauzille, le 04/08/2005 à 02h35

    Pourquoi vouloir commencer des négociations d'adhésion à l'UE avec un pays qui n'est même pas européen et dont les diplomates nous ont suffisamment montré qu'ils n'étaient pas très... diplomates !

  • Franco turc, le 04/08/2005 à 02h29

    Mon petit grain de sable semble indispensable: - Chypre était déjà en situation "à problème" avant son intégration à l'UE. Pourquoi les dirigeants à cette époque ne se sont pas posé la question de ne pas adhérer ce pays dont le nord est annexé par les turcs ? - Chypre est-elle bien en Europe ? (c'est qu'on se posait cette meme question sur la turquie il y a de cela qq mois -- et si oui q'uen est-il de la guyane bla bla bla) - Si débat il doit y avoir, pourquoi ne pas se remémorer les faits historiques des années 70 dans cette ile de la méditerranée: c'est bien l'armée turque qui a sauvé les turcs du nord de l'ile de la purification ethnique dont ils étaient l'objet. Allez plutot vous renseigner sur le nombre de turcs tués par les grecs. Mais aujourd'hui on s'en foue c'est vrai...les grecs leurs amis chypriotes sont en UE alors ils ont toutes la crédibilité qu'il faut. A bon entendeur, salut...

  • KEMAL, le 04/08/2005 à 01h19

    Que la Turquie ait le courage de regarder l'histoireà l'instar de l'Allemagne qui a fait son me-culpa et ensuite parlera d'Europe. Il y des passés lourds aà porter, courage ......

  • JPV, le 03/08/2005 à 22h41

    C'est encore du cinéma messieurs les journalistes.

  • Ilgar, le 03/08/2005 à 21h10

    Merci de bien vouloir apporter cette précision à vos lecteurs: "la Turquie ne refuse pas de reconnaître Chypre; c'est la partie Grecque qui refuse un plan de paix onusien soutenu par l'UE.* V. CET extrait du Monde:"Nous sommes évidemment favorables à cette reconnaissance mais elle suit un processus parallèle" , a expliqué, mardi, un porte-parole de la Commission, faisant allusion aux discussions menées dans le cadre des Nations unies. Les Chypriotes grecs ont rejeté, en avril 2004, le plan de paix proposé par l'ONU pour mettre un terme au conflit né de l'intervention militaire turque en 1974, suivant elle-même le coup d'Etat de Chypriotes grecs désireux de rattacher l'île à la Grèce. La population chypriote turque a, elle, approuvé le plan des Nations unies." erci de rétablir une par d'équité dans le dénigrement incessant de la Turquie qui a certes des défaut comme tous y compris comme les Chypryotes. Evitons l'approche Manichéennne.

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