
Le dernier soldat israélien a quitté lundi matin la bande de Gaza, mettant ainsi un point final à 38 ans d'occupation, alors que les Palestiniens ont pris possession des colonies "libérées". "La mission est terminée et une époque s'achève. Dès maintenant, la responsabilité de ce qui se passe dans la bande de Gaza repose sur l'Autorité palestinienne", a déclaré le général Kochavi, qui commande les forces israéliennes dans la bande de Gaza. L'officier de préciser que "les soldats qui ont franchi le barrage sont désormais postés le long de la nouvelle ligne, prêts à toutes les missions de défense ou autres qu'ils auront à remplir".
Abbas prudent
Des centaines de Palestiniens, notamment des jeunes, ont commencé à affluer vers la nouvelle frontière. Le Hamas, principal mouvement islamique palestinien, a indiqué qu'il comptait continuer la lutte armée jusqu'à ce que tous les territoires palestiniens soient "libérés". "Nous n'aurons pas de repos tant que nous n'aurons pas libéré tous les territoires palestiniens", a affirmé Ismail Hanieh, un dirigeant du Hamas. "Nous allons continuer la résistance armée et assurer la défense de notre peuple", a-t-il ajouté.
Tout en se réjouissant du départ de Tsahal, le président palestinien Mahmoud Abbas a souhaité resté prudent. Dans un entretien publié lundi par le Corriere dela Serra, il s'est engagé à rétablir l'ordre d'ici "la fin de l'année" dans le "chaos" de Gaza tout en renouvelant son opposition au désarmement du Hamas. "Cela ne servirait à rien aujourd'hui, ce serait une mesure inutile qui risquerait de déclencher une guerre civile". Il s'est rendu lundi dans une des colonies évacuées, celle de Dougit dans le nord du territoire.
"Une erreur historique"
Le numéro deux du gouvernement israélien, Shimon Peres, a pour sa part estimé que "l'occupation de la bande de Gaza a été une erreur historique". "Nous devons veiller à ce que la bande de Gaza ne devienne pas une prison ou un lieu de misère", a déclaré M. Peres dont les propos sont rapportés par la radio publique.
Dans la nuit de dimanche à lundi, les forces palestiniennes et des milliers de badauds en liesse ont pénétré dans les colonies juives de la bande de Gaza. Des centaines de jeunes Palestiniens se sont rués sur les synagogues de Morag, dans le Sud, et de Netzarim, au Nord, avant de mettre le feu aux deux édifices religieux, a indiqué à l'AFP un officier israélien. A Kfar Darom, des centaines de jeunes palestiniens, entrés dans la colonie dans le sillage des forces palestiniennes, se sont rués vers la synagogue abandonnée, cassé les vitres du lieu de culte vide et mis le feu à des palmiers dressés à l'entrée. Un groupe de jeunes est monté sur le toit et a scandé "Allah Akbar" (Dieu est le plus grand).
Le gouvernement israélien, réuni dimanche, a décrété que les synagogues des colonies évacuées ne seraient pas démolies. L'Autorité palestinienne s'était élevée contre cette décision et annoncé que les synagogues seront démolies dès lundi. Au total, quelque 7.000 hommes des forces de l'ordre palestiniennes devaient se déployer dans les colonies.
Confusion à la frontière entre la bande de Gaza et l'Egypte : un mort |
Des Palestiniens ont traversé en masse lundi sans contrôle la frontière entre la bande de Gaza et l'Egypte pour des retrouvailles qui ont tourné au drame, un Palestinien ayant été tué dans des circonstances controversées. Plusieurs heures après le départ du dernier soldat israélien, la confusion régnait à la frontière à Rafah, la grande ville frontalière habitée par des réfugiés palestiniens et coupée en deux depuis la guerre israélo-arabe de 1967. Un mur de ciment surmonté de fils de fer barbelés s'étant effondré dans la matinée sous leur poussée, des groupes de Palestiniens, y compris des activistes armés, ont franchi dans les deux sens cette frontière verrouillée depuis 38 ans par Israël. Mais selon des témoins et des sources médicales palestiniennes, un Palestinien de 34 ans, a été tué et un autre blessé par des tirs de gardes-frontières égyptiens alors qu'ils s'approchaient de la clôture dans ce secteur de Rafah. "Je démens catégoriquement cette information qui est totalement infondée", a déclaré le porte-parole de la présidence égyptienne. |
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