Offensive près de la frontière syrienne

le 10 septembre 2005 à 13h12 , mis à jour le 10 septembre 2005 à 13h34

Tall Afar, ville du nord de l'Irak et proche de la Syrie, en grande partie aux mains de la rébellion irakienne, est actuellement au centre d'une offensive de grande ampleur. Selon les communiqués du gouvernement irakien, 141 rebelles y auraient été tués en deux jours.

carte irak © INTERNE

Dès vendredi, le gouvernement irakien avait souligné sa détermination à mater Tall Afar, une ville proche de la frontière syrienne dans laquelle sévissent rebelles et combattants arabes et où les violences ont provoqué un exode massif de la population. Signe clair de l'intensification d'une offensive déjà engagée depuis plusieurs jours, alors que l'armée américaine avait fait état mercredi d'une opération militaire durant laquelle plus de 200 "terroristes" avaient été tués ou capturés en une semaine. Samedi avant l'aube, une nouvelle attaque de grande ampleur a été lancée, conjointement par les forces irakiennes et la force multinationale.

Peu après l'annonce de cette intensification de l'assaut, le ministre de la Défense Saadoun al-Doulaïmi a tenu une conférence de presse au cours de laquelle il a fourni un nouveau bilan des opérations en cours. "Les rebelles ont eu en deux jours 141 tués et 197 de leurs éléments ont été capturés", a-t-il annoncé. Les forces irakiennes auraient eu pour leur part cinq tués et 3 blessés, a assuré le ministre au cours de la conférence de presse tenue avec plusieurs ministres, dont le chef du gouvernement Ibrahim Jaafari. Il a affirmé que l'opération était menée par la troisième division de l'armée avec le soutien de trois bataillons du ministère de l'Intérieur et de trois bataillons de la Force multinationale. "C'est une opération irakienne menée par nos forces qui sont capables de venir à bout des terroristes et elle s'achèvera plus vite que prévu", a-t-il ajouté. "Il n'y a pas de date limite à l'opération mais je pense qu'elle sera achevée dans trois jours".

Bombardements, tirs d'armes lourdes et exode de la population

Le chef du gouvernement a indiqué au début de la conférence que l'offensive avait été lancée à la demande de chefs de tribus "sunnites et chiites" et le ministre de la Défense a indiqué que "tous les moyens pacifiques ont été épuisés pour débarrasser la ville des terroristes étrangers et de ceux qui les accueillent". Selon un porte-parole militaire américain, les rebelles et des combattants arabes ont multiplié pendant la semaine les tirs à partir des mosquées, les attentats suicide et ont miné un bâtiment de cette ville de quelque 300.000 habitants. Les médias irakiens ont pour leur part fait état d'un exode massif de la population hors de la ville avec l'intensification des opérations militaires pendant lesquelles l'aviation est intervenue pour bombarder des positions rebelles. "Nous n'avions d'autre choix que de rétablir l'ordre", a assuré Saadoun al-Doulaïmi, en affirmant que d'autres opérations de même type étaient envisagées dans d'autres villes rebelles comme Al-Qaïm et Samarra.

Alors que la ville rebelle est au coeur d'une offensive de grande ampleur, en-dehors des communiqués officiels irakiens ou de la force multinationale, il est difficile de savoir ce qui s'y passe actuellement. Le directeur de l'hôpital général de Tall Afar, contacté par téléphone à partir de Mossoul, a indiqué que deux quartiers du centre de la ville Saraya et Hassan Koï, étaient sous les tirs d'armes lourdes samedi matin. "Des blindés et des chars ont commencé à entrer dans la ville", a-t-il indiqué, ajoutant que son établissement n'avait pas reçu de tués ou de blessés "étant donné que les habitants des deux quartiers ont quitté leurs maisons".

le 10 septembre 2005 à 13:12
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