© DR"Hier (jeudi, NDLR) je suis allé me promener à Houston. La ville qui grouille de monde habituellement est vide, désertée de ses habitants par un vent de panique. Les magasins sont barricadés, personne ne marche dans les rues. Parfois, sur des routes qui en temps normal ont des allures d'autoroute, deux-trois voitures circulent. Ce "calme" est très impressionnant. L'atmosphère est très lourde. Il fait 40° avec 95% d'humidité.
Les autorités, relayées par la télé ou la radio, nous ont conseillés dès mercredi de partir. Un exode obligatoire pour les habitants des zones inondables. Moi j'ai décidé de rester. En ce moment je vis seul, ma copine étant rentrée dans son pays d'origine, je ne pense pas craindre grand-chose. J'habite au 2ème étage d'un immeuble de Galleria, un quartier situé à l'ouest de Houston. J'ai rempli ma baignoire d'eau en prévision de coupures, j'ai fait des stocks de provisions. On a reçu des conseils de "survie" prodigués par la télé et... des mails envoyés par les assurances.
"Un peu le western"
Selon les dernières prévisions, l'œil du cyclone devrait passer à la frontière entre la Louisiane et le Texas. A Houston, les autorités redoutent des inondations. On devrait avoir des trombes d'eau pendant plusieurs jours et des vents de 140 KM/h. Il n'y a pas de digue comme à La Nouvelle-Orléans mais Houston est au même niveau que la mer, et tout est plat. Il n'y a rien pour arrêter l'ouragan.
S'il n'y avait pas eu le désastre Katrina le mois dernier, Houston serait quasiment plein. Les gens ont peur. C'est un peu la psychose générale. Depuis le passage du cyclone sur la Louisiane et le Mississippi, les télés diffusent en boucle les images des sinistrés, des pillards, des gens armés prêts à défendre leur biens... et le dépassement des autorités. Ici au Texas, contrairement à la Louisiane, la loi autorise les civils à s'armer pour défendre leur maison, c'est un peu le western.
Les Texans n'ont pas envie que de telles choses leur arrivent, alors sans forcément toujours savoir où ils vont, ils prennent la route. Résultat : des embouteillages monstres. Entre 15 et 20 heures pour faire 120 km avec des conditions épouvantables, pare-choc contre pare-choc sans parler de la chaleur accablante..."
(PHOTO DR/Grégoire Bon-Mardion)
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