- Bilan humain toujours incertain
Aucun bilan de victimes, même provisoire, n'est encore disponible dans les trois Etats touchés de plein fouet par Katrina, Louisiane, Mississippi et Alabama. "Nous pensons en fait qu'il y aura des milliers" de morts, a déclaré le gouverneur de Louisiane Kathleen Blanco lors d'une conférence de presse, indiquant toutefois qu'elle n'avait aucune preuve jusqu'à présent d'un bilan aussi lourd. "Toute la région (du sud-est de la Louisiane) pourrait voir l'évacuation de 200.000 ou 300.000 personnes, peut-être plus", a-t-elle ajouté. Elle a souligné que les personnes à évacuer ne provenaient pas uniquement de La Nouvelle-Orléans. Selon des estimations, 200.000 personnes seraient toujours présentes dans l'agglomération qui compte 1,4 million d'habitants en temps ordinaire.
Les autorités américaines n'ont confirmé jusqu'à présent que 125 morts dans le Mississippi, autre Etat touché par le cyclone. Interrogé jeudi sur ABC, le président George W. Bush a dit "ignorer le nombre exact" de victimes. "De toute évidence, il va y en avoir beaucoup", avait-il ajouté.
- Trois présidents unis face au drame, l'aide internationale bienvenue
Devant l'ampleur des destructions, les anciens présidents George Bush et Bill Clinton sont apparus jeudi à la télévision aux côté de l'actuel chef de l'Etat américain pour appeler aux dons et annoncer un effort exceptionnel. George W. Bush a confié à son père et à Bill Clinton le soin de coordonner les opérations de dons - comme il l'avait déjà fait à l'époque du tsunami. Les Etats-Unis accepteront toutes les offres d'assistance venues de l'étranger, a annoncé par ailleurs la Maison Blanche - alors même que George W. Bush, quelques heures plus tôt, avait décliné toute aide extérieure en affirmant : "ce pays va se relever tout seul". Et le président américain a autorisé des bateaux étrangers à transporter des produits pétroliers d'un port américain à un autre, pour pallier les défaillances du système d'oléoducs.
- Etat d'urgence à La Nouvelle-Orléans, livrée aux pilleurs
Alors que la plus grande partie de la ville est inondée et des milliers de personnes prisonnières des eaux, les autorités font face à une vague de pillages : de nombreux habitants emportant de la nourriture, des vêtements et des appareils électroniques, mais aussi des bijoux et surtout des armes. Le gouverneur de la Louisiane a demandé jeudi l'envoi de 40.000 militaires pour rétablir l'ordre à La Nouvelle-Orléans. George W. Bush, qui prône la "tolérance zéro" contre les pilleurs, avait déjà annoncé l'envoi de 22 000 gardes nationaux supplémentaires. Le maire de la ville, Ray Nagin, a lancé pour sa part un "SOS désespéré" pour venir en aide aux 15.000 à 20.000 sinistrés du réfugiés dans le Centre de convention de la Nouvelle-Orléans, où des hommes armés font régner la terreur, où la nourriture manque et où les conditions sanitaires sont terribles.
Ailleurs, certains quartiers sont déjà devenus des no-man's land où règne le loi de la jungle. Les gangs armés n'ont d'ailleurs pas hésité à tirer sur un hélicoptère qui procédait à l'évacuation du Superdome. Un garde national a également été blessé.
- Sauvetage toujours en cours
Même si l'eau commence à se retirer et si la priorité est la lutte contre les pilleurs, les opérations de sauvetage pour retrouver des survivants et évacuer les sinistrés réfugiés sur les toits des maisons se poursuivent en Louisiane, notamment à La Nouvelle-Orléans où ils seraient plusieurs milliers. "Nous ne pouvons vraiment pas savoir combien de personnes sont prisonnières dans des greniers, nous ne savons pas combien de gens sont dehors" expliquent les sauveteurs.
- L'aide aux sinistrés s'organise
Ils seraient plus de 50 000. Sur la côte sud du Mississippi, des distributions de produits de première nécessité, de bouteilles d'eau et de sacs de glace ont eu lieu mercredi soir.
- Le danger des eaux contaminées
Les sinistrés doivent faire face à un nouveau et pernicieux danger véhiculé par les eaux chargées de toxines et de bactéries porteuses de contamination et de maladies. Selon les autorités sanitaires américaines, les inondations charrient un cocktail empoisonné dont le simple contact peut donner diverses maladies allant de la gastro-entérite sévère aux maladies de peau, en passant par les allergies.
"La menace est vraiment sérieuse et ne fera que croître dans les jours qui viennent alors que les eaux se retirent", avertit Georges Benjamin, directeur de l'Association américaine de santé publique. Les personnes présentant le plus grand risque sont les vieillards et les enfants souffrant de déshydratation chronique à cause de l'absence d'eau potable, de la chaleur et de l'humidité dans les régions sinistrées de La Louisiane, du Mississippi et de l'Alabama.
- Plus de 20 milliards de dégâts
Plusieurs cabinets de modélisation ont diffusé des estimations plutôt larges du montant total des dégâts assurés comprises entre 12 et 25 milliards de dollars. Le gros des indemnisations devrait découler des pertes d'exploitation (commerces, installations pétrolières…), conséquences notamment des sévères inondations qui submergent 80% de la Nouvelle-Orléans.








