
Le résultat serré des législatives allemandes est une mauvaise surprise pour la CDU, qui se voyait largement victorieuse. La candidate des conservateurs à la chancellerie, Angela Merkel, s'exprimant pour la première fois après l'annonce des premières estimations, a toutefois noté dimanche soir que la coalition rouge-verte du chancelier Gerhard Schröder "a été désavouée en Allemagne". Elle a jugé qu'elle avait "un mandat clair pour former le gouvernement", soulignant que "CSU et CSU constituent la force la plus importante". Et elle a assuré qu'"elle allait entamer des pourparlers avec tous les partis allemands, sauf le Parti de gauche" (gauche radicale) en vue de mettre sur pied une coalition : "la campagne électorale est terminée, il s'agit de former un gouvernement stable".
Autre parti, autre analyse : le président du Parti social-démocrate (SPD), Franz Müntefering, venait auparavant de qualifier de "défaite personnelle" le score de la candidate conservatrice à la chancellerie. "Le pays veut Gerhard Schröder comme chancelier", avait-il ajouté au siège du parti à Berlin. "Les gens ont confiance en Gerhard Schröder, ils n'ont pas confiance en Mme Merkel".
Le FDP exclut tout rapprochement avec le SPD
Analyse partagée par le chancelier sortant lui-même : peu après l'offre de négociations de sa rivale, Gerhard Schröder a refusé clairement de renoncer à la chancellerie et a annoncé que, pour former un gouvernement, il comptait mener des pourparlers avec tous les partis politiques allemands... à l'exception des ex-communistes du PDS. "J'estime avoir la confirmation de devoir faire en sorte qu'il y ait dans les quatre prochaines années un gouvernement stable sous ma direction", a affirmé le chancelier, apparemment très confiant, dans une nouvelle démonstration de charisme. "Ceux qui voulaient une alternance à la chancellerie ont échoué de manière grandiose".
Comme les sociaux-démocrates et leurs alliés Verts rejettent tout accord avec la gauche radicale, ce que Franz Müntefering s'est empressé de réaffirmer dimanche soir, le seul espoir de Gerhard Schröder, du SPD et des Verts ne peut que résider dans un accord très hypothétique avec les libéraux du FDP. Or, leurs dirigeants, le président du parti en tête, Guido Westerwelle, se sont liés depuis longtemps à Angela Merkel et à la CDU. Guido Westerwelle a d'ailleurs une nouvelle fois affirmé dimanche soir que sa formation ne s'alliera qu'avec l'Union chrétienne-démocrate, excluant de se joindre à une autre coalition pour sauver le chancelier Schröder. Commentant les premières estimations qui ne donnaient pas de majorité aux conservateurs et libéraux, le président du FDP a déclaré : "Nous espérons que cela va encore suffire au fil de la soirée pour une coalition avec la CDU (...) Si ça ne va pas, nous irons dans l'opposition".
Photo d'ouverture : Angela Merkel et Gerhard Schröder, lors de leurs premières déclarations après l'annonce des estimations - DR
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