© AFPL'enquête se poursuit après le crash d'un Boeing 737 chypriote qui a fait 121 morts, parmi lesquels un groupe de 48 jeunes. La police grecque a perquisitionné lundi au siège de la compagnie Helios. Une enquête criminelle pourrait être ouverte. Par ailleurs, les autorités chypriotes ont annoncé qu'elles allaient mener leur propre investigation. La radio nationale a précisé que la police allait interroger les proches des victimes sur le vol de l'appareil qui s'est écrasé sur une colline près d'Athènes. La police devrait également écouter des passagers ayant dans le passé déposé des plaintes contre Helios, ainsi que des pilotes et d'autres employés ayant quitté la compagnie ou ayant été renvoyés. Helios s'était attiré de violentes critiques dimanche dans les heures suivant l'accident, pour avoir tardé à informer les familles et les autorités sur les personnes qui se trouvaient à bord du vol 552 Larnaca-Prague.
Alors que les médias ont relayé de nombreux témoignages d'anciens passagers faisant état de problèmes de climatisation, froid ou chaleur excessifs, sur des vols d'Hélios, les experts vont notamment examiner l'historique de l'appareil accidenté. La compagnie Helios a reconnu mardi que l'avion sinistré avait déjà connu un problème de pressurisation. Le président d'Helios, Andreas Drakou, avait pourtant rejeté lundi toutes les interrogations sur la sécurité à bord des vols Helios : "Je vole moi-même fréquemment sur Helios avec mes enfants et ne le ferais pas si c'était risqué", avait-il insisté, en assurant que la compagnie opérait normalement ses vols. Il avait annoncé enfin "un premier versement de 20.000 euros par passager au profit des familles, en attendant le versement de compensations".
Le dernier message d'un passager : un canular
D'après les enquêteurs, le crash proprement dit semble avoir été provoqué par le manque de carburant. "Nous pensons que l'appareil se dirigeait vers l'aéroport international d'Athènes, il est probable que le carburant était épuisé", a indiqué mardi une source gouvernementale, sous couvert d'anonymat. Mais bien avant cela, les passagers et membres de l'équipage seraient morts par asphyxie. "Il semble que le décès des passagers, dans beaucoup de cas, sinon dans la totalité, s'est produit avant le crash, mais c'est quelque chose que nous devons confirmer", a ainsi déclaré lundi le ministre grec de l'Intérieur Prokopis Pavlopoulos.
Marcos Kondilakis, un expert aéronautique grec, a estimé sur la télévision publique Net qu'il semblait y avoir eu "un problème d'alimentation en oxygène". "Il a dû y avoir un problème rapide et brutal entraînant la mort des pilotes dans la cabine", a pour sa part affirmé un contrôleur aérien grec Manolis Antoniadis. "Il semble que le problème technique ait commencé 10 minutes après le décollage", a ajouté M. Antoniadis. Selon lui, l'appareil est entré "sous pilotage automatique dans l'espace aérien grec", puis a commencé à tourner en cercle. "Il était hors de contrôle. A partir de là, nous attendions tous que le carburant s'épuise et que l'avion tombe", a-t-il ajouté.
Rien, dans les communications de l'équipage, ne permettait de comprendre le drame qui se déroulait. Selon Marcos Antoniadis, le dernier message des pilotes avait été adressé directement, via une fréquence spéciale, à la compagnie Hélios, pour signaler à ses techniciens un problème technique. Dimanche soir, le porte-parole du gouvernement grec Théodore Roussopoulos avait indiqué que le pilote de l'avion avait uniquement fait état de problèmes de "climatisation" (bien climatisation) dans cette ultime communication. En revanche, un autre message qui aurait été envoyé, via SMS, par un passager à un membre de sa famille, était finalement un canular. L'homme qui avait affirmé avoir reçu cet appel désespéré ("Nous avons froid, le pilote est bleu. Nous allons mourir") d'un cousin qui aurait été à bord a été arrêté lundi soir.
Helios avait subi trois contrôles inopinés de ses appareils en Europe depuis début 2005, au cours desquels aucun problème grave n'avait été détecté : l'un en juin, en Roumanie ; un autre en Grande-Bretagne, en juillet, où rien n'avait été signalé ; lors d'un troisième contrôle aux Pays-Bas, également en juillet, un incident "catégorie 1", mineur, avait été identifié et corrigé. En 2004, Helios avait fait l'objet de quatre contrôles en Europe, dont un en France, un en Grande-Bretagne et deux en Pologne. Là encore, "seuls des incidents mineurs de catégorie 1 ont été signalés, et dans certains cas rien", selon la DGAC.Trois contrôles en 2005 et aucun problème majeur signalé
Photo d'ouverture : débris de l'appareil d'Helios - DR
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