
L'armée israélienne a amené dimanche ses couleurs de la bande de Gaza lors d'une cérémonie militaire pour le retrait de ses troupes de ce territoire, qui mettra fin à 38 ans d'occupation. Près de 200 soldats des unités stationnées dans la bande de Gaza, dont des parachutistes, prenaient part à cette cérémonie présidée par le général Aviv Kochavi, commandant de la division de Gaza. "Le retrait va commencer dans les prochaines heures qui suivront la cérémonie", a indiqué un porte-parole militaire. Il a souligné qu'une cérémonie finale aura lieu lundi au point de passage de Kissoufim, dans le sud d'Israël, lorsque les derniers soldats quitteront la bande de Gaza.
Dimanche matin, le cabinet a décrété à la majorité la fin de l'administration militaire en vigueur sur le territoire de Gaza depuis sa conquête en 1967. Par cette décision historique, Israël a officiellement mis fin à l'occupation militaire de ce territoire. L'opération de retrait de l'armée baptisée "Dernière Garde" doit s'effectuer parallèlement de tous les secteurs de la bande de Gaza en l'espace d'une douzaine d'heures et s'achever lundi matin. Les forces de sécurité palestiniennes doivent ensuite prendre en charge les territoires évacués, tandis que les troupes israéliennes achèveront de se déployer sur leurs nouvelles lignes de défense le long de la bande de Gaza.
"Les synagogues sont un symbole de l'occupation"
Le gouvernement d'Ariel Sharon, réuni dimanche, a décidé à la majorité de ses membres que les synagogues des colonies ne seraient pas démolies par Israël, ce qui aurait pu retarder d'au moins 24 heures le retrait de l'armée. Ces édifices religieux, au nombre de 26, étaient les seuls bâtiments encore debout dans les 21 implantations juives de Gaza après l'évacuation achevée le 22 août des 8.000 colons de ce territoire. Les Palestiniens ont d'ores et déjà fait savoir qu'ils auraient préféré qu'Israël les démolisse. En signe de protestation, ils ont annulé leur participation à une cérémonie conjointe, selon une source sécuritaire palestinienne.
"Les synagogues sont un symbole de l'occupation. Mieux vaut qu'Israël les détruise. Je sais qu'il s'agit d'une question sensible. Mais (si Israël décide de les laisser en place) personne ne peut s'engager à ce qu'elles soient préservées", avait déclaré plus tôt en hébreu à la radio publique le conseiller palestinien pour la sécurité nationale Jibril Rajoub. "Ce ne sont plus des synagogues (...) Leur sort sera celui des autres bâtiments abandonnés", a déclaré, lors d'une conférence de presse, Mohamad Dahlane, ministre palestinien des Affaires civiles et en charge du retrait israélien. Dès dimanche soir, l'Autorité palestinienne a fait savoir qu'elle raserait les synagogues lundi.
Le gouvernement iraélien a donné également son feu vert au retrait des troupes israéliennes de l'axe de Philadelphie, une piste de patrouille entre l'Egypte et la bande de Gaza que contrôlait jusqu'ici l'armée israélienne. Des gardes-frontières égyptiens ont commencé samedi à se déployer sur cet axe, conformément à un récent accord signé entre Israël et l'Egypte. Aux termes de l'accord, 750 gardes-frontières doivent se déployer du côté égyptien de la frontière avec pour principale mission d'empêcher la contrebande d'armes d'Egypte vers la bande de Gaza.
Photo d'ouverture : la cérémonie militaire pour le retrait des troupes de Tsahal - DR
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