© TF1"Les armes démantelées représentent la totalité de l'arsenal de l'IRA". Le général canadien John de Chastelain, chef de la Commission du désarmement, a confirmé ce lundi que l'Armée républicaine irlandaise avait respecté son engagement du 28 juillet dernier à déposer les armes. Ce jour-là, après plus de trente ans d'une guerre civile qui a fait environ 3 600 morts, l'IRA, tout en gardant le cap d'une réunification de l'île et la fin du rattachement de l'Ulster au Royaume-Uni, avait annoncé l'abandon de la lutte armée.
Son désarmement effectif avait débuté dans la foulée. L'arsenal était très varié : outre les armes de poing, les républicains disposaient de missiles sol-air, de lance-roquettes, de mitrailleuses lourdes ou encore d'explosif militaire.
"Historique
Ce désarmement devrait désormais permettre de relancer le processus de paix issu des accords d'avril 1998. La reprise des négociations est en effet indispensable pour faire renaître les institutions nord-irlandaises. Etablissant un partage du pouvoir, avec une assemblée locale et un gouvernement composés de représentants protestants et catholiques, elles sont suspendues depuis 2002.
Tony Blair souligne qu'il s'agit ainsi d'un "important développement que nous avons tous attendu, depuis longtemps. "Aujourd'hui, il est finalement achevé. Et nous avons fait un pas important dans la transition vers la paix en Irlande du Nord. Nous appelons tous les autres groupes paramilitaires à coopérer pour la destruction immédiate de leurs armes" explique le Premier ministre britannique. Son homologue irlandais, Bertie Ahern, parle quant à lui d'un "événement historique".
Réserves unionistes
Reste néanmoins maintenant à savoir comment vont réagir les partis protestants, et surtout le Parti unioniste démocratique (DUP). Le révérend Ian Paisley, son dirigeant charismatique, a en effet toujours exigé des preuves photographiques du désarmement, ce qui lui a été refusé. Le désarmement sert à bâtir la confiance au sein de la communauté unioniste. Sans aspect visuel, ce sera un défi beaucoup plus dur, la crédibilité du processus a été endommagée" a ainsi lancé Nigel Dodds, un député DUP.
Reste également à mettre hors d'état de nuire les jusqu'au-boutistes de la branche dissidente qui s'est autoproclamée "IRA véritable". Ses militants sont, il est vrai, très peu nombreux et leurs moyens, financiers et militaires, sont extrêmement limités. Mais en août 1998, alors que l'Ulster était dans l'euphorie du "Vendredi Saint", ils avaient réussi à frapper à Omagh, tuant 29 personnes, soit l'attentat le plus meurtrier de tout le conflit.
(photo : une fresque de l'IRA)
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