
George W. Bush, qui tente d'améliorer son image ternie par Katrina, a fait valoir samedi que son gouvernement s'était bien préparé à faire face au cyclone Rita et à ses conséquences, apparemment moins dramatiques que celles qui avaient été anticipées. "Notre gouvernement fédéral est bien organisé et bien préparé à affronter Rita", a-t-il affirmé du quartier-général du Commandement Nord à Colorado Springs, une base en partie enfouie sous les montagnes rocheuses. Le président américain, qui s'était prononcé la semaine dernière pour une plus grande implication de l'armée dans les secours à déployer en cas de catastrophe, devait ensuite se rendre à Austin, la capitale administrative du Texas, puis à San Antonio, située à 300 km à l'ouest de Houston. "La priorité va maintenant aller aux opérations de sauvetage, pour mettre les gens hors de danger", a déclaré le président.
Le cyclone a balayé avec des trombes d'eau et des vents soufflant à près de 200 km/h le nord-est du Texas et l'ouest de la Louisiane, une région où est concentrée 27% de la capacité de raffinage pétrolier des Etats-Unis. Mais tout risque n'est pas encore écarté. "Bien que le cyclone ait maintenant dépassé la zone côtière, la situation est toujours dangereuse à cause des inondations potentielles", a averti George W. Bush, circonspect après les défaillances des services de secours fédéraux ayant suivi le passage meurtrier du cyclone Katrina. "Il est important que les gens écoutent soigneusement les autorités locales qui leur diront s'ils peuvent ou non regagner leurs foyers en toute sécurité", a-t-il expliqué.
Fébrilité du président et de son entourage
George W. Bush, qui tient à démontrer qu'il supervise personnellement les opérations de l'Etat fédéral face à la catastrophe, devait initialement se rendre dès vendredi à San Antonio pour suivre les mesures prises à l'approche de Rita, mais il a annulé son déplacement à la dernière minute. "Nous ne voulions pas ralentir" les opérations des services de secours prépositionnés à San Antonio, qui se préparaient à se rapprocher des zones les plus menacées par Rita, avait déclaré le porte-parole de la Maison Blanche, Scott McClellan, pour expliquer ce revirement. "Une chose que je ne ferai pas, c'est gêner" les opérations de secours, avait renchéri George W. Bush. Cette fausse note montre la fébrilité du président et de son entourage, qui tiennent absolument à éviter de rééditer la gestion catastrophique en terme d'images du cyclone Katrina.
Alors que les chaînes de télévision diffusaient en continu des images terribles après la passage dévastateur de ce cyclone, notamment à La Nouvelle-Orléans, le président n'avait pas modifié d'un iota son emploi du temps et était resté en vacances dans son ranch texan de Crawford. Il avait fallu attendre trois jours avant que George W. Bush ne survole en avion les zones dévastées par le cyclone. Le président veut cette fois-ci apparaître en première ligne pour retrouver sa popularité, qui a chuté suite aux défaillances des opérations de secours après le cyclone Katrina. Pour la première fois depuis l'arrivée de Bush à la Maison Blanche, une majorité d'Américains estiment en effet que leur président n'est pas un dirigeant fort et résolu, selon un sondage USA Today/CNN rendu public mardi. 58% d'Américains désapprouvent la manière dont il gère les affaires du pays et 56% estiment que le président a pris des mesures pour aider les sinistrés essentiellement pour des raisons politiques et non par réelle compassion.
Photo d'ouverture : George W. Bush, samedi, au quartier-général du Commandement Nord à Colorado Springs - DR
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