
Après le retrait israélien de la bande de Gaza, la balle est désormais dans le camp des Palestiniens pour faire avancer le processus de paix, a estimé jeudi Ariel Sharon à la tribune des Nations unies. "C'est maintenant aux Palestiniens de prouver qu'ils veulent la paix" a déclaré le Premier ministre Israélien. "Nous les respectons (les Palestiniens) et nous n'avons aucune envie de les diriger. Ils ont aussi droit à la liberté et à une souveraineté nationale dans leur propre Etat", a-t-il ajouté au deuxième jour d'un sommet historique des Nations unies marquant le 60ème anniversaire de l'organisation. "La fin du contrôle israélien sur la bande de Gaza permet aux Palestiniens, s'ils le veulent, de développer leur économie et de construire une société développée, libre, respectueuse de la loi, transparente et en adhésion avec les principes démocratiques", a poursuivi Sharon. "Le succès de la mise en oeuvre du retrait crée une opportunité pour avancer vers la paix", a-t-il ajouté, réaffirmant l'engagement d'Israël envers la "feuille de route", le plan international de paix qui prévoit la création d'un Etat palestinien.
"Le test le plus important auquel la direction palestinienne va être confrontée sera de remplir ses engagements de supprimer le terrorisme et ses infrastructures", a ajouté le dirigeant israélien, "Tant que cela ne sera pas le cas, Israël saura comment se défendre des horreurs du terrorisme", a-t-il averti. Le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, avait déclaré la veille que les Palestiniens contrôlaient désormais entièrement la bande de Gaza. S'exprimant en hébreu, le Premier ministre a souligné que le retrait marquait "la fin du contrôle israélien sur la bande de Gaza et de sa responsabilité sur celle-ci", mais il s'est abstenu de mettre fin officiellement à l'occupation israélienne de ce territoire. Les Palestiniens affirment que l'occupation par Israël de la bande de Gaza, qui dure depuis 38 ans, ne cessera que lorsque l'Etat hébreu leur cèdera le contrôle des frontières terrestres, aériennes et maritimes. Jusque-là, Israël a toujours refusé.
La "barrière de sécurité" maintenue
Le Premier ministre israélien a insisté sur le fait qu'Israël continuerait à construire sa très controversée "barrière de sécurité" en Cisjordanie, dont des tronçons ont été déclarés illégaux par l'Onu en 2004. "Nous continuerons à la construire jusqu'à ce qu'elle soit achevée", a-t-il affirmé alors que quelques heures plus tôt, la Cour suprême israélienne a ordonné la destruction d'une section de ce mur, estimant qu'il emprisonne un millier de Palestiniens.
On apprenait par ailleurs, vendredi matin, par le ministère de la Défense israélien, qu'une zone de sécurité allait être élargie de 150 mètres en territoire palestinien, au nord de la bande de Gaza, pour éviter des infiltrations. "Cette zone de sécurité se présentera soit sous la forme d'une clôture électronique ou d'un mur, l'essentiel est de créer un no man's land dont l'accès sera interdit aux Palestiniens", a déclaré un porte-parole de la Défense.
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