
"Quatre ans après l'horrible expérience du 11 septembre, les Américains ont tous les droits d'attendre une réponse plus efficace en cas d'urgence. Lorsque le gouvernement fédéral ne parvient pas à faire face à cette obligation, je suis en tant que président responsable du problème, et de la solution". George W. Bush a fait une nouvelle fois son mea culpa jeudi soir lors d'une intervention télévisée en direct de la ville désertée et dévastée de La Nouvelle-Orléans. C'est la deuxième fois que le président américain tire les leçons du désastre du 29 août devant le pays tout entier, alors que le bilan provisoire approche les 800 morts, et que 500.000 familles ont dû être évacuées, selon son propre décompte. Pris en défaut sur son point fort habituel, la sécurité, le président des Etats-Unis est au plus bas dans les sondages.
Lors d'une allocution d'une vingtaine de minutes, George w. Bush a annoncé une réévaluation complète des procédures d'urgence pour faire face à des catastrophes naturelles ou des attentats. "J'estime qu'une planification détaillée des secours est une priorité nationale. Par conséquent, j'ai ordonné au département de la Sécurité intérieure de lancer immédiatement un ré-examen des plans d'urgence dans toutes les grandes villes d'Amérique".
Création d'une zone économique spéciale
Manches retroussées jusqu'aux coudes, le président américain a également promis de rebâtir La Nouvelle-Orléans. Une renaissance des régions du Sud qui se fera grâce à l'aide financière du gouvernement et à la création d'une zone économique spéciale comprenant la Louisiane, le Mississippi et l'Alabama. Cette zone d'opportunité permettra d'encourager le redémarrage d'entreprises. "Les fonds fédéraux couvriront la grande majorité des travaux de réparation des infrastructures publiques", a-t-il ajouté. "Je propose que le Congrès passe une loi d'urbanisme (...) qui permettra (...) d'accorder aux citoyens dont les revenus sont les plus bas d'accéder gratuitement à la propriété au moyen d'une loterie" chargée de distribuer les propriétés de la région "appartenant au gouvernement fédéral".
Cette initiative a immédiatement été critiquée par l'opposition de gauche, craignant une érosion des acquis sociaux et environnementaux. "La côte du golfe (du Mexique) ne mérite pas d'être traitée comme un laboratoire pour l'opportunisme politique ou l'expérimentation idéologique", a déclaré la chef de file des démocrates à la Chambre des représentants, Nancy Pelosi. Bush, qui n'a pas chiffré en dollars l'effort fédéral consenti pour rebâtir après Katrina, a également déçu les démocrates en ne proposant pas la création d'une commission d'enquête indépendante. Il a néanmoins assuré qu'il voulait que "tous les faits" soient établis.
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