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Rita s'éloigne. Le cyclone s'est affaibli samedi en traversant le Texas, devenant une tempête tropicale avec des vents d'une centaine de km/h, selon le Centre national des ouragans (NHC) situé à Miami. Moins de dégâts et moins de vents, même si la tempête est accompagnée de pluies torrentielles. Le mouvement lent de Rita devrait continuer à produire de très fortes précipitations au cours des prochains jours avec des cumuls attendus de 25 à 40 cm dans l'est du Texas, l'ouest de la Louisiane et le sud de l'Arkansas. Mais ceci n'est rien, quand on songe que le cyclone était de catégorie 3 sur l'échelle Saffir-Simpson - qui en compte cinq - quand il a touché le sud des Etats-Unis.
Pendant plusieurs heures entre vendredi et samedi, le cyclone a balayé avec des trombes d'eau et des vents soufflant à près de 200 km/h la côte Sud-Est des Etats-Unis. Près de 1,14 million de personnes restaient après son passage sans électricité au Texas, en Louisiane et dans le Mississippi. A présent, les inondations le long de la côte devraient se dissiper lentement. Tout au plus, les marées le long des côtes du sud-est de la Louisiane et du Mississippi touchées par le cyclone Katrina pourraient-elles être de 1,20 à 1,80 m au dessus de la normale, selon le Centre des ouragans. Le passage de Rita a eu un impact, même s'il était bien moindre que celui de Katrina : la plus grande partie de Port Arthur, un important centre pétrochimique dans le sud-est du Texas sur lequel l'oeil de Rita est passé, s'est ainsi retrouvée isolée par les inondations et les coupures de courant. Samedi, la ville offrait un spectacle de désolation avec ses arbres et toitures arrachées et les rues jonchées de lignes électriques arrachées et carcasses de voitures. Un couvre-feu a été décrété pour éviter les possibles pillages - neuf pillards ont d'ailleurs été arrêtés. Plusieurs incendies se sont déclarés à Galveston, assaillie par des rafales de vent à 110 km/h, mais ont pu ensuite être maîtrisés.
"J'ai eu plus peur lors des tempêtes de décembre 1999 en France"
Mais la grande ville de Houston, objet d'une évacuation sans précédent, a essuyé la tempête sans dégâts majeurs (même si un demi-million d'habitants de la région se sont retrouvés sans courant) et sans déplorer de morts. "J'habite au 2ème étage d'un immeuble de Galleria, un quartier situé à l'ouest de Houston", a témoigné auprès de tf1.fr Grégoire Bon-Mardion, Français expatrié d'une trentaine d'années. "Et par chance nous n'avons pas été vraiment touchés par le cyclone Rita. Il n'y a pas eu d'inondation. Toutes les précipitations annoncées n'ont pas eu lieu. Le bitume est totalement sec. Pour tout vous avouer, j'ai eu plus peur lors des tempêtes de décembre 1999 en France que cette nuit à Houston ! En revanche, d'après les images diffusées à la télévision j'ai l'impression que l'Est de la ville a été très touché, tout comme Beaumont ou la frontière avec la Louisiane. Pour l'instant, on nous déconseille encore de sortir. Sur l'Est de la ville il y a même eu un couvre-feu jusqu'à ce matin. Les rues sont encore désertes. Sur l'autoroute, quelques véhicules passent : des pompiers et la police."
"C'est finalement dans l'ouest de la Louisiane, entre Beaumont (Texas) et Lake Charles (Louisiane) que le cyclone Rita a fait le plus dégâts et non dans la région de Houston comme les spécialistes le prédisaient", renchérit Pierre-Jean Charvolin, un autre expatrié français contacté par tf1.fr. Il vit à Lafayette, et cette ville de Louisiane s'est trouvée plus proche de la zone frappée par le cyclone. "Il est assez difficile de dire quel a été le volume précipitations (...) mais elles ont été extrêmement abondantes. Cela a d'ailleurs provoqué d'importantes inondations au nord de la ville de Lafayette, dans la commune de Carencro. Des connaissances que j'ai contactées ce matin m'ont dit que des toitures avaient été arrachées au cours de la nuit lorsque que le cyclone est passé dans les environs de Lake Charles, ville située à proximité de Lafayette". Selon le responsable des secours de Lake Charles, l'aéroport local a également subi des "dégâts substantiels". Quant à La Nouvelle-Orléans, si elle n'a pas été frappée de plein fouet, la proximité de Rita a malheureusement suffi à faire de nouveau céder les digues...
George W. Bush a décrété l'état de catastrophe naturelle en Louisiane et au Texas, une formalité permettant aux sinistrés d'accéder aux aides fédérales, tout en se disant rassuré par l'étendue somme toute limitée des dégâts. Pour l'instant, le bilan humain de Rita reste de 26 morts : une personne victime, dans le Mississippi, d'une tornade suivant le sillage du cyclone ; 24 retraités brûlés vifs vendredi dans un car qui les évacuait de Houston, avant l'arrivée de la tempête ; et une dame âgée morte d'épuisement jeudi soir dans un embouteillage monstre. Au total, près de trois millions de personnes dans le Sud des Etats-Unis, dont un million de Houston, ont fui leurs foyers ces derniers jours pour échapper à l'ouragan. Une évacuation massive sur laquelle comptait George W. Bush pour montrer que le gouvernement avait tiré les conséquences de Katrina. Mais son impréparation et les blocages des routes qui l'ont accompagnée sont à leur tour la cible des critiques... "Après l'épisode Katrina, il y a bien 70% des gens résidant autour de chez moi qui sont effectivement partis", témoigne encore Grégoire Bon-Mardion pour tf1.fr. "Ils avaient très peur. Certains n'ont pas réussi à partir à cause des embouteillages monstres qui se sont produits sur les routes. Dans les médias, un nouveau débat est déjà lancé : comment ferait-on, en cas d'attaque chimique ou nucléaire, pour évacuer une ville comme Houston, Los Angeles ou New-York, sans provoquer de tels bouchons ?"
Photo d'ouverture : une rue de la ville de Beaumont (Texas) après le passage de Rita - DR
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