© afpLes Etats-Unis, dont la cote de popularité sur la scène internationale a fortement baissé depuis la guerre en Irak, ont annoncé jeudi qu'ils accepteraient toutes les offres d'assistance, d'où qu'elles viennent, après l'ouragan Katrina qui a ravagé le sud du pays. Il est exceptionnel que les Etats-Unis, première puissance économique et militaire mondiale, fassent ainsi appel à l'aide internationale pour une catastrophe sur leur sol. La dernière fois en date, c'était après les attaques du 11 septembre 2001.
Le discours de l'administration américaine sur ce sujet a d'ailleurs été quelque peu cacophonique, George W. Bush se montrant plus réticent sur le sujet que son chef de la diplomatie, Condoleezza Rice. Dans une interview à la chaîne ABC jeudi matin, le président a d'abord poliment refusé l'aide internationale. "Nous apprécions l'aide mais nous allons nous en sortir par nous-mêmes", a-t-il déclaré. "Nous ne leur avons pas demandé" de nous aider, a-t-il ajouté. A la mi-journée, la Maison Blanche a rectifié le tir. "Nous sommes ouverts à toutes les offres d'assistance des autres pays, et je pense que nous accepterons les offres d'assistance lorsque cela sera nécessaire", a déclaré le porte-parole de la présidence américaine, Scott McClellan. Mais alors qu'on lui demandait si les Etats-Unis lançaient un appel à l'aide internationale, le porte-parole a répondu sèchement: "Non".
"Aucune offre d'assistance ne sera refusée"
Au département d'Etat, plus sensible au besoin d'améliorer l'image écornée des Etats-Unis dans le monde après la guerre en Irak, le ton était très différent. "Aucune offre d'assistance ne sera refusée", a affirmé Sean McCormack, le porte-parole du ministère américain des Affaires étrangères, avant d'énumérer les nombreux pays et organisations internationales ayant proposé leur aide à Washington, y compris le Venezuela, avec lequel les Etats-Unis entretiennent des relations exécrables. Le porte-parole a cité la Russie, le Japon, le Canada, la France, le Honduras, l'Allemagne, le Venezuela, l'Organisation des Etats américains (OEA), la Jamaïque, l'Otan, l'Australie, le Royaume-Uni, les Pays-Bas, la Suisse, la Grèce, la Hongrie, la Colombie, la République dominicaine, le Salvador, le Mexique, la Chine, la Corée du Sud, Israël et les Emirats Arabes Unis.
Jeudi soir, lors de son intervention sur TF1, Dominique de Villepin a rappelé que la France était "prête à apporter son concours" aux Etats-Unis, évoquant notamment les "moyens de sécurité civile qui sont basés dans les Antilles". Un médecin de la sécurité civile et un sapeur pompier spécialiste des interventions sur les catastrophes naturelles partiront de Paris dès vendredi à destination de Houston, a annoncé cet organisme. A Rome, des équipes de la protection civile italienne et du matériel étaient en instance de départ pour les Etats-Unis afin d'aider aux opérations de secours à la Nouvelle Orléans. De même, le chef d'Etat-major canadien, le général Rick Hillier, a annoncé que les Forces armées canadiennes étaient prêtes à apporter leur aide.
Photo d'ouverture : image des ravages de Katrina - DR
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