
Parmi les hommages affluant du monde entier pour saluer la mort de Simon Wiesenthal, l'un des plus dithyrambiques est sans conteste celui du secrétaire général du Conseil de l'Europe Terry Davis pour qui, "sans sa pugnacité et son combat contre l'antisémitisme, l'Europe n'aurait jamais réussi à guérir de ses blessures et à se réconcilier". "C'était un soldat de la justice, qui était indispensable à notre liberté, à la paix et à la stabilité", a ajouté le haut responsable après avoir appris son décès, à l'âge de 96 ans, à Vienne.
"Il a fait beaucoup pour réparer les torts et les horreurs de la Seconde guerre mondiale, pour punir les coupables de l'Holocauste", a, quant à lui, déclaré Lech Walesa, ancien président polonais et chef historique du syndicat Solidarité. "C'est une grande perte qui affaiblit la famille des gens honnêtes", a poursuivi le Prix Nobel de la Paix 1983.
La ténacité de son combat
"Avec Simon Wiesenthal, c'est un combattant infatigable de la justice et du droit qui nous quitte", a estimé, avec une emphase comparable, le président français Jacques Chirac. "Par l'ardeur de son engagement, par la ténacité de son combat, il n'a eu de cesse de proclamer l'épouvante de la Shoah, pour que l'humanité, en n'oubliant jamais qu'elle a commis l'irréparable, se construise un avenir qui le rende à jamais impossible", a encore dit le chef de l'Etat. "Cette exigence demeure, aujourd'hui, plus que jamais d'actualité", a-t-il jugé.
"C'était une conscience mondiale, il était le symbole vivant des poursuites engagées dans le monde contre les criminels de guerre nazis", n'a pas non plus hésité à s'exclamer Aver Shalev, directeur de Yad Vashem, le mémorial de la Shoah à Jérusalem.
Tandis que pour la Fondation Anne Frank d'Amsterdam, "Simon Wiesenthal, survivant des camps de concentration, était la force vive responsable de la traque et de l'arrestation de nombreux criminels de guerre".
"Pétri de conviction"
Partout en Europe, les représentants de la communauté juive ont également exprimé leur peine face à sa disparition. "Simon Wiesenthal s'est intégralement consacré depuis la fin de la Seconde guerre mondiale à poursuivre les criminels de l'époque nazie, quand le gouvernement allemand y montrait peu d'intérêt", a ainsi relevé le président de la communauté à Berlin, Albert Meyer. Il a insisté sur le fait que "le meilleur hommage que l'on pourrait lui rendre serait de poursuivre la tâche à laquelle il avait consacré sa vie".
Le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) a, pour sa part, salué "cet homme, pétri de conviction et d'énergie" dont la "ténacité exemplaire" a, "en près de soixante années de sa vie", permis de faire traduire en justice des centaines de criminels nazis, "loin de tout esprit de vengeance".
"Il était connu comme la conscience de l'Holocauste, avec justesse, parce qu'à la fin de la Seconde guerre mondiale, quand tout le monde essayait d'oublier, il nous a rappelé" ce qui s'était passé, a noté Ester Mucznik, vice-présidente de la communauté juive de Lisbonne.
"Pour nous, il a été un exemple d'abnégation et d'héroïsme ayant survécu à des situations limites, se consacrant à la lutte pour la justice", a expliqué le député de la communauté juive en Roumanie, Aurel Vainer. "Un grand homme", a résumé, plus sobrement, le président du Conseil central juif de Grèce (KIS) Moisis Constantinis.
(D'après AFP)
Retour MYTF1
Chargement en cours...




