Schröder battu, Merkel dépitée

le 19 septembre 2005 à 07h28 , mis à jour le 19 septembre 2005 à 09h03

Selon les résultats officiels provisoires, la CDU d'Angela Merkel obtiendrait 35,2% des suffrages, devant le SPD de Gerhard Schröder à 33,9%. Aucun camp ne disposant d'une majorité absolue, la formation d'un gouvernement de "grande coalition" semble inévitable.

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La confusion est totale à Berlin : les élections législatives anticipées de dimanche, qui devaient ouvrir la voie  "à un nouveau départ", selon Angela Merkel, ont donné un résultat à contre-pied des sondages, avec un net recul de l'Union chrétienne-démocrate (CDU) qui, comme  le Parti social-démocrate (SPD), enregistre l'un de ses plus mauvais scores de l'après-guerre. Si la chrétienne-démocrate Angela Merkel a gagné son pari en devançant le chancelier social-démocrate sortant Gerhard Schröder, l'écart est si faible qu'aucun camp ne dispose d'une majorité absolue des sièges au Bundestag. Conséquence : ils ont tous deux revendiqué dimanche soir la direction du gouvernement. Une situation totalement inédite, avec au bout le spectre de l'absence d'accord tant le fossé semble profond et les rivalités personnelles exacerbées, ce qui pourrait entraîner une nouvelle dissolution du Bundestag tout juste élu, de nouvelles élections et ainsi la paralysie politique, sur le plan intérieur comme international, du plus important pays européen, déjà souvent qualifié  "d'homme malade de l'Europe".

Selon les résultats officiels provisoires publiés dans la nuit par la Commission électorale, la CDU et sa petite soeur bavaroise (CSU) recueillent 35,2% des voix  (38,5% en 2002) et leur allié libéral (FDP) 9,8% (7,4% en 2002). Ce qui donne un total de 45%, alors qu'il faut recueillir au moins 48,5% des  voix pour disposer de la majorité absolue des sièges au Bundestag, la chambre  basse du Parlement. Dans ce contexte, pour le résultat final, il faudra peut-être même attendre l'élection législative partielle dans la circonscription de Dresde-I (ex-RDA), reportée au 2 octobre en raison du décès d'une candidate. Un mandat direct et de un à deux mandats à la proportionnelle sont en jeu dans cette circonscription  qui compte 219.000 électeurs.

Longues et délicates tractations à venir

Un résultat qui contraint pratiquement à un gouvernement de "grande  coalition" chrétien-démocrate/social-démocrate, une hypothèse que ces deux  partis avaient refusé d'envisager jusqu'à dimanche soir et qui n'a connu qu'un seul précédent, de 1965 à 1969. En tous cas, la formation d'un gouvernement, quel qu'il soit - "grande  coalition" CDU-SPD avec Merkel comme chancelière ou SPD-CDU avec Gerhard  Schröder à sa tête, coalition SPD-Verts avec peut-être une partie du FDP - va donner lieu dans les prochains jours, tous azimuts, à de longues et délicates  tractations entre tous les partis, à l'exception de la gauche radicale. Le SPD de Gerhard Schröder, recule à 34,3% (38,5 en 2002) de même que son  allié Verts (8,1% au lieu de 8,6 en 2002). Les sociaux-démocrates, avec leur plus mauvais score depuis 1957 (31,8%), ont souffert de la concurrence du nouveau Parti de gauche, rassemblant les néo-communistes à l'est et les déçus du SPD à l'ouest : cette gauche plus radicale recueille, sous la houlette de l'ex-communiste Gregor Gysi et de l'ancien président du SPD Oskar Lafontaine, ennemi juré de Gerhard Schröder,  8,7% des suffrages contre seulement 4% en 2002 à l'ancien PDS.

"Défaite grandiose pour Merkel"

Pourtant, Gerhard Schröder, parlant d'une "défaite grandiose" d'Angela  Merkel, a affirmé qu'il voulait rester à la tête du gouvernement, récusant ainsi  l'idée d'une victoire de l'opposition. Pour former un gouvernement, il veut mener des pourparlers dès ce lundi avec tous les partis politiques à l'exception des ex-communistes du Parti de gauche. Dans un débat télévisé, en présence d'une Angela Merkel stupéfaite, Gerhard  Schröder a mis la barre encore plus haut: avec ce résultat, Angela Merkel ne  peut prétendre "aspirer au pouvoir" et elle "n'obtiendra pas de grande coalition avec le SPD sous sa direction". Dans la mesure où sociaux-démocrates et Verts rejettent tout accord avec la gauche radicale, l'espoir de Gerhard Schröder réside dans un accord très hypothétique avec les libéraux du FDP ou du moins une forte partie d'entre eux.  Or, le président du parti, Guido Westerwelle, s'est lié depuis longtemps à  Angela Merkel. M. Westerwelle a de nouveau récusé dimanche soir tout renversement d'alliance au profit du SPD. Et, dans la nuit, l'espoir secret du chancelier de finir par disposer du  plus important groupe parlementaire, bien qu'il soit derrière la CDU-CSU en  voix, a été anéanti : la Commission électorale donnait à la CDU-CSU trois sièges de plus qu'au SPD, 225 députés contre 222.

Pour sa part, Angela Merkel a estimé que "le gouvernement rouge-vert avait été désavoué" et souligné que la CDU, en tant que premier parti à l'issue du scrutin, avait "un mandat clair pour former le gouvernement" et qu'elle entamerait des négociations "avec tous les partis démocratiques, à l'exclusion du Parti de gauche". Une déclaration qui ne peut masquer son échec à constituer un gouvernement  avec ses alliés libéraux. Le score de la CDU, très en-dessous des sondages lui accordant 41/42% des  voix, est la grosse surprise du scrutin, les chrétiens-démocrates réalisant leur  troisième plus mauvais score de l'après-guerre après 1949 (31%) et 1998  (35,1%). Cette contre-performance d'Angela Merkel n'est que partiellement compensée  par le surprenant bond en avant des libéraux, qui ont vraisemblablement  bénéficié du vote d'électeurs soucieux d'éviter un gouvernement de "grande  coalition" CDU-SPD. Si Angela Merkel, 51 ans, "Angie", comme la surnomment affectueusement ses  fans, a réussi son pari de battre Gerhard Schröder et peut devenir la première  chancelière de l'histoire allemande, elle a subi un camouflet d'envergure en  faisant nettement moins bien que le candidat conservateur de 2002, le Bavarois  Edmund Stoiber, qui n'avait été devancé que de moins de 7.000 voix.

le 19 septembre 2005 à 07:28
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12 Commentaires

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  • Etienne, le 19/09/2005 à 10h57

    Faut s'accocher pur comprendre le systeme Allemand....

  • A, le 19/09/2005 à 10h53

    Schroder s'accroche au pouvoir, alors que son pourcentage est moins elevé..ridicule, mais ca ne m'étonne pas d'un ami proche de chirac..

  • Jl, le 19/09/2005 à 10h36

    Je ne comprends pas la dernière ligne : en tete des voix, elle aurait fait moins bien qu'un autre conservateur ayant été devancé de 7000 voix ? Y a un langage de presse que je ne comprendrais janais, la aussi il y a confusion. Si la gauche avait eu 3 sièges de moins que la droite en France , aurait elle reclamée la continuité d'un meme gouvernement au nom de la stabilité ?

  • Nicolas, le 19/09/2005 à 10h26

    Ouf! Chirac doit etre soulage, la Turquie va pouvoir rentrer dans l'Europe.

  • Vimal, le 19/09/2005 à 10h21

    La logique voudrait que le parti arrivé en tête en pourcentage et en élus dirige la coalition. Le Chancelier actuel devrait admettre qu'il a été battu sur ses idées même si c'est de très peu. L'accepter serait courageux et de plus....démocratique. S'accrocher au pouvoir n'est pas dans son intérêt.

  • Xx, le 19/09/2005 à 10h20

    Les Allemands se sont prononcés, ils veulent le meilleur des deux politiques, du liberalisme avec du social, faire de l'argent mais ne pas oublié et proteger les moins favorisés, soient ils se battent entre eux et se confine dans l'immobilisme totale, soient ils font une coalition pour agir efficacement pour le salut de l'allemagne (c'est peu probable). Pour ce qui concerne l'axe franco allemand, cela fait longtemps que c'est devenu lettre morte, chacun gere ses problemes et ses intérêts en mettant cela de coté, c'est dommage, un patenariat efficace France / Allemagne nous donneraient une puissance equivalent a celle des Etats-Unis, mais ce n'est qu'une utopie. Mais nos dirigeant ne voyent pas plus loin de leur nez avec des politiques a courte vue.

  • Vava, le 19/09/2005 à 09h58

    Je ne fais pas partie des gens qui changeront de choix a cause des sondages. L'interdiction des sondages est inutile, car elle ne porte que dans le pays concerne. Rien n'empeche des medias etranger de realiser leur propre sondage et de publiser sur leur propre site. Il y a quelques annees, un quotidien suisse avai ainsi publie un sondage a la veille d'une echeance importante (j'ai oublie laquelle) en France. Que pouvait-on faire contre? rien. Les interdits inutiles ou impraticables doivent etre donc retires.

  • Samuel, le 19/09/2005 à 09h40

    Une date mal choisie (les jeunes célibataires qui ont l'argent (CDU/FDP)sont en congés à l'étranger à cette époque), un temps magnifique qui comme en France à amené les électeurs à faire plutôt la balade du dimanche qu'à voter, d'autant plus que tous les sondages étaient pour la CDU/FDP et qu'il était plus intéressant de se prendre une cuite à la fête de la bière de Munich. Bizarre, je me rappelle d'une élection francaise équivalente, non?

  • Alex, le 19/09/2005 à 09h10

    J'ai entendu qu'on appelait Merkel, la " miss Tatcher allemande" ce qui promet, déja j'ai entendu a la radio un allemand qui bossait pour un nouveau contrat de 1? de l'heure ( oui, ça existe là bas et peut être bientot chez nous ) donc qu'on vienne pas se plaindre que de plus en plus de gens tentent les recrutement de la la fonction publique en voyant ça !

  • Maxime, le 19/09/2005 à 09h10

    Ils devraient revoir de fond en comble leur systeme d'election, car un pays bloqué comme va l'etre l'allemagne c'est extremmement dangereux à tout niveau

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