
Si Angela Merkel a remporté de justesse les élections législatives de dimanche, la presse allemande l'a désignée dès lundi matin comme la grande perdante de ce scrutin. "Ce résultat est une débâcle pour les Unions chrétiennes et leur candidate à la chancellerie", Angela Merkel, jugeait le quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung. "Personne n'aurait pensé que les Unions chrétiennes seraient loin de leur score en 2002", a relevé le journal conservateur. Les Unions chrétiennes (CDU-CSU) recueillent 35,2% des voix (38,5% en 2002), leur troisième plus mauvais score de l'après-guerre, contre 34,3% pour le SPD (38,5% en 2002).
La "femme de l'est" et présidente de l'Union chrétienne-démocrate (CDU), Angela Merkel, a "obtenu nettement moins de voix" que le rival malheureux du chancelier Schröder en 2002, le président de l'Union chrétienne-sociale (CSU), le Bavarois Edmund Stoiber, a souligné le quotidien populaire Bild. "Merkel a gagné et quand même perdu", ajoutait le journal le plus lu du pays, évoquant "l"amère défaite" de celle qui aspire à devenir la première femme chancelière de l'Allemagne. L'Est de l'Allemagne a "sanctionné une candidate à la chancellerie originaire d'un Etat" de l'ex-bloc communiste, notait de son côté le quotidien régional Leipziger Volkszeitung, basé en ex-RDA. Il a observé que les projections des instituts de sondage étaient "à cent lieues" des résultats des élections.
Angela Merkel paiera-t-elle pour le mauvais score de la CDU ?
Conséquence du piètre résultat de la CDU-CSU, qui était créditée de plus de 40% des intentions de vote dans les sondages : "L'avenir personnel de Merkel est incertain", a estimé la Westdeutsche Allgemeine Zeitung, le plus grand journal allemand après Bild. "Une semaine turbulente attend la CDU, au cours de laquelle presque tout va être passé en revue, y compris un remplacement de Merkel", ajoutait-il.
Aux yeux de Die Welt, Angela Merkel "va devoir se battre pour ses prétentions". D'autant plus "qu'ils seront très nombreux à faire d'elle un bouc émissaire", a prédit le journal conservateur. Au-delà de la contre-performance d'Angela Merkel et compte tenu des résultats très serrés de ces élections rendant difficile la formation d'un gouvernement, le quotidien de centre-gauche Frankfurter Rundschau ouvrait déjà la porte à un nouveau scrutin anticipé: "On peut légitimement se demander si un gouvernement formé dans des conditions aussi incertaines pourra durer quatre ans", le temps d'une législature.
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