
Les secours ont profité de la première accalmie, intervenue sur l'ouest du Guatemala après dix jours de pluies intenses, pour se rapprocher de la zone la plus touchée par le passage de Stan, dans la région de Santiago Atitlan, où environ 47.000 personnes d'origine indigène habitent des logements précaires. Le président guatémaltèque, Oscar Berger, a décrété trois jours de deuil face à la catastrophe dont les dégâts, supérieurs à ceux du cyclone Mitch en 1998, sont estimés à 800 millions de dollars. Il a également annoncé la mise en oeuvre du programme d'assistance après les désastres naturels, destiné à "acheminer l'aide humanitaire", "effectuer un diagnostic des dégâts" et "planifier la reconstruction".
Lors d'une intervention radiotélévisée, le président a souligné la solidarité de son peuple et exprimé sa reconnaissance envers la communauté internationale pour son aide. Les Etats-Unis ont ainsi fourni huit avions pour les opérations de secours et la distribution de vivres, et accordé 100.000 dollars pour l'achat et l'acheminement de biens de première nécessité. Ils ont aussi annoncé l'envoi d'hélicoptères et d'une équipe de personnels médicaux et logisticiens. La France a dépêché pour sa part 3,4 tonnes de matériel de première urgence (tentes, jerricans, kits de cuisine, bâches et tronçonneuses) au départ de Fort-de-France.
Le bilan risque de s'alourdir
Le dernier bilan des glissements de terrains et inondations provoqués par la tempête tropicale dans l'ouest du pays fait état de 652 morts et plus de 1.400 disparus, dont la totalité des habitants des villages de Panabaj et Tzanchaj, ensevelis sous une coulée de plusieurs tonnes de boue. Les pompiers volontaires, munis de chiens spécialisés, ont entamé la recherche des corps dans ces deux localités qui constituent le cas le plus dramatique de la catastrophe. Le Guatemala commence toutefois à peine à découvrir l'étendue de la tragédie qui aurait également fait des "centaines de morts ou disparus" au sud-ouest du pays, dans le secteur de Coatepeque.
"On ne peut pas déterminer le nombre exact de morts ou disparus car on n'a pas pu arriver dans la zone pour vérifier les informations que nous ont fournies les personnes évacuées", a indiqué Mario Perez, maire de Santo Domingo, dans le département de Suchitepequez. "Ce n'est pas agréable à dire, mais les communes de San Jose Los Tiestis, El Jardin, El Martillo, Nueva Venecia, El Timepo et Puntarena sont complètement détruites et 14 autres sont inondées", a précisé l'élu, estimant à 15.000 le nombre de sinistrés dans ces localités proches de la côte pacifique, à l'embouchure de la rivière Nahualate, connue comme l'une des plus dangereuses à l'époque des pluies entre mai et novembre. Selon le délégué local de la Croix-Rouge, Manuel Rodriguez, les six villages sont complètement isolés par l'effondrement des ponts : "en raison du manque d'hélicoptère, on n'a pas pu effectuer les travaux de recherches, de sauvetage et d'évacuation dans ces zones, puisque l'accès par voie terrestre est impossible, car l'eau dépasse les deux mètres de haut".
Photo d'ouverture : destructions provoquées par la tempête Stan au Guatemala - DR
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