Katrina : les autorités s'attendent au pire

le 05 septembre 2005 à 16h32 , mis à jour le 06 septembre 2005 à 09h46

Les équipes de secours parcourant la Nouvelle-Orléans encore partiellement inondée ramassaient de plus en plus de cadavres. Le président Bush a décrété deux jours de deuil.

katrina rescapés

"Nous avons vu plus de morts que de vivants". Ce secouriste interrogé par l'AFP a passé des heures à sillonner les rues encore submergées de La Nouvelle-Orléans. Les autorités disent s'attendre au pire lorsque les eaux se retireront. "Nous allons voir les scènes les plus atroces que l'on peut imaginer à l'exception peut-être du 11 septembre 2001", a prévenu dimanche soir le ministre de la Sécurité intérieure, Michael Chertoff.

Six jours après la pire catastrophe naturelle de l'histoire des Etats-Unis, Michael Chertoff s'est refusé à évaluer le nombre de morts, qui pourrait dépasser les 10.000, selon un parlementaire. Le bilan officiel provisoire s'établit à 218 morts, dont 152 au Mississippi et 59 morts en Lousiane.

Les autorités françaises sont toujours sans nouvelle de 30 à 40 de leurs  ressortissants dans la région de La Nouvelle-Orléans, a déclaré à l'AFP le  consul général de France qui a pu mener lundi une première mission de recherches  dans la ville dévastée.

"Déplacer toute la ville"

Pour honorer la mémoire des victimes - mais aussi à la mémoire du président de la Cour suprême William Rehnquist décédé samedi soir -, George W. Bush a décrété un deuil national de deux jours. Le président devait effectuer lundi sa deuxième visite dans la région. (Lire "Bush dans les zones sinistrées"). Dimanche soir, il a appelé ses compatriotes à donner généreusement sang et argent à la Croix-Rouge.

Dans les villes qui ont accueilli des dizaines de milliers de déplacés, la situation se dégrade. Les refuges commencent à refuser du monde, et l'Etat du Texas, qui accueille plus de 230.000 évacués, a annoncé être à la limite de ses capacités.

A La Nouvelle-Orléans, la tâche reste immense. "En gros, nous sommes en train de déplacer toute la ville (1,4 million d'habitants avant le cyclone) vers d'autres coins du pays", a souligné M. Chertoff. Un ballet incessant d'hélicoptères continuait à survoler les zones dévastées, qui pour évacuer, qui pour fournir de l'eau potable et de la nourriture à des victimes encore bloquées dans leur maison. Des hommes du génie militaire ont été attaqués par des hommes armés. Et le maire de la ville a révélé dimanche soir que des pompiers et policiers avaient été poussés au suicide, et que nombre d'autres étaient traumatisés par l'anarchie qui a régné dans la ville les premiers jours. Une bonne nouvelle dans cette tragédie : la plus importante digue de La Nouvelle-Orléans qui avait cédé sous l'effet des pluies diluviennes a été colmatée lundi.

Désastre sanitaire potentiel

Dans l'Etat du Mississippi, également très touché par le cyclone, les sauveteurs vont de maison en maison à la recherche de victimes. Les autorités ont évacué un refuge dans la ville de Biloxi en raison d'une épidémie de dysenterie. La chaleur, les moustiques, l'eau souillée, mais surtout des milliers de personnes logées dans des conditions d'hygiène précaires, sont un cocktail explosif pour un désastre sanitaire potentiel. Des centaines de milliers de foyers en Louisiane et dans le Mississippi étaient toujours privés d'électricité dimanche.

Dans le monde, les offres d'aide se multiplient sous forme d'argent, de pétrole, de ration alimentaire, de tente... Même le Bangladesh, l'un des pays les plus pauvres de la planète et qui connaît chaque année des inondations catastrophiques, a annoncé une aide d'un million de dollars pour les victimes.

John Roberts, nouveau président de la Cour suprême

Le juge John Roberts, 50 ans, a été nommé lundi président de la Cour suprême en remplacement de William Rehnquist décédé samedi. La Cour Suprême, plus haute instance judiciaire composée de neuf juges nommés à vie, tranche d'importants débats de société aux Etats-Unis sur des questions comme le droit à l'avortement, les droits des minorités raciales ou la peine de mort. A ce titre, son président est l'un des personnages les plus puissants du pays et sa composition est très politiquement sensible. Le choix de John Roberts, un juge fédéral qui appartient à la frange conservatrice du parti républicain, a déjà suscité beaucoup d'émois dans les milieux politiques les plus progressistes du pays, bien que ses qualités de juriste soient inattaquables et qu'il se soit toujours montré plutôt lisse dans ses interventions publiques. La procédure de confirmation de John Roberts doit commencer mardi au Sénat.

le 05 septembre 2005 à 16:32
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4 Commentaires

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  • Liam, le 05/09/2005 à 19h40

    Que fait l'association PETA et la SPA américaine pour s'occupés des animaux errant dans la ville , les abattres n'est pas la solution , il y a aussi une détresse animal dans ce malheur

  • Zorro, le 05/09/2005 à 19h21

    Ils manquent visiblement de moyens logistiques pour localiser et extraire toutes les personnes encore sur site, pourquoi ne demandent ils pas une aide massive de l'étranger en terme d'hélicoptères??? Le temps passe vite et des centaines de personnes risquent de mourir uniquement à cause de lenteurs administratives ou de fierté mal placée.

  • Wilfried, le 05/09/2005 à 18h13

    Il y'a une chose que je n'arrive pas à comprendre.Les états-Unis proclament haut et fort qu'ils sont numéro 1 et pk ont-t-ils besoin de l'aide des autres pays pour pouvoir réparé les dégats provoqués par le cyclone???

  • Alain Dumont, le 05/09/2005 à 17h54

    Bush aurait dû partir en guerre contre les cyclones plutôt que contre les terroristes ... il aurait pû sauver des vies au lieu d'en enlever

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