Le pari Koizumi

le 11 septembre 2005 à 14h55 , mis à jour le 11 septembre 2005 à 16h30

Profitant du retour du Japon vers la croissance, le Premier ministre Junichiro Koizumi compte faire passer des réformes drastiques : privatisation de la Poste et refonte de la fiscalité, notamment. Un programme qui constituait l'enjeu central des législatives de ce dimanche.

Photo : Yoshikazu Tsuno (AFP) © INTERNE

Haï des uns, admiré des autres, le Premier ministre libéral Junichiro Koizumi a l'art de susciter les réactions extrêmes. Ce qui est valable également pour son programme économique, véritable électrochoc annoncé pour la société japonaise, et sur lequel les électeurs se sont indirectement prononcés lors des législatives de dimanche en plébiscitant le parti du chef du gouvernement sortant.

Depuis l'arrivée au pouvoir de Junichiro Koizumi en 2001, le Japon a lentement repris le chemin de la croissance après la "décennie perdue" des années 1990. Sous Koizumi, les pouvoirs publics ont injecté 12.400 milliards de yens (89,2 milliards d'euros) dans le système bancaire japonais, qui menaçait de s'effondrer sous le poids des créances irrecouvrables héritées de la crise financière et immobilière de la décennie précédente. Parallèlement, le gouvernement Koizumi a mis sur pied en 2003 une "Agence japonaise de revitalisation industrielle", chargée de redresser les entreprises défaillantes. Cette institution a elle aussi contribué à résoudre l'énorme problème des mauvaises créances des banques. Mais dans le même temps, le déficit public a gonflé de 170.000 milliards de yens (1.240 milliards d'euros). Il atteint actuellement le montant abyssal de 800.000 milliards de yens (5.800 milliards d'euros), soit 6% du PIB. La dette publique représente, elle, 160% du PIB.

La Poste, cible privilégiée

L'étape suivante, pour Koizumi, consiste à trouver une solution à cette dette tout en dynamisant le secteur privé. Pour cela, deux réformes d'ampleur. La première est la privatisation de la Poste japonaise - un thème devenu de fait l'enjeu central des élections législatives de dimanche. Junichiro Koizumi souhaite faire de la Poste japonaise, considérée comme la plus grande banque du monde, une entité entièrement privée d'ici 2017. Tous les partis d'opposition étaient contre ce projet (du moins officiellement), destiné selon ses promoteurs à revitaliser l'économie japonaise mais qui, selon ses détracteurs, entraînera des suppressions d'emplois massives et une dégradation du service postal auquel tiennent les Japonais.

Privatiser ce "mammouth" de 134 ans, 261.937 fonctionnaires et 24.700 bureaux, dépositaire pratiquement sans contrôle de la majorité des économies des Japonais, est de longue date l'idée fixe du Premier ministre libéral, au demeurant ancien ministre des Postes. Mais Koizumi admet lui-même que le plan de privatisation de la Poste, rejeté début août par les sénateurs, a également pour but de réduire l'influence des facteurs, et le clientélisme que manifeste la classe politique à leur égard.

Deuxième point crucial : la réforme fiscale. Etranglé par le déficit public, l'Etat japonais manque cruellement de ressources. Face à cette situation, une réforme du système fiscal nippon très généreux tant à l'égard des entreprises que des particuliers, ainsi qu'une hausse de la taxe sur la valeur ajoutée (actuellement de 5% seulement), semblent inévitables. Mais de telles mesures sont susceptibles de menacer la fragile reprise économique nippone.

Photo d'ouverture : le Premier ministre libéral Junichiro Koizumi - DR

le 11 septembre 2005 à 14:55
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1 Commentaires

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  • Claire, le 11/09/2005 à 21h38

    C'est exactement ce qu'il nous faut en France. Vite. Très vite...

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