Les secours patrouillent également en hélicoptère au-dessus des zones inondées. Alligators et mêmes requins y ont été signalés. © LCILa presse nationale dépeint jeudi une Amérique "dépassée par la catastrophe" après les ravages du cyclone Katrina dont le bilan est loin d'être définitif et qui pourrait s'aggraver par une crise sanitaire. "Qu'un géant soit vulnérable aux coups de la nature et plus fragile que sa réputation ne l'affirme, le tremblement de terre de Kobé l'avait rappelé. Mais la leçon de La Nouvelle-Orléans est plus noire encore", estime le quotidien Libération dans un éditorial. "Une métropole moderne qui sombre sous les eaux et dans l'anarchie, c'est un spectacle bien cruel pour un champion absolu de la sécurité comme Bush, d'ailleurs quelque peu dépassé par les événements", ajoute Libération, estimant qu'il faudra beaucoup de temps pour "effacer la fêlure qui est apparue sur le visage de l'Amérique".
"L'Amérique dépassée par la catastrophe" titre également Le Figaro, qui évoque "des eaux durablement polluées" et rappelle que "métaux lourds, égouts déversés et cadavres ont empoisonné l'eau potable et vont souiller les sols". Le Figaro voit dans la gestion de cette crise "une épreuve de vérité pour George W. Bush". Avec une popularité plombée par la guerre en Irak et la flambée du prix du pétrole, "c'est bien dans la gestion de l'après-Katrina que George W. Bush se refera un 'capital politique', ou perdra ce qu'il en reste". L'Humanité évoque "en filigrane, une possible catastrophe sanitaire publique", tandis que le quotidien économique Les Echos met l'accent sur "l'économie américaine ébranlée" avec "des pans entiers de l'économie lourdement touchés" : transport aérien, ports, distribution, casinos et tourisme, télécoms, chimie industrie lourde et réseau électrique.
Face à une telle catastrophe, d'autres pays auraient-ils mieux réagi ? Patrick Lagadec, professeur à l'Ecole polytechnique, expert international en gestion de crise, répond à Libération : "Personne n'a de leçon à donner à quiconque. Il y aura un débriefing sérieux à faire de cette expérience, des erreurs comme des bonnes idées, utiles dans un monde où les surprises¬ climatiques ou autres vont se multiplier".
La presse européenne s'en prend à Bush |
Au-delà de la catastrophe naturelle, le chaos qui règne à La Nouvelle-Orléans révèle, aux yeux de la presse européenne quasi-unanime, les profondes lignes de fracture de la société américaine. "L'Amérique regarde, décontenancée, un tiers monde dans ses propres frontières, fracassé et violent", écrit le quotidien allemand Die Welt (conservateur). "Third World, USA" titre le quotidien autrichien Der Standard (centre-gauche). Die Presse (centre-droit) dénonce "la chasse aux sorcières" de l'administration Bush" contre les chercheurs qui expliquent ces catastrophes par le réchauffement climatique et l'effet de serre. La presse francophone belge dénonce l'incapacité du "pays le plus riche de la planète" qui "laisse les plus démunis, pauvres, malades, âgés, livrés à eux-mêmes face à un cataclysme prévisible et... prévu", écrit Le Soir tandis que la Libre Belgique s'interroge sur ce que "le gouvernement américain a retenu du '11 septembre' pour mieux répondre aux situations d'urgence". Même son de cloche en Espagne. Pour El Mundo (centre-droit), cela "met en évidence les points faibles d'un pays qui, occupé (...) par ses aventures impériales, a négligé des sujets bien plus importants, comme le bien-être des ses habitants". En Italie, la Stampa souligne aussi que "l'ouragan emporte Bush accusé d'avoir envoyé en Irak les soldats qui auraient pu éviter le désastre" et Il Messaggero (conservateur) relève que "l'argent pour la protection civile a été détourné vers l'Irak". |
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