mardi 13 septembre DC © DRL'inculpation de Tom DeLay, chef de la majorité républicaine à la Chambre des Représentants, est nouveau un coup dur pour George W. Bush.
Ce proche du président est poursuivi au Texas dans une affaire de financement de campagne électorale. Accusé de complicité de financement illégal, il risque jusqu'à deux ans de prison. Dénonçant une "chasse aux sorcières", son inculpation l'a néanmoins contraint à abandonner "temporairement" ses fonctions de dirigeant, tout en conservant son siège de représentant du Texas à la Chambre des représentants.
Discrédit supplémentaire
Déjà au plus bas dans les sondages, le président américain perd en la personne de Tom DeLay sa courroie de transmission de prédilection avec le Congrès, à un moment où le programme politique de son deuxième mandat est déjà mal engagé. Et, à plus long terme, cette inculpation est de mauvais augure pour les élections législatives de novembre 2006. "Pour faire passer son programme, Bush a besoin d'une direction forte chez les républicains, et clairement, l'inculpation de M. DeLay fait du mal", analyse le politologue Larry Sabato, professeur à l'Université de Virginie.
Tom DeLay a néanmoins affiché son volontarisme, dressant une liste impressionnante des projets que le parti républicain entend mener à bien, d'une réforme fiscale à une réforme de la politique d'immigration en passant par une réforme des retraites. Mais "la plus grande partie de ce programme était déjà en difficulté, cela aggrave les choses", souligne Larry Sabato.
Sur tous ces chapitres, les élus républicains avaient en effet étalé divergences et réticences. La mise en retrait de Tom. DeLay, surnommé "le marteau" en raison de sa fermeté pour assurer la cohésion du groupe, ne pourra que rendre plus difficile l'harmonisation des positions. Avant même le déclenchement de l'affaire, plusieurs politologues avaient d'ailleurs noté que le crédit politique de George W. Bush s'épuisait rapidement, certains élus conservateurs n'hésitant plus à critiquer publiquement les dérives dépensières du gouvernement.
L'opposition démocrate a quant à elle immédiatement cherché à tirer parti de l'affaire DeLay. "Nous devons absolument mettre les démocrates en position majoritaire pour mettre fin à cette corruption une fois pour toutes", proclame le parti démocrate.
AFP
(photo d'archives : George W. Bush)
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