
"Nous avons énormément de travail à faire et c'est pour ça que je suis là, pour dire aux gens qu'il sera fait." Le président américain George W. Bush est retourné lundi dans les régions sinistrées par le cyclone Katrina pour faire le point de l'organisation des secours, alors que les critiques sur sa gestion de la crise ne faiblissent pas. Il est arrivé à Bâton Rouge, capitale de Louisiane, pour sa deuxième visite en quatre jours.
"Tout le gouvernement fait du mieux qu'il peut à tous les échelons", a déclaré George W. Bush, le visage grave, dans une église. "Ce pays s'engage à faire tout ce qu'il faut pour aider ces gens à retomber sur leurs pieds", a-t-il ajouté, après avoir consolé des survivants. "Tant qu'une vie est en danger, nous avons un travail à faire", a estimé le président. Il a remercié les Américains pour leur solidarité avec les victimes du cyclone. Il devait rentrer à Washington en début de soirée.
Opinion publique divisée
Katrina et les terribles inondations qui ont recouvert près de 80% de La Nouvelle-Orléans, ont fait des milliers de morts et plus de 100 milliards de dollars de dégâts en Louisiane, au Mississippi et en Alabama. (Lire "Les autorités s'attendent au pire"). A Baton Rouge, le président devait se faire une idée plus précise des efforts entrepris pour secourir les survivants de ce qui est la plus grande catastrophe naturelle de l'histoire des Etats-Unis, selon Donald Rumsfeld. Il devait aussi rencontrer des responsables locaux à Poplarville dans le Mississippi, mais, selon son emploi du temps officiel, ne pas se rendre dans le centre-ville de La Nouvelle-Orléans, survolé vendredi en hélicoptère.
Ces visites à répétition et l'envoi de milliers de renforts militaires depuis samedi, doivent aussi donner l'impression que le gouvernement fédéral contrôle désormais les opérations et tenter de faire cesser le feu roulant de critiques qui reprochent à la Maison Blanche de ne pas avoir réagi assez vite et de n'avoir pas su prévoir, malgré les avertissements.
L'opinion publique reste très divisée selon un premier sondage ABC/Washington Post publié dimanche: 46% approuvent l'action du président tandis que 47% la critiquent. En outre, 48% des Américains jugent que le gouvernement fédéral a répondu de manière "excellente" ou "bonne" à la situation. Ils sont 51% à estimer que la réponse du gouvernement à la situation a été "pauvre" ou "pas si bonne que ça".
Collecte de fonds
Mais deux tiers des personnes interrogées ont jugé que l'administration Bush aurait dû être mieux préparée. La ligne de défense du président reste de souligner qu'il s'agit d'une catastrophe sans précédent. Il a toutefois reconnu que la réponse initiale "était inacceptable". Plus qu'une autocritique, cette déclaration a été interprétée comme un reproche aux autorités locales.
A l'initiative de la Maison Blanche, les ex-présidents Bill Clinton et George Bush père ont lancé lundi à Houston (Texas) une vaste opération de collecte de fonds en faveur des sinistrés du cyclone Katrina, sur le modèle de l'opération menée après le tsunami de décembre 2004 en Asie.
Pour la presse américaine, les conséquences politiques de Katrina vont être très importantes pour un président qui exerce son dernier mandat et dont la popularité est au plus bas, notamment en raison de la situation en Irak. Dans une lettre ouverte publiée lundi, la sénatrice démocrate Hillary Clinton a appelé le président républicain à mettre en place une commission d'enquête sur le type de celle créée sur les attentats du 11 septembre 2001. Le Congrès doit procéder cette semaine à de premières auditions pour tenter de savoir pourquoi les secours ont tardé.
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