
Le sommet pour le 60ème anniversaire de l'Onu s'est ouvert mercredi par des plaidoyers en faveur d'une action internationale plus efficace. 170 pays sont présents au siège de l'organisation mondiale à New York pour ce sommet de trois jours, le plus grand jamais organisé.
Le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, a prononcé un vibrant plaidoyer pour la mise en oeuvre de la réforme de l'Onu et pour une "action collective" face à la pauvreté et aux défis à la sécurité. Il a souhaité des "Nations unies en bonne santé et efficaces", et appelé les pays membres à mettre en oeuvre la réforme de l'Onu, sur laquelle un compromis a été trouvé mardi après près de trois semaines de laborieuses tractations diplomatiques. Bien qu'elle soit beaucoup moins ambitieuse qu'espéré, "cette réforme est importante et doit se poursuivre", a-t-il dit.
Sommet au sommet
George W. Bush a lui aussi souhaité voir les Nations unies plus efficaces, tout en mettant fortement l'accent sur la lutte contre la corruption au sein de cette organisation, mise en cause dans le scandale du programme "pétrole contre nourriture" en Irak. Il a aussi insisté sur le thème qui lui est cher de la lutte contre le terrorisme et les Etats accusés de le soutenir. (Lire notre article).
Le Conseil de sécurité de l'Onu, réuni en marge de ce sommet, a également demandé aux Etats du monde de réprimer "l'incitation à commettre des actes de terrorisme". Chacun des 15 chefs d'Etat et de gouvernement des pays membres du Conseil a fait, tout à tour, une brève déclaration de quatre minutes rappelant à grands traits les engagements et valeurs de son pays. Dominique de Villepin, qui remplaçait le président Jacques Chirac convalescent, s'est exprimé là même où le 14 février 2003, il avait prononcé un réquisitoire contre l'intervention américaine en Irak, au nom de la "Vieille Europe".
Villepin menace Téhéran
Le Premier ministre français a rappelé à l'Iran qu'il risquait d'être déféré devant le Conseil de sécurité s'il ne respectait pas les obligations découlant du Traité de non prolifération nucléaire. Dominique de Villepin a souligné en outre la "force" de la coopération face au terrorisme. "Ne nous y trompons pas: face à des menaces qui ignorent les frontières des Etats, il n'y aura de véritable sécurité que collective. Face à des identités blessées, l'exigence de respect et de justice n'est pas seulement un impératif politique, c'est une condition de paix", a-t-il dit d'un ton grave.
Par ailleurs, le Premier ministre français, avec le soutien du président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, a tenté de rallier les pays à un projet de taxe internationale sur les billets d'avion pour financer la lutte contre le sida. Si le Royaume-Uni, le Chili, l'Allemagne et l'Espagne et une cinquantaine d'autres pays, ont rejoint le projet, sans toujours présenter un calendrier de son application, beaucoup de pays se sont montrés plus réticents, comme les Etats-Unis.
(Mercredi à l'Onu/DR)
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