Nouveau drame de l'immigration clandestine en Italie

le 11 septembre 2005 à 15h20 , mis à jour le 11 septembre 2005 à 18h20

Au moins onze personnes, provenant semble-t-il des côtes libyennes, se sont noyées près de côtes de Sicile. Le bilan pourrait être beaucoup plus lourd : 140 candidats à l'immigration clandestine ont été retrouvés par les services italiens, mais des témoignages font état de 170 passagers dans leur navire.

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L'Italie a fait face dimanche à une nouvelle tragédie de l'immigration clandestine avec la mort d'au moins onze personnes qui se seraient noyées en tentant de rejoindre la Sicile, une des premières portes vers l'Europe pour les migrants d'Afrique et du monde entier. Peu après avoir repéré dans la nuit de samedi à dimanche un chalutier suspect à une trentaine de mètres de la côte, les forces de l'ordre ont découvert deux cadavres flottant à la mer et neuf corps sans vie sur une plage proche de la localité de Gela, au sud de la Sicile. "On ne connaît pas encore les raisons de leur mort, mais ils pourraient s'être noyés après être tombés de leur embarcation ou en tentant de rejoindre la terre à la nage", a indiqué un commandant de la Garde des Finances (douanes) à Palerme.

Les forces de l'ordre ont saisi le chalutier ainsi qu'un canot pneumatique qui servait visiblement à transporter les immigrés par petits groupes vers la terre ferme. Le bilan pourrait s'aggraver car environ 140 clandestins et les sept passeurs présumés ont été arrêtés, mais certains migrants ont raconté avoir été au moins 170 à bord de leur embarcation. "Nous sommes partis il y a plus de 42 heures de Libye et nous étions très nombreux sur le bateau qui est arrivé près des côtes. Quand nous nous sommes mis à l'eau pour rejoindre la plage certains se sont noyés", a déclaré sur place un adolescent se présentant comme érythréen, cité par l'agence italienne Ansa. "Nous avons eu très peur, mais les secours sont arrivés rapidement. Maintenant j'espère qu'ils ne nous ramèneront pas d'où nous venons", a-t-il ajouté.

Des naufrages meurtriers à intervalles réguliers

Les côtes siciliennes, situées à quelque 400 km et la petite île de Lampedusa sont des zones d'arrivées importantes de migrants partis des côtes libyennes ou tunisiennes dans l'espoir de rejoindre l'Europe, après avoir payé plusieurs milliers de dollars à leurs passeurs. Plus de 7.500 personnes y ont débarqué au cours des six premiers mois de l'année, selon le ministère italien de l'Intérieur, malgré une diminution sensible entre 2002 et 2004 (de 23.719 à 13.635). La quasi-totalité des migrants sont conduits dans des centres fermés où l'on procède à leur identification avant de les renvoyer dans leur pays de départ ou d'étudier une éventuelle demande d'asile.

Les naufrages, disparitions et noyades se produisent régulièrement, comme en octobre 2004, lorsque 64 personnes en route pour l'Italie ont trouvé la mort au large de la Tunisie. Début août, la marine italienne avait également recherché en vain pendant plusieurs jours une embarcation signalée en difficulté près de la Sicile avec plus de cent immigrés à bord, tandis que les autorités maltaises s'étaient montrées très pessimistes quelques jours plus tard sur le sort de 26 disparus.

Photo d'ouverture : les corps de victimes retrouvés sur la plage - DR 

le 11 septembre 2005 à 15:20
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