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Les négociations entre l'UE et la Turquie, qui débutent normalement lundi, doivent-elles envisager une autre solution que l'adhésion ? C'est la dernière question à laquelle les 25 sont confrontés avant l'ouverture des pourparlers. Pour la Turquie, il n'en est pas question : le processus doit s'achever obligatoirement par son entrée effective dans l'UE, Ankara se disant même prêt à abandonner sa candidature au cas où on lui propose un "partenariat privilégié". Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a d'ailleurs estimé dimanche que l'Union européenne devait choisir entre une position d'"acteur mondial", si elle entame lundi des négociations d'adhésion avec la Turquie, ou de "club chrétien" si elle rejette la candidature d'Ankara.
Pour 24 membres, l'objectif des pourparlers est l'adhésion, mais dans un processus ouvert et sans garantie, comme l'a souhaité la Commission européenne en juin. Pour l'Autriche, en revanche, le cadre de négociations, discuté normalement par les ambassadeurs des Etats membres, doit justement prévoir une solution alternative ou du moins intérimaire, "au cas où l'UE n'aurait pas la capacité d'absorber la Turquie ou au cas où la Turquie ne remplirait pas tous les critères".
L'Autriche veut aussi la Croatie
Résultat : le refus de Vienne bloque l'adoption du texte. Or sans cadre de négociations, il ne peut y avoir d'ouverture des pourparlers. "Nous ne faisons pas de menaces mais nous voulons plus d'éléments positifs dans le cadre de négociations" explique le chancelier Wolfgang Schüssel. Pour dénouer cette nouvelle mini-crise, ce sont les ministres des Affaires étrangères eux-mêmes qui se retrouveront dimanche soir.
Vienne, sans lier officiellement les deux dossiers, réclame également l'ouverture des négociations avec la Croatie, reportée au dernier moment en mars en raison d'un manque de coopération de Zagreb avec le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie. "Si nous faisons confiance à la Turquie pour faire plus de progrès nous devrions aussi faire confiance à la Croatie" estime Wolfgang Schüssel. "Il est dans l'intérêt de l'Europe de commencer des négociations avec la Croatie immédiatement" ajoute-t-il, dénonçant la politique de "deux poids deux mesures" de l'UE.
| 60% de Français contre l'adhésion turque |
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