Egypte : une présidentielle dans un climat de confusion

le 07 septembre 2005 à 19h47 , mis à jour le 07 septembre 2005 à 19h54

Les Egyptiens se sont rendus mercredi aux urnes à petits pas et dans la confusion pour choisir, pour la première fois, entre dix candidats leur "raïs". La victoire de l'actuel président, Hosni Moubarak ne faisait aucun doute.

Egypte elections © DR

Les Egyptiens se sont rendus mercredi aux urnes à petits pas et dans la confusion pour choisir, pour la première fois, entre dix candidats leur "raïs" qui sans nul doute restera le président Hosni Moubarak. Des ONG ont fait état d'irrégularités massives en faveur du raïs actuel, l'une d'entre elles affirmant que des observateurs ont aussi été "frappés, arrêtés, interrogés" par les services de sécurité. Selon elles, les militants pro-Moubarak se sont livrés à une activité intense de racolage électoral fort peu compatible avec "la fin de l'allégeance et de l'ère du plébiscite" proclamée par le président.

Si l'issue est sans suspens, Hosni Moubarak étant assuré à 77 ans d'un cinquième mandat face à des rivaux peu connus ou sans personnalité, le résultat officiel du scrutin devrait être annoncé au plus tôt jeudi dans la journée. Aucun chiffre de participation n'avait été communiqué par la commission électorale à 20H00 locales, deux heures avant la fin du scrutin.

Propagande incessante

Le président, accompagné de son épouse Suzanne et de son fils cadet Gamal, chef de la campagne "Moubarak 2005", sont allés voter, sans mot dire, dès l'ouverture d'un bureau de vote d'Héliopolis, banlieue huppée du Caire.

Son rival le plus pugnace, Ayman Nour, chef du petit parti libéral al-Ghad, a lui voté dans son fief de Bab al-Chaariyah, un quartier populaire du Caire, estimant que l'élection marquait "un tournant dans l'histoire" de l'Egypte. Outre M. Nour, le principal rival de M. Moubarak est Noumane Gomaa, 71 ans, chef du néo-Wafd, crédité par des commentateurs d'une seconde position.

Participation faible, opacité des listes électorales, lenteur des opérations et propagande incessante des partisans du président Moubarak autour des bureaux de votes ont été constatés par les correspondants de l'AFP.

Des observateurs interdits de bureaux de vote

Pour la première fois dans l'histoire du pays, 32 millions d'électeurs inscrits étaient invités à désigner leur président au suffrage universel. C'est par des plébiscites, aux pourcentages de "oui" supérieurs à 90% aussi impressionnants que peu crédibles, que M. Moubarak avait été reconduit au pouvoir depuis un quart de siècle.

Pour ajouter à la confusion, la commission électorale a révisé sa position mercredi, deux heures après le début du scrutin, en acceptant, au cas par cas, la présence d'observateurs d'ONG locales. L'une d'entre elles, le Comité indépendant pour la supervision de l'élection, qui a 2.200 observateurs dans le pays, a affirmé que les "observateurs, dans la plupart des cas, ont été interdits d'accès au bureaux de vote".

Certains, selon cette ONG, ont été "frappés, arrêtés et interrogés" par les forces de sécurité, notamment en Haute-Egypte. Sur 8.000 inscrits à l'école expérimentale de Manial, au Caire, seuls 40 électeurs avaient voté, et ils n'étaient par exemple que 600 sur 10.000 dans le bureau voisin de Ahmed Naher. Partout, le problème des listes électorales s'est posé, les gens paraissant déboussolés, ne sachant pas quels papiers présenter pour voter.

le 07 septembre 2005 à 19:47
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1 Commentaires

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  • Laurent, le 08/09/2005 à 09h42

    "climat de confusion..."; les médias français ne savent plus quel euphémisme employer pour ne pas dire "dictature". parlant de dictature se voulant éclairée. Dictature peux etre nécessaire face aux islamistes, mais dictature quand meme.

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