© INTERNEA l'annonce de la sentence, devant la cour martiale de Fort Hood au Texas, sud, la jeune soldate Lynndie England a éclaté en sanglots. Au coeur du scandale de la prison irakienne d'Abou Ghraib en 2003, la jeune femme de 22 ans a été condamnée mardi à trois ans de prison. Mais elle encourait 9 ans pour mauvais traitements sur des détenus irakiens. Elle est également radiée de l'armée.
Lundi, le jury composé de cinq officiers l'avait reconnue coupable de six chefs d'accusation sur sept, pour cruauté et mauvais traitements sur des prisonniers irakiens, acte indécent et complot avec quatre autres soldats pour sévices sur des détenus. La photo de la jeune femme, souriant devant un prisonnier irakien nu et tenu en laisse, qui a fait le tour du monde, est devenue le symbole du scandale des sévices commis par des soldats américains sur des détenus irakiens dans cette prison près de Bagdad. Le jury avait en revanche estimé lundi qu'elle n'était pas coupable de complot pour sévices dans le cas de ce prisonnier tenu en laisse.
Garder son bébé
Bouleversée à l'annonce de la sentence, Lynndie England, qui écope d'une radiation de l'armée pour manquement à l'honneur, n'a pas pu prendre son bébé, présent dans la salle d'audience, et a dû s'appuyer sur une table pour ne pas vaciller. Elle a été autorisée à passer cinq minutes avec sa famille avant d'être emmenée. A l'audience mardi, elle avait demandé mardi aux jurés de lui laisser son petit garçon. "J'ai peur de devoir laisser (mon bébé) et qu'il ne me reconnaisse pas quand je reviendrai, qu'il ne me considère pas comme sa mère, qu'il me considère comme une étrangère", a-t-elle déclaré en réponse à une question de son avocat.
Naïve ou bourreau ?
Le père de l'enfant, Charles Graner, purge actuellement une peine de dix ans de prison dans le cadre du même scandale. Lynndie England est le neuvième et dernier soldat jugé dans ce scandale. Les peines des huit autres soldats, y compris son ex-amant, étaient allées de la radiation de l'armée à dix ans de prison. Lors du procès, ses avocats s'étaient efforcés de la dépeindre comme une jeune femme naïve, à la "personnalité servile" qui l'avait conduite à suivre les instructions de son amant charismatique.
L'accusation avait au contraire utilisé de précédentes déclarations de la jeune femme où elle affirmait s'être amusée en écrasant les doigts de pieds des prisonniers nus, contraints de former une pyramide, et en posant pour les photos en désignant les parties génitales des détenus encagoulés. Reconnaissant l'existence de "circonstances atténuantes", le procureur, le capitaine Chris Graveline, avait demandé une peine de quatre à six ans de prison afin d'"envoyer le message" que ces actions ne seraient pas tolérées.
D'après AFP
(Image d'archives - LCI)
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