
La complexité du système électoral allemand qui allie scrutin uninominal direct à un tour et proportionnelle, ainsi que le fait que les élections législatives ont été reportées au 2 octobre dans une circonscription, peuvent introduire des incertitudes dans les résultats de dimanche soir. Décryptage.
598 sièges à pourvoir
Pour obtenir la majorité absolue des sièges au Bundestag - nécessaire afin d'élire le chancelier - un ou plusieurs partis n'ont pas besoin de rassembler plus de 50% des suffrages. Dans le cas où quatre partis franchissent le seuil légal des 5% indispensable pour bénéficier de la répartition de sièges à la proportionnelle, la majorité absolue des sièges se situe déjà autour de 47%. Dans le cas, très probable dimanche, où cinq partis (CDU/CSU, FDP, SPD, Verts et Parti de gauche) franchissent ce seuil, la majorité se situera cependant au-delà de 48,5%.
Au total, 598 sièges sont à pourvoir, dont 299 au scrutin uninominal direct. Les sièges restants sont répartis à la proportionnelle en fonction des pourcentages obtenus par les divers partis ayant dépassé 5% des suffrages. Il se peut cependant qu'un parti obtienne plus de mandats directs que ce à quoi il a droit en vertu de la proportionnelle. Dans ce cas il conserve les mandats supplémentaires, ce qui augmente le nombre total de députés invités à siéger au Bundestag. Celui élu en 2002 comptait ainsi 603 députés.
Résultats peut-ête suspendus au 2 octobre
Dimanche, seuls 298 mandats directs seront pourvus, le vote ayant été reporté au 2 octobre dans la circonscription de Dresde à la suite du décès d'une candidate. Les résultats du scrutin proportionnel de Dresde pourraient en outre également provoquer des déplacements supplémentaires (jusqu'à deux sièges) dans la répartition des sièges entre les partis : seule une majorité absolue supérieure à trois sièges dimanche soir ne risquera plus d'être remise en cause le 2 octobre par les résultats de Dresde.
Les différents scénarios d'alliance
Si la CDU/CSU parvient à obtenir plus de 48,5% des voix en s'alliant au FDP, avec une majorité supérieure à trois sièges, la conservatrice Angela Merkel sera sûre dès dimanche d'être en mesure de succéder au social-démocrate Gerhard Schröder à la chancellerie. Dans le cas contraire, il lui faudrait peut-être attendre le 2 octobre avant de crier victoire. Et si une alliance avec le FDP n'a pas la majorité, la CDU/CSU serait contrainte de s'allier au SPD pour former une grande coalition, le parti arrivé en tête nommant le chef du gouvernement. Tant Angela Merkel que Gerhard Schröder se sont déclarés opposés à une telle grande coalition, mais l'arithmétique du résultat électoral pourrait y contraindre chrétiens-démocrates et sociaux-démocrates. Une hypothèse qui entraînerait de longues et très délicates tractations entre les deux grands partis populaires, aussi bien pour définir le programme gouvernemental que pour se mettre d'accord sur le nombre de postes de ministres revenant à chacun et en désigner les titulaires. Dans cette éventualité, Angela Merkel sera chancelière, le poste de vice-chancelier et de ministre des Affaires étrangères revenant au SPD. En tout état de cause, Gerhard Schröder a annoncé qu'il ne ferait pas partie d'un tel gouvernement, laissant la voie libre à d'autres dirigeants du SPD.
Voici la liste des autres options par ordre de vraisemblance, à en croire les sondages et les déclarations d'intention des différents partis:
1) Une reconduction de la coalition SPD-Verts au pouvoir depuis 1998 nécessiterait une mobilisation massive d'indécis en leur faveur.
2) Une alliance SPD-Verts-FDP est catégoriquement rejetée par le FDP.
3) Une alliance CDU/CSU-Verts serait une première dans l'histoire, considérée comme "contre nature" par de nombreux écologistes même si elle existe à l'échelle de quelques municipalités allemandes.
4) Une alliance SPD-Verts-Parti de gauche est catégoriquement rejetée par les trois intéressés.
Retour MYTF1
Chargement en cours...




