Blair-Chirac, l'entente (presque) cordiale

le 27 octobre 2005 à 20h40 , mis à jour le 27 octobre 2005 à 20h52

Le sommet de Hampton Court, réuni à l'initiative de Tony Blair, s'est efforcé d'éviter les sujets qui fâchent, pour recréer une atmosphère consensuelle dont les 25 avaient un peu perdu l'habitude. Mais Jacques Chirac, tout en jouant la conciliation, a rappelé le refus de la France d'une remise en cause de la PAC.

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Après les affrontements passés, Jacques Chirac a joué à Hampton Court la conciliation avec Tony Blair pour "remettre l'Europe en marche", mais sans rien céder sur le budget ou la politique agricole, laissant augurer une trève de courte durée. Le président français a lui même donné le premier coup de canif au climat consensuel de ce sommet informel, près de Londres, en avertissant que la France pourrait mettre son véto à un accord en décembre à Hong Kong sur la libéralisation du commercial mondial si la PAC était remise en cause.

Avant Hampton Court, les diplomates français avaient prévenu que Jacques Chirac ferait son possible pour ne pas aggraver la crise provoquée par le non des Français et des Néerlandais à la Constitution européenne et par l'impasse sur le budget. "Il était convenu de ne pas se livrer à une guerre des modèles", le "libéral" défendu par le Premier ministre britannique et le "social" dont se revendique Jacques Chirac, un débat qui aurait à nouveau dressé une moitié des Européens contre l'autre, a affirmé un diplomate français. Lors de son intervention à huis clos, Jacques Chirac a ainsi appelé les 24 chefs d'Etat et de gouvernement à être "rassemblés et unis" et a formulé une série de propositions "concrètes" sur l'innovation, l'immigration ou le réchauffement climatique, autant d'idées recoupant les cinq "domaines prioritaires" identifiés par Tony Blair.

"Un temps de respiration européen"

Jacques Chirac a notamment proposé d'investir 30 milliards d'euros supplémentaires d'ici 2013 dans la recherche et l'innovation, en suggérant de recourir principalement à des financements de la Banque européenne d'investissement (BEI). Il "a apporté des propositions concrètes qui vont dans le sens de ce que la présidence britannique a souhaité", a ajouté le même diplomate qui affirme que l'idée des Britanniques était d'avoir "un temps de respiration européen" afin de créer "une atmosphère plus calme" avant la discussion sur le budget 2007-2013. A la suite d'une demi-douzaine de leaders européens, Jacques Chirac a bien évoqué jeudi matin la question du budget, mais simplement "en passant", a affirmé le diplomate. Chirac et Blair ont également tous deux appuyé la création d'un fonds spécial pour aider les travailleurs à s'adapter à la mondialisation, une idée devant laquelle de nombreux dirigeants ne cachent pas leur réticence.

Cette trêve d'un jour a même trouvé une illustration gastronomique: les 25 ont eu droit pour leur déjeuner à du pudding au toffee, une spécialité bien britannique mais ont bu du Bordeaux, un Pomerol 1986. Mais, dès la reprise des travaux, le président français a tiré une première salve, en rappelant les lignes rouges de la France dans les négociations de l'OMC. Même si le sujet n'était pas à l'ordre du jour, Jacques Chirac a mis les points sur les i à la veille d'une réunion à Bruxelles des ambassadeurs des 25 et avant que la Commission européenne ne fasse de nouvelles offres à Genève à l'OMC. La France, a-t-il dit devant les 24 autres dirigeants européens, "n'acceptera aucune remise en cause de la PAC telle que réformée en 2003", alors que Tony Blair pousse à de nouvelles réformes de la PAC qui absorbe 40% du budget communautaire. Il a ajouté qu'elle "se réserve le droit de ne pas approuver à Hong Kong un accord" sur la libéralisation du commerce mondial en négociation depuis 1999.

(photo d'archives : Blair, à droite ; Chirac, à gauche)

le 27 octobre 2005 à 20:40
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4 Commentaires

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  • Jean louis, le 28/10/2005 à 17h23

    Quelle est la vision européenne du président français ? Il n'y a que la PAC et son entente avec la FNSEA qui compte pour lui . La moitié du budget européen pour à peine 4% de la population ! Il a été incapable de présenter aux français le projet de constitution européenne , incapable de l'expliquer et d'expliquer les enjeux , incapable de faire aimer l'Europe . Et il faut le dire , l'Europe est en panne actuellement . Mais un nouveau souffle ne viendra certainement pas d'une initiative française avec un président qui ne pense qu'à protéger les intérêts de ses agriculteurs au détriment de tous les autres .

  • AGORA FOX, le 28/10/2005 à 12h27

    Les suventions agricoles que reçoit la France réfère à des situations passées maintenues artificiellement et qui pénalisent tous les français. Il srait plus judicieux de permettre aux agriculteurs concernés d'exploiter la totalité de leurs terres avec des cultures rentables, que de les contraindre à cultiver pour toucher des primes. Mais Monsieur CHIRAC préfère la bureaucratie et le statu quo...

  • Florent, le 28/10/2005 à 01h47

    Chirac menace d'user de son droit de veto? La belle affaire ! Y'a de quoi rigoler quand-même : si la Constitution qu'il a soutenu bec et ongles avait été approuvée aux référendums, eh bien, le droit de veto aurait tout simplement disparu, et la France aurait été placée dans l'impossibilité de défendre ses intérêts légitimes. J'attends toujours de voir le/la journaliste de courage et conviction qui osera poser les BONNES questions à nos gouvernants - car il y en a marre des sondages à deux balles et des éternelles "serez-vous candidat en 2007?" La maison brûle - et, au lieu d'appeler les pompiers, on fait défiler les candidats pour 2007 ! Drôle de pays quand-même !

  • Bernard, le 27/10/2005 à 21h36

    Et les 23 autres, ils ont pensé et dit quoi ? Les media français ne voient l'Europe que comme une petite annexe de la France.

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