© DROn vote aujourd'hui en Allemagne. Les bureaux de vote ont ouvert leurs portes dès 8 heures ce matin. La candidate conservatrice Angela Merkel, qui espère devenir la première chancelière allemande de l'histoire, et le chancelier sortant, le social-démocrate (SPD) Gerhard Schröder, se sont livrés samedi à d'ultimes passes d'armes avant le verdict des urnes dimanche. Selon les sondages, Gerhard Schröder est menacé d'un retour dans l'opposition après sept années à la tête de la coalition gouvernementale entre SPD et Verts. Mais un score serré pourrait encore empêcher sa rivale des Unions chrétiennes (CDU/CSU) Angela Merkel d'obtenir une majorité suffisante pour s'allier comme elle le souhaite avec les libéraux du FDP. Ce qui la contraindrait alors à former une "grande coalition" avec le SPD.
Au cours de son dernier meeting samedi après-midi à Francfort, Gerhard Schröder a recommandé une nouvelle fois de ne pas prendre pour parole d'évangile les sondages. "Chaque voix compte. Demain, téléphonez à vos proches et demandez leur d'aller voter", a-t-il lancé devant 18.000 personnes réunies sur la place de l'opéra. Les applaudissements et les cris d'encouragement ont fusé quand le chancelier sortant a brocardé l'universitaire fiscaliste Paul Kirchhof, pressenti comme ministre des Finances par la CDU/CSU, et dont le projet de taux d'imposition unique de 25% est très controversé. Plus tôt dans la journée, Gerhard Schröder avait appelé les électeurs à ne pas oublier le troisième âge devant 10.000 personnes à Recklinghausen, traditionnel bastion social-démocrate du Bassin industriel de la Ruhr: "Pensez à emmener dimanche Papi et Mamie, mais seulement pour voter SPD", a-t-il dit.
Mobiliser jusqu'au bout les indécis
"Faites en sorte que je puisse devenir chancelière!", a lancé pour sa part Angela Merkel samedi devant 5.000 personnes à Bonn, l'ancienne capitale allemande, appelant les électeurs à voter de façon "responsable". "Nous ne promettons rien de faux pour que l'Allemagne aille à nouveau de l'avant", a affirmé cette fille de pasteur de 51 ans originaire d'ex-RDA, célébrée sur la place de la cathédrale aux cris "d'Angie, Angie". Les deux rivaux avaient tous deux choisi ces villes de Rhénanie du nord-Westphalie, la région la plus peuplée d'Allemagne, ravie au SPD par les conservateurs aux dernières élections régionales fin mai. C'est à la suite de cette défaite électorale que Gerhard Schröder avait décidé de demander la tenue de législatives anticipées un an avant terme. Il parie sur une nouvelle légitimité pour continuer sa politique de réformes de l'Etat providence qui, malgré leur impopularité, commencent, selon lui, à porter leurs fruits.
Pour mobiliser jusqu'au bout les indécis, les partis ont décidé d'annuler une règle non écrite en continuant de faire campagne jusqu'à la fermeture des bureaux de vote, dimanche, au lieu de la trêve du week-end. Près de dix millions d'Allemands, soit près de 20% des électeurs, ne savent pas encore s'ils vont voter ou pour qui, un chiffre qui n'avait jamais été aussi élevé par le passé, a affirmé samedi le responsable de l'institut de sondage Infratest-dimap, Richard Hilmer, dans le quotidien Die Welt. Un sondage de l'institut Allensbach publié le même jour dans le quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung crédite les conservateurs de 41,5% des voix et leur allié potentiel FDP de 8%, ce qui leur permettrait d'espérer une courte majorité absolue des sièges à la chambre des députés. Quant au SPD, il est crédité de 32,5% des intentions de vote, avec 7% pour son actuel partenaire au gouvernement, les Verts. Le verdict des quelque 61,9 millions d'électeurs est attendu dimanche soir, après la fermeture à 18 heures des bureaux de vote.
Photo d'ouverture : Angela Merkel lors d'un débat télévisé ; en fond, Gerhard Schröder - archives
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