© DRPour la première fois, l'Egypte, pays phare du monde arabe, va désigner son président au suffrage universel. 32 millions d'électeurs inscrits vont élire mercredi leur nouveau raïs parmi dix candidats, dont le président actuel Hosni Moubarak. Au pouvoir depuis un quart de siècle, il est en lice pour un cinquième mandat de six ans. Mais cette fois, alors qu'il avait été auparavant élu et réélu par référendum, il a des adversaires.
Les principaux sont le chef du Néo-Wafd, Noumane Gomaa âgé de 70 ans et le libéral Ayman Nour, 40 ans, qui selon les observateurs a fait sauter un tabou en s'attaquent avec virulence au président Moubarak. Seuls des chefs de partis ont pu entrer en lice, les indépendants étant exclus.Les Frères Musulmans, considéré comme le mouvement de l'opposition le plus structuré, ont appelé à participer à l'élection, sans donner de consigne de vote.
Victoire quasi acquise
La campagne, si elle n'a été marquée par aucun incident, a été jugée beaucoup trop courte par les neuf rivaux de Hosni Moubarak. Il a mené une campagne à l'occidentale, avec une série de promesses qui engagent ceux qui y croient. "Que celui qui me fasse confiance (...) aille l'exprimer dans les urnes", a-t-il lancé devant ses partisans réunis dimanche soir au Caire, aux toutes dernières heures de la campagne.
Personne ne semble douter de la victoire de Moubarak, un ancien général, qui a rappelé qu'il "servait la patrie depuis 53 ans". Aujourd'hui âgé de 77 ans, il en aura 83 en fin du nouveau mandat. Son parti, le Parti national démocrate, qui est archi-majoritaire au Parlement, quadrille le pays par un réseau d'allégeance. Il contrôle une presse gouvernementale distribuée à des millions d'exemplaires. Les dirigeants des grandes institutions, et les autorités religieuses ont appelé en termes dithyrambiques à voter pour le chef de l'Etat. Les quotidiens publient déjà son agenda d'après l'élection, avec l'arrivée très prochaine du président Jacques Chirac, jamais annoncée à Paris.
Irrégularités
La participation est en revanche la grande inconnue du scrutin. A la mi-journée, les premiers chiffres paraissaient particulièrement faibles. Certains scrutins égyptiens ont connu jusqu'à 90% d'abstention. Contre toute attente, la commission électorale avait finalement autorisé les ONG à entrer dans les bureaux de vote si elles obtenaient au préalable une autorisation des pouvoirs publics. Après quelques heures de scrutin, de nombreux observateurs ont fait part d'irrégularités.
Si la transparence de l'élection reste douteuse, tout comme le libre choix de l'électeur compte tenu de la disproportion des moyens de propagande, cette élection aura de l'avis général permis une formidable bouffée d'oxygène. "La vitalité politique actuelle, avec des débats et des rassemblements dans un tel climat de liberté et d'excitation stupéfie les Egyptiens eux-mêmes", a noté le respecté commentateur Salama Salama, dans Al-Ahram weekly. Les résultats sont attendus samedi.
Retour MYTF1
Chargement en cours...




