
Le lundi 29 août, quand Katrina frappait de plein fouet la côte sud du pays, George W. Bush jouait de la guitare à San Diego. N'estimant pas nécessaire de prendre lui-même en main la situation, théoriquement dévolue aux Etats concernés, il n'avait déclaré l'état d'urgence que le lendemain. Après avoir survolé les zones touchées le mercredi, il avait attendu le vendredi pour constater les dégâts de visu.
Le président a rapidement payé cette désinvolture : vives critiques dans les médias, baisse dans les sondages, attaques du camp démocrate et même de certains républicains qui craignent que les dégâts engendrés par son indifférence ne rejaillissent lors des élections de mi-mandat en novembre 2006. "Katrina a réveillé les doutes sur Bush" titrait ainsi le Washington Post il y a quelques jours, ironisant sur le fait Karl Rove, le principal conseiller du président, gérait véritablement la situation. Les électeurs reprochent aussi à Bush de consacrer trop de dépenses à l'Irak au détriment des opérations de secours et des victimes. "Il s'agit du moment le plus important de sa présidence" conclut Newt Gingrich, l'ancien leader républicain à la Chambre des représentants.
"Responsabilité en jeu"
Résultat : alors que Rita s'annonce "catastrophique", voire "pire que Katrina", George W. Bush a pris les devants. L'état d'urgence a ainsi été déclaré bien avant l'arrivée du cyclone sur les côtes du Texas et de Louisiane. Le locataire de la Maison Blanche a également demandé aux habitants d'obéir aux recommandations d'évacuation. Surtout, il entend multiplier les interventions sur le terrain avant même le passage des vents sur les côtes pour montrer qu'il est bien aux commandes. Toutefois, v endredi, il a renoncé à se rendre au Texas pour suivre les mesures prises à l'approche du cyclone, préférant se rendre directement dans une base du Colorado (ouest), d'où est coordonnée l'intervention des militaires. "Nous ne voulions pas ralentir" les opérations des services de secours pré-positionnés à San Antonio, dans l'ouest du Texas, a déclaré le porte-parole de la Maison Blanche, Scott McClellan, pour expliquer le changement de programme. Selon lui, les équipes de San Antonio se préparaient à se rapprocher des zones les plus menacées par Rita. Le président a prévu de se rendre au Texas samedi. Avant de quitter Washington, M. Bush s'est rendu au siège de l'Agence fédérale de gestion des crises (Fema). "Notre boulot c'est d'aider, faire des préparatifs et aider les équipes locales à sauver des vies et aider ces gens à retomber sur leurs pieds", a expliqué le président, en chute libre dans les sondages.
Evidemment, cette réaction tardive est accueillie avec scepticisme. Dans son édition de vendredi, le New York Times se demandait par exemple si ces déplacements n'étaient pas le prétexte à une opération de communication destinée aux photographes et aux cameras. Réponse de la Maison Blanche : "sa responsabilité est en jeu quand le gouvernement fédéral est mobilisé".
(photo d'archives : George W. Bush)
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