Le vol Paris-Toronto s'est posé trop tard

le 07 août 2005 à 09h12 , mis à jour le 08 août 2005 à 21h43

Le responsable de l'enquête sur l'accident du vol Paris-Toronto a confirmé dimanche que l'appareil s'est posé beaucoup trop loin, presque au milieu de la piste. Par ailleurs, les enquêteurs canadiens ont relevé des dysfonctionnements lors de l'évacuation.

lciToronto (Canada), 2 août – Alors que plusieurs accidents d'avion meurtriers ont eu lieu les jours précédents, un Airbus A340 d'Air France rate son atterrissage à l'aéroport Pearson en raison des mauvaises conditions météo. Miraculeusement, aucune victime n'est à déplorer parmi les 309 passagers et membres d'équipage. Ce crash d'une compagnie sûre fait enfler la polémique sur la sécurité aérienne. DR © lci

L'enquête canadienne confirme les révélations du Globe and Mail de Toronto : l'Airbus A340 d'Air France accidenté mardi s'est posé trop loin. Presque au milieu de la piste, à une distance qui ne permettait pas, vu les conditions météo, de s'arrêter à temps. C'est ce qu'a indiqué dimanche Réal Levasseur, le responsable de l'enquête. "L'avion s'est posé à 4.000 pieds du seuil de la piste", a-t-il dit, alors que la piste est longue de 9.000 pieds (soit près de 2.800 mètres). Il a précisé qu'un avion se pose généralement autour de 500 mètres du début de la piste.

Réal Levasseur a aussi affirmé que les enquêteurs avaient rencontré le pilote de l'appareil. "L'entrevue est terminée" a-t-il dit, en qualifiant cet entretien de "très coopératif et franc". Réal Levasseur avait précisé ces derniers jours que le commandant de bord avait été blessé au dos lors de l'accident - depuis, bien qu’hospitalisé, son état de santé s’est amélioré. C'est le co-pilote de l'Airbus A-340 qui était aux commandes lorsque l'appareil a quitté la piste après son atterrissage sur la piste de l'aéroport Pearson de Toronto, avant de prendre feu. Une hôtesse de l'air reste également hospitalisée.

Evacuation difficile

Par ailleurs, selon le responsable canadien de l’enquête, l’évacuation de l’appareil a connu quelques ratés. Quatre des huit sorties d'urgence ont été utilisées en raison de l'incendie qui avait commencé sur un côté de l'appareil, a indiqué Réal Levasseur. Sur ces quatre portes, une a été très difficile à ouvrir et deux des glissières de sécurité (ou toboggans) qui les équipent ne se sont pas déployées, a-t-il précisé. Les enquêteurs se penchent sur cette question pour déterminer s'il s'agit d'un mauvais fonctionnement dû au choc de l'accident ou d'un problème structurel qu'il faudrait alors corriger.

Une plainte en nom collectif a par ailleurs été déposée devant la Cour supérieure de l'Ontario accusant Air France, les autorités aéroportuaires de Toronto et l'exploitant de la tour de contrôle de négligence lors de l'accident de l'Airbus 340, selon Radio-Canada. "Il y a des chances qu'un des trois ait joué un rôle dans l'accident", a déclaré Paul Miller, l'avocat de la plaignante, interrogé par les médias canadiens. La plainte, qui réclame 75 millions de dollars canadiens (50 millions d'euros), a été présentée vendredi par une Torontoise au nom des 297 passagers rescapés de l'avion d'Air France sorti de piste mardi avant de s'embraser dans un ravin. Air France ne commente pas ces informations, a indiqué samedi un porte-parole de la compagnie.

Pas plus de 150 millions d'euros d'indemnisations, selon un assureur

Le montant total des indemnisations versées à la suite de l'accident de l'A340 d'Air France ne devrait pas dépasser 150 millions d'euros, a indiqué lundi à l'AFP un assureur souhaitant conserver l'anonymat. L'appareil, qui a été entièrement détruit, devrait entraîner le versement d'environ 108 millions d'euros. Selon cette source, il était en leasing donc l'indemnisation sera répartie au prorata entre le propriétaire - dont l'identité n'est pas disponible - et Air France. Les assureurs prendront également en charge la totalité des préjudices subis par les 309 personnes transportées par l'A340 - 297 passagers et 12 membres d'équipage. Une porte-parole d'Air France a réaffirmé lundi que l'accident de Toronto n'aurait "aucun impact économique sur le groupe".

Photo d'ouverture : l'avion d'Air France accidenté - archives

le 07 août 2005 à 09:12
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36 Commentaires

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  • Xx, le 08/08/2005 à 08h47

    La tour de controle est chargee d'etre les yeux du pilote quand l'avion atteri sur sa piste, l'aeroport connait l'etat de ses pistes, la vitesse d'approche et le taux de descente, la trajetoire vis a vis de la piste, si il etait trop long, la tour devait le signaler a tout prix, sinon elle sert a rien, le pilote ne voit que partiellement la piste, il se base surtout sur les instruments et les informations de la tour avant de prendre la decision finale.

  • Maverick, le 08/08/2005 à 08h30

    Que les victimes soient en droit dêtre indemnisées, c'est un fait... mais qu'un présumé pilote d'AF (voir commentaires) indique qu'AF est responsable de l'explosion du concord, c'est a se demander s'il est réellement pilote.. puisque cet accident a été causé par les debris laissés par un autre avion... et non un defaut du concorde..

  • Hubert, le 08/08/2005 à 06h10

    Alain Le Rourcal, merci d'apporter votre experience, professionalisme et intelligence aux propos de tous ces gens qui ne comprennent rien a rien.

  • Richard, le 08/08/2005 à 00h58

    A l'attention de Mr.Alain Le Rourcal Etant moi même fils d'un cadre de la compagnie qui a vécu au sein de cette "famille" pendant près de 45 ans, j'avoue ne pas comprendre de telles positions si péremptoires!! Bien sur il y a des textes mais lorsque l'on est devant l'indiscible!!!! Bien sur dans le cas présent le rôle et le travail effectué par les PNC ne peut être que salué mais là encore puisque l'on parle de responsabilités n'oublions pas que le Comandant de bord est "seul maitre à bord apres Dieu". N'essayons pas de rejeter la faute sur d'autres qui ont du prendre des décisions qu'ils n'auraient pas du etre amenés a prendre si d'autre avaient pris les leurs !! La faute, s'il ne doit y en avoir qu'une, est certainement celle de l'aéroprt qui au vu des conditions météo aurait du , même provisoirement, fermer l'aéroport et détourner les vols.D'une façon générale il n'est jamais bon de "cracher dans la soupe" Mr Le Rourcal. Pardon pour mes mots et mon franc parler mais lorsque l'on parle de la survie de centaines de personnes il faut mesurer ses propos ! Bien sur quant aux gesticulations financières qui s'en suivent ...La nature humaine aura pris le dessus et je suis de ceux qui pourraient penser que l'équipage, dans son ensemble, mériterait certainement une "récompense" pour avoir amené a bon port l'ensemble des passagers d'un avion qui ne l'oublions pas reste le plus sûr moyen de transport sur la planète en terme de passagers transportés !

  • Tit, le 08/08/2005 à 00h56

    Bravo a m Le rorcal qui ne mache pas ses mots, et ne fait pas du corporatisme aveugle pourquoi se voiler la face, si le commandant de bord a posé son avion trop loin, et n'a pas eu le reflexe de remettre les gaz ? la demande de réparation est normale, ce qui m'ennuie c'est que je ne sais pas si la personne qui attaque au penal est une passagère ou une simple quidam qui lance la procédure au nom des passager ? quand vous commetez un accident en voiture, vous pouvez etre attaqués et payer (enfin votre assureur...) des dommages et interets, pourquoi pas en avion ?

  • Faya, le 07/08/2005 à 23h26

    45 millions moins ce que vont prendre les avocats 15 millions cela fait a peine 100 000 ? par passager pour un accident d'avion c'est beaucoup ? La vie n'a pas de prix, mais le choc psychologique OUI.

  • Deniss, le 07/08/2005 à 15h37

    5 millions d'euros, voilà ce que méritent les demandeurs au plus. Le reste , c'est 45 millions de coups de pieds au c..

  • Alain Le Rourcal, le 07/08/2005 à 15h36

    Une info qui a son imprtance : un commandant de bord Air France sur Airbus A340 perçoit environ 200 000 ?, salaire NET annuel. Ce salaire justement pour être capable de décider une remise de gaz, dans les conditions de Toronto.

  • Alain Le Rourcal, le 07/08/2005 à 15h20

    Suite n°5 Il ressort clairement de ce texte qu'il n'appartient pas au BEA de rechercher des responsabilité. Seule la justice est en mesure de le faire, et est d'ailleurs en devoir de le faire. Il appartient en revanche aux parties civiles de se manifester, ne serait-ce que pour avoir accès au dossier. Il n'est pas correct d'en faire grief aux victimes pour lesquelles la réparation de l'extraordinaire préjudice moral que représente un tel accident, passe avant tout par la reconnaissance des responsabilités et la sanctions des éventuelles fautes et délit. Je souligne pour les âmes sensibles que la mise en danger d'autrui est un délit. Le commandant Asseline l'a payé de 18 mois de prison, et la Cie Air France n'avait pas pénalement été mise en cause. Elle le sera peut-être dans l'affaire du Concorde, elle le sera peut-être dans cette affaire de Toronto. Sa responsabilité pénale peut probablement être recherchée par la justice tant il est vrai que depuis tant d'années elle fait preuve d'un si grand laxisme en matière de sécurité des vols, que tant et tant d'incidents aérien graves n'ont jamais été sanctionnées. Le Président d'Air France doit assumer trois accident aériens majeurs sous sa présidence, celui du mont Ste Odile, il était alors Président d'Air Inter, et sous celle d'Air france Concorde et Toronto. Que les victimes de cet accident ne se laissent pas endormir par les argentiers de la Cie, qui ne manqueront pas de tenter de leur arracher la décision de ne jamais saisir la justice, mais il est vrai que les enchères monteront. à ce sujet gageons qu'ils sera plus lucratif de retirer une plainte que de ne pas la poser. A. Le Rourcal Montpellier

  • Alain Le Rourcal, le 07/08/2005 à 15h18

    Suite n°4 Sachons encore, que le bureau enquête- accident français, (http://www.bea-fr.org) publie sur son site les lignes suivantes : "Le BEA est l'organisme officiel responsable des enquêtes techniques sur les accidents et incidents d?aviation civile survenus sur le territoire français. Ces enquêtes ont pour objectif la sécurité de l'aviation civile. Pour cela, elles doivent identifier les circonstances de l?accident ou de l?incident, en déterminer les causes et permettre le cas échéant de formuler des recommandations destinées à prévenir des événements similaires. Une directive européenne exclut formellement que les enquêtes techniques visent à déterminer la culpabilité éventuelle ou le degré de responsabilité des personnes ou entreprises impliquées dans l?événement . Chaque année, le BEA intervient dans environ 700 événements sur le territoire français (ce qui inclut les Départements et Territoires d'Outre-mer), au titre de : l'Etat d'occurrence.

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