
L'armée pakistanaise a annoncé vendredi l'abandon à Muzaffarabad des recherches d'éventuels survivants du séisme dévastateur du 8 octobre et le début d'une nouvelle phase de dégagement et de désinfection des décombres. Les autorités redoutant des risques d'épidémie, bulldozers, grues et autres équipements lourds devaient désormais entrer massivement en action, a indiqué le commandant Farooq Nasir, porte-parole de l'armée à Muzaffarabad, capitale de la partie pakistanaise du Cachemire dévastée par le tremblement de terre.
L'état-major des armées à Islamabad a toutefois tempéré cette annonce: "nous n'avons pas perdu tout espoir de retrouver des survivants", a expliqué à l'AFP le porte-parole des forces armées pakistanaises, le général Shaukat Sultan. "Des efforts sans relâche se poursuivent pour sauver des survivants et parallèlement les opérations d'aide et de secours battent leur plein", a-t-il ajouté. "Aucune décision n'a été prise pour arrêter la recherche de survivants", a poursuivi l'officier, alors qu'à Muzaffarabad, les Nations unies et les médias ont confirmé l'arrêt des opérations de recherches de survivants.
"Plus de missions sur le terrain"
Lors d'une réunion dans la nuit de jeudi à vendredi entre des représentants de l'armée et des organisations de secours, il a été décidé d'abandonner les efforts de sauvetage, "les équipes techniques nous ayant indiqué que les chances de survie étaient désormais inférieures à 2%", a précisé à Muzaffarabad le commandant Nasir. "Des équipes de l'armée vont maintenant dégager et désinfecter les décombres", a-t-il déclaré, précisant que des équipements lourds étaient en train d'arriver sur place. "Nous avons reçu l'information dans la nuit. Les autorités pakistanaises n'assignent plus de mission sur le terrain", a confirmé à l'AFP Alain Pasche, coordinateur des opérations de secours pour les Nations unies.
"Ils trouvent toujours des gens"
Les quinze équipes de sauveteurs étrangers - britanniques, allemands, turcs, russes, etc... - spécialisés dans la recherche de survivants éventuels avaient déjà pour la grande majorité quitté Muzaffarabad vendredi matin. Seize personnes ont été sauvées vivantes des décombres à Muzaffarabad ces derniers jours, selon le Britannique Stuart Downes, coordinateur des équipe des sauveteurs avec l'Onu. "On a travaillé sans relâche, mais avec succès", a-t-il estimé en soulignant que désormais, particulièrement avec la chute des températures nocturnes, "les chances de survie sont extrèmement minimes". Patron du groupe britannique Search and Rescue Assistance in Disaster, Stef Hopkins restait optimiste. "Lorsque les engins commencent leur travail, ils trouvent toujours des gens que nous n'avions pas trouvés ou que nous ne pouvions pas atteindre", assurait-il.
Un séisme de 7,6 sur l'échelle de Richter a ravagé samedi dernier de vastes zones du nord du Pakistan et du Cachemire faisant 25.000 morts, plus de 63.000 blessés et quelque 2,5 millions de sans abri, selon le dernier bilan officiel provisoire. Des centaines, peut-être des milliers de corps, sont encore enfouis sous les décombres de maisons, d'écoles et d'hôpitaux qui se sont effondrés comme des châteaux de cartes lorsque les secousses meurtrières ont balayé la région. La priorité allant aux centaines de milliers de rescapés, les équipes de secours devaient désormais concentrer leurs efforts sur la distribution de vivres, la prévention d'épidémies et la réhabilitation temporaire.
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