© afpLes conséquences les plus visibles du passage de Katrina s'apaisent quelque peu. Alors que le bilan provisoire officiel de la catastrophe est de 381 décès, dont 211 dans tout le Mississippi, 16 morts en Floride et dans l'Alabama, et 154 en Louisiane, un procureur fédéral de cet Etat a annoncé ce week-end que l'ordre est rétabli et la loi à nouveau respectée à La Nouvelle-Orléans un temps livrée aux bandes armées. Selon ce responsable, 259 personnes sont détenues dans la prison mise en place dans les locaux d'une station de bus de la ville, ou y ont transité avant d'être transférées dans d'autres prisons, alors que les établissements pénitentiaires de la ville ont été mis hors d'usage par le cyclone. L'aéroport international de La Nouvelle-Orléans pourrait rouvrir au trafic aérien commercial la semaine prochaine.
Le chiffre de 10.000 morts évoqués la semaine dernière "a été donné à un moment de grande émotion. Nous avons encore besoin de plusieurs jours pour finir les recherches. Nous nous attendons à un chiffre (de victimes) beaucoup plus bas", a estimé dimanche le général Russel Honore, responsable militaire des secours. Le nombre des étrangers portés disparu diminue lui aussi : les autorités fédérales n'ont pas eu de confirmation de la mort de ressortissants d'autres pays que les Etats-Unis, a annoncé un responsable du département d'Etat. Il a cependant précisé que les familles et les autorités étaient encore sans nouvelles d'un peu plus d'une centaine d'étrangers, contre un millier dans les jours qui ont suivi le cyclone.
Les évacuations des rares habitants de La Nouvelle-Orléans encore sur place se poursuivent, et l'armée se félicitait dimanche de n'avoir pas dû user de la force. Le dispositif d'aide est désormais impressionnant : 111 pays et 12 organisations internationales ont offert de l'argent, de la nourriture et/ou de l'aide technique aux Etats-Unis. Au total, 460 millions de dollars d'aide financière ont été offerts par le biais d'organisations caritatives publiques et privées, dont la Croix-Rouge et le fonds d'aide présidé par les anciens présidents Bill Clinton et George Bush père.
Les gros contrats de deux filiales d'Halliburton
Une situation en voie de lente amélioration, alors que des milliers de sinistrés ont été emmenés loin des lieux de la catastrophe, dont George W. Bush devait tenter de tirer parti lors de sa visite. Son vice-président Dick Cheney s'est déjà rendu samedi à Austin (Texas), saluant la "performance remarquable" de ceux qui aident les sinistrés. Quant au président, il devait se rendre pour la troisième fois dans les zones frappées dimanche (soit, en heure française, dans la nuit de dimanche à lundi), pour une visite de deux jours. Il a promis de faire en sorte que la côte du Golfe du Mexique, ravagée par la catastrophe, redevienne "plus vivante que jamais". Les Américains le jugent sévèrement : 59% d'entre eux désapprouvent la manière dont leur président a dirigé les opérations et 38% seulement l'approuvent, selon un sondage effectué par la chaîne de télévision américaine CBS News.
Et déjà, une nouvelle polémique pointe à l'horizon pour George W. Bush. Les premiers contrats de reconstruction dans la région du Golfe du Mexique après le passage de Katrina ont en effet été accordés à Shaw Group et Kellog Brown and Root. Toutes deux sont clientes du groupe de pression de Joe Allbaugh, ex-directeur de campagne de George W. Bush et ex-directeur de la Fema, l'Agence fédérale de gestion des crises. Shaw Group et Kellog Brown and Root sont par ailleurs des filiales d'Halliburton, dont le dirigeant de 1995 à 2000 n'était autre que Dick Cheney.
Photo d'ouverture : militaire chargé de l'accueil des sinistrés de La Nouvelle-Orléans - DR
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