© DRSans surprise, le président Hosni Moubarak a été proclamé vendredi vainqueur de la première présidentielle multipartite jamais organisée en Egypte, avec 88,6 % des suffrages exprimés.
Deux jours après ce scrutin historique mais entaché de violations, selon des ONG locales, le président de la commission électorale, Oussama Attawiyah a aussi annoncé que Ayman Nour est arrivé second, et Noamane Jomaa en troisième position. Le taux officiel de participation à la présidentielle en Egypte s'est élevé à 23 %, selon la commission. Au pouvoir depuis 24 ans, Hosni Moubarak est donc réélu pour un cinquième mandat de six ans mais à l'issue d'un scrutin pluraliste au suffrage universel, et non d'un référendum plébiscite comme auparavant.
Un scrutin historique mais entaché d'irrégularités massives
En effet, pour la première fois dans le pays, 32 millions d'Egyptiens avaient été invités à désigner, entre dix candidats, leur président au suffrage universel. Mais c'est à petits pas et dans la confusion que s'est déroulé le scrutin. Des ONG ont fait état d'irrégularités massives en faveur du raïs actuel, l'une d'entre elles affirmant que des observateurs ont aussi été "frappés, arrêtés, interrogés" par les services de sécurité. Selon elles, les militants pro-Moubarak se sont livrés à une activité intense de racolage électoral fort peu compatible avec "la fin de l'allégeance et de l'ère du plébiscite" proclamée par le président.
La victoire de Hosni Moubarak a été immédiatement saluée dans le camp du président égyptien alors que ses rivaux ont crié à la falsification électorale. En l'absence d'une réaction de Moubarak lui-même, Safouat el-Cherif, numéro deux du parti présidentiel, le Parti national démocrate, a affirmé que son score de 88,6% était "un record pour une élection multipartite". Crédité de la seconde place avec 7,6% des suffrages, Ayman Nour, le rival le plus pugnace de Moubarak, a affirmé que les "résultats avaient été falsifiés" par le pouvoir. Pour sa part, Noamane Gomaa, chef du parti néo-Wafd, crédité de la troisième place avec 2,9%, a contesté le score obtenu par Hosni Moubarak : "jamais un candidat n'aurait obtenu un tel pourcentage dans un pays démocratique".
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