Toronto (Canada), 2 août – Alors que plusieurs accidents d'avion meurtriers ont eu lieu les jours précédents, un Airbus A340 d'Air France rate son atterrissage à l'aéroport Pearson en raison des mauvaises conditions météo. Miraculeusement, aucune victime n'est à déplorer parmi les 309 passagers et membres d'équipage. Ce crash d'une compagnie sûre fait enfler la polémique sur la sécurité aérienne. DR © lciL'enquête canadienne confirme les révélations du Globe and Mail de Toronto : l'Airbus A340 d'Air France accidenté mardi s'est posé trop loin. Presque au milieu de la piste, à une distance qui ne permettait pas, vu les conditions météo, de s'arrêter à temps. C'est ce qu'a indiqué dimanche Réal Levasseur, le responsable de l'enquête. "L'avion s'est posé à 4.000 pieds du seuil de la piste", a-t-il dit, alors que la piste est longue de 9.000 pieds (soit près de 2.800 mètres). Il a précisé qu'un avion se pose généralement autour de 500 mètres du début de la piste.
Réal Levasseur a aussi affirmé que les enquêteurs avaient rencontré le pilote de l'appareil. "L'entrevue est terminée" a-t-il dit, en qualifiant cet entretien de "très coopératif et franc". Réal Levasseur avait précisé ces derniers jours que le commandant de bord avait été blessé au dos lors de l'accident - depuis, bien qu’hospitalisé, son état de santé s’est amélioré. C'est le co-pilote de l'Airbus A-340 qui était aux commandes lorsque l'appareil a quitté la piste après son atterrissage sur la piste de l'aéroport Pearson de Toronto, avant de prendre feu. Une hôtesse de l'air reste également hospitalisée.
Evacuation difficile
Par ailleurs, selon le responsable canadien de l’enquête, l’évacuation de l’appareil a connu quelques ratés. Quatre des huit sorties d'urgence ont été utilisées en raison de l'incendie qui avait commencé sur un côté de l'appareil, a indiqué Réal Levasseur. Sur ces quatre portes, une a été très difficile à ouvrir et deux des glissières de sécurité (ou toboggans) qui les équipent ne se sont pas déployées, a-t-il précisé. Les enquêteurs se penchent sur cette question pour déterminer s'il s'agit d'un mauvais fonctionnement dû au choc de l'accident ou d'un problème structurel qu'il faudrait alors corriger.
Une plainte en nom collectif a par ailleurs été déposée devant la Cour supérieure de l'Ontario accusant Air France, les autorités aéroportuaires de Toronto et l'exploitant de la tour de contrôle de négligence lors de l'accident de l'Airbus 340, selon Radio-Canada. "Il y a des chances qu'un des trois ait joué un rôle dans l'accident", a déclaré Paul Miller, l'avocat de la plaignante, interrogé par les médias canadiens. La plainte, qui réclame 75 millions de dollars canadiens (50 millions d'euros), a été présentée vendredi par une Torontoise au nom des 297 passagers rescapés de l'avion d'Air France sorti de piste mardi avant de s'embraser dans un ravin. Air France ne commente pas ces informations, a indiqué samedi un porte-parole de la compagnie.
Le montant total des indemnisations versées à la suite de l'accident de l'A340 d'Air France ne devrait pas dépasser 150 millions d'euros, a indiqué lundi à l'AFP un assureur souhaitant conserver l'anonymat. L'appareil, qui a été entièrement détruit, devrait entraîner le versement d'environ 108 millions d'euros. Selon cette source, il était en leasing donc l'indemnisation sera répartie au prorata entre le propriétaire - dont l'identité n'est pas disponible - et Air France. Les assureurs prendront également en charge la totalité des préjudices subis par les 309 personnes transportées par l'A340 - 297 passagers et 12 membres d'équipage. Une porte-parole d'Air France a réaffirmé lundi que l'accident de Toronto n'aurait "aucun impact économique sur le groupe".Pas plus de 150 millions d'euros d'indemnisations, selon un assureur
Photo d'ouverture : l'avion d'Air France accidenté - archives
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