© afpLa "Charte pour la paix et la réconciliation nationale" du président Bouteflika se veut une solution politique " à la crise algérienne, en offrant le pardon à "ceux qui se sont trompés de chemin" pendant la guerre civile. Objectif : permettre au pays, une fois la paix retrouvée, de se consacrer au développement économique et social.
Les partisans du "oui", chef de l'Etat et partis de "l'alliance présidentielle" en tête, ont mené une véritable campagne électorale dite d'"explication" et de "sensibilisation" martelant ainsi qu'il ne pourrait y avoir de développement sans la paix. A contrario, l'opposition rejette le texte. Affirmant que la Charte "consacre l'impunité et l'amnésie" des islamistes mais aussi des forces de sécurité, le Front des Forces Socialistes d'Hocine Aït Ahmed appelle au boycott du vote, comme le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD, opposition laïque) de Saïd Sadi. Jeudi, à 10h, heure locale, le taux de participation au référendum était de 17,10%, selon les données officielles.
Les auteurs de massacres collectifs exclus
En approuvant la Charte, les Algériens donneraient à leur président tous les pouvoirs pour régler la crise sur la base des grandes lignes tracées par le projet. Le texte stipule en effet que le peuple algérien "mandate le président de la République pour solliciter, au nom de la Nation, le pardon de toutes les victimes de la tragédie nationale et sceller ainsi la paix et la réconciliation nationale", stipule le texte.
Les "politiques" islamistes, exilés à l'étranger, détenus, condamnés par contumace ou empêchés d'activité politique, pourraient bénéficier de larges mesures de grâce, sauf ceux directement impliqués dans la violence et ayant "instrumentalisé" la religion à des fins politiques, comme les anciens dirigeants du Front islamique du salut, dissous en mars 1992 après sa victoire au premier tour des législatives de décembre 1991. L'extinction des poursuites judiciaires, prévue par la Charte, ne s'appliquera toutefois pas "aux individus impliqués dans les massacres collectifs, les viols et les attentats à l'explosif dans les lieux publics".
Les craintes des ONG
Outre la violence, qui devrait cesser par la reddition des islamistes armés, un millier environ encore dans les maquis, le chef de l'Etat se propose de régler l'épineux problème des "disparus", des personnes soupçonnées de sympathies islamistes, arrêtées par les forces de sécurité et dont la trace a été, depuis, perdue.
Le président pourrait avoir toute latitude pour régler cette question des "dépassements" imputés aux services de sécurité, au grand dam des ONG des droits de l'Homme, qui désespèrent de voir un jour des membres de ces services jugés pour "crimes contre l'humanité". "Le pardon qui n'est pas précédé de la vérité et de la justice n'est que de l'impunité" estime la Ligue algérienne pour la défense des Droits de l'Homme.
(avec AFP)
(photo afp-Fayez Nureldine : Bouteflika lors d'un meeting)
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