Quelle coalition pour gouverner l'Allemagne ?

le 18 septembre 2005 à 22h30 , mis à jour le 19 septembre 2005 à 00h24

La CDU, malgré sa légère avance, ne peut prétendre gouverner seule. Parmi les différents scénarios d'alliance gouvernementale en Allemagne, la "grande coalition" entre chrétiens-démocrates et sociaux-démocrates apparaît, mathématiquement, comme la plus sûre.

camembert_bundestag

- Une "grande coalition" ou "noire-rouge", entre l'Union chrétienne-démocrate d'Angela Merkel (CDU, représentée par la couleur noire) et le Parti social-démocrate du chancelier Gerhard Schröder (SPD, couleur rouge). La CDU et sa soeur bavaroise l'Union chrétienne-sociale (CSU) disposeraient, ensemble avec le SPD, de la majorité la plus confortable, avec moins de 70% des suffrages. Déjà expérimenté entre 1965 et 1969, ce type de coalition entre les deux grands partis populaires est pourtant décrié comme porteur de risques d'immobilisme en matière de réformes. CDU et SPD l'avaient tous deux catégoriquement rejetée pendant la campagne. Gerhard Schröder a encore exclu dimanche soir de négocier une grande coalition sous la direction de la candidate conservatrice Angela Merkel. Il a revendiqué pour lui-même la direction d'une telle coalition.

- Une coalition "feu tricolore" entre le SPD (rouge), les libéraux du FDP (jaune) et les Verts. Jugée purement hypothétique il y a quelques jours, elle est à nouveau d'actualité depuis que le chancelier Gerhard Schröder a dit vouloir entamer des négociations "avec tous les partis" sauf la gauche contestataire. Le FDP, qui s'est déjà allié au SPD dans les années 70/80, a réalisé le score très honorable de 10% des voix environ. Jamais expérimentée au niveau fédéral, la coalition de type "feu tricolore" a déjà existé au niveau régional, mais brièvement. Si elle peut tenir sur les questions de société, elle pourrait vite apparaître divisée sur les questions économiques et sociales. La direction du FDP s'y oppose catégoriquement et le SPD ne peut espérer rallier que des députés dissidents.

- La coalition "noire-jaune" (conservatrice-libérale), qui était l'objectif affiché d'Angela Merkel, est renvoyée aux calendes grecques. Les conservateurs et les libéraux sont loin d'arriver à la majorité de sièges nécessaires.

- La coalition "rouge-verte" sortante de Gerhard Schröder et du ministre des Affaires étrangères Joschka Fischer n'a quant à elle aucune chance d'être reconduite.

- La coalition "rouge-rouge-verte" (entre sociaux-démocrates, la gauche contestaire du Parti de gauche et les Verts) est exclue. Le SPD et les Verts l'ont catégoriquement rejetée. Le Parti de gauche, avec 8,5% des suffrages, permettrait pourtant au chancelier d'avoir une majorité. Toutefois, il ne peut être exclu que des députés de ce nouveau groupe parlementaire soutiennent un gouvernement Schröder.

- La coalition "jamaïcaine noire-jaune-verte" (en référence aux couleurs du drapeau jamaïcain) entre CDU-CSU, les libéraux du FDP et les Verts. Nouvelle dans le jargon journalistique, c'est la coalition la moins probable, en raison des divergences idéologiques entre chrétiens-démocrates et libéraux d'une part, et écologistes de l'autre.

Photo d'ouverture : répartition des sièges au Bundestag telle que calculée, dimanche soir, par les télévisions allemandes - DR

le 18 septembre 2005 à 22:30
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Monde
  

1 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Roguerdo, le 18/09/2005 à 23h42

    La coalition ' Jamaïcaine ' est la plus probable, les GrÜnen détenant l'opportunité historique de constituer l'axe incontournable ( et monnayable ) d'une majorité durable.....

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience