
Ce n'est pas encore une affaire d'Etat mais tous les ingrédients sont réunis. A quelques heures d'un sommet Espagne-Maroc à Séville ce jeudi, l'enclave espagnole de Ceuta a été prise d'assaut dans la nuit de mercredi à jeudi par plus de cinq cents clandestins d'origine subsaharienne. Cinq personnes ont été tuées. "Un accident", selon les autorités de la ville autonome espagnole. "A la suite de tirs", assurent les services de sécurité marocains. Ces derniers affirment que deux des victimes ont été atteintes "par des balles en caoutchouc tirées du côté espagnol". Selon une source proche du gouvernement, ce sont des balles que les forces espagnols n'utilisent pas.
La vice-présidente du gouvernement espagnol, Maria Teresa Fernandez de la Vega, a indiqué que cinq personnes étaient mortes de part et d'autre de la frontière. Précédemment, la préfecture de Ceuta avait expliqué que deux personnes ont perdu la vie et 28 autres avaient été blessées sur le territoire espagnol. Un porte-parole de Ceuta avait indiqué que le nombre de blessés côté espagnol s'élevait en réalité à une centaine. Côté marocain, un hôpital avait annoncé la mort de deux clandestins et chiffré à 18 les blessés, dont un au moins grièvement.
Renfort militaire
De premières informations policières citées par la radio Cadena Ser faisaient état d'au moins six morts "par des tirs d'origine indéterminée". Mais le préfet espagnol s'était empressé de démentir l'existence de tirs. L'autre enclave espagnole du nord du Maroc, Melilla, dont Rabat revendique également la souveraineté, a été le théâtre ces dernières semaines de tentatives de passages d'immigrants opérant par vagues de plusieurs centaines de personnes. Madrid a décidé d'envoyer des militaires en renfort de la garde civile pour surveiller les frontières des enclaves de Ceuta et Melilla. Quant aux forces de l'ordre marocaines, elles ont emné jeudi à la mi-journée une vaste opération de ratissage aux abords de Ceuta. Le chef de l'opposition espagnole, Mariano Rajoy, ne s'est pas privé de fustiger l'"imprévision manifeste" du gouvernement Zapatero. Le président du Parti populaire (droite) a également suggéré que les assauts répétés de clandestins africains se faisaient avec la complicité tacite des autorités marocaines. "Nous savons tous que des milliers de personnes ont été conduits en train et en autobus vers Ceuta et Melilla, qu'on leur a permis de s'installer dans des campements, et que préparer une opération pour franchir la frontière ne se fait pas sans l'assentiment de cette autorité", a affirmé Rajoy.
D'après AFP
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