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En décembre 2004, l'Union européenne avait posé plusieurs conditions préalables pour l'ouverture des négociations d'adhésion avec la Turquie, fixées au 3 octobre prochaine. Outre un respect plus accru des droits de l'homme, Ankara devait élargir aux dix nouveaux membres de l'Union l'accord douanier la liant aux quinze "anciens".
Cela impliquait que la Turquie élargisse l'accord à la république de Chypre, qu'elle ne reconnaît pas. Vendredi dernier, le gouvernement turc a paraphé le texte. Mais il a immédiatement souligné cela n'avait pas valeur à ses yeux de reconnaissance officielle de son homologue chypriote –ce qui n'a d'ailleurs jamais été exigé par Bruxelles.
"Pas concevable"
Mardi, sur Europe 1, Dominique de Villepin a jeté un pavé de la mare sur ce sujet. "Il ne me paraît pas concevable qu'un processus quelconque de négociation puisse s'ouvrir avec un pays qui ne reconnaîtrait pas chacun des membres de l'Union européenne" a lancé le Premier ministre. Avant d'aller beaucoup plus : interrogé sur l'éventualité d'un report de la date du 3 octobre pour le démarrage des négociations en cas de non-reconnaissance de Chypre, le locataire de Matignon a répondu "tout à fait".
C'est la première fois qu'un dirigeant des 25 exige la reconnaissance de Chypre comme une condition à l'ouverture des négociations d'adhésion avec Ankara. Lundi, le vice-chancelier autrichien, Hubert Gorbach, avait déjà évoqué le problème, mais sans aller aussi loin que Dominique de Villepin.
"Tentative de la France de violer le cadre"
Si les gouvernements chypriote et grec ont salué les propos de Dominique de Villepin -"Il est absurde qu'un pays voulant rejoindre l'Union européenne ne reconnaisse pas un de ses pays membres" fait remarquer Nicosie-, Ankara a, sans surprise, vivement réagi.
Selon un responsable turc, les propos du Premier ministre violent les engagements pris par l'UE. "La décision du Conseil européen du 17 décembre 2004 est claire : la reconnaissance de Chypre n'était pas une condition préalable" a lancé un responsable turc. "Ce que l'on nous avait présenté comme une condition préalable était la signature du protocole douanier et la Turquie l'a signé. C'était un cadre très clair" a-t-il ajouté, avant de conclure : '"Aujourd'hui, nous constatons une tentative de la France visant à le violer."
(photo d'archives : vue d'Istanbul)
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