Les 25 cherchent un accord, Ankara s'impatiente

le 02 octobre 2005 à 20h47 , mis à jour le 03 octobre 2005 à 10h32

Les ministres des Affaires étrangères de l'UE se sont réunis dimanche pour tenter de convaincre l'Autriche d'accepter les conditions des négociations d'adhésion avec la Turquie. Les discussions devaient s'ouvrir lundi. Pour le Premier ministre turc, l'UE doit choisir entre être un "acteur mondial" ou un "club chrétien".

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Les chefs de la diplomatie européens, réunis dimanche soir à Luxembourg, espéraient convaincre l'Autriche de surmonter son hostilité à l'adhésion de la Turquie à l'UE, pour approuver sur le fil le cadre de négociation indispensable à l'ouverture lundi soir des pourparlers avec Ankara. Le ministre britannique des Affaires étrangères Jack Straw, dont le pays préside les 25, a affirmé que ne pas respecter ce rendez-vous "représenterait un échec pour l'Union européenne". Mais l'Autriche a bloqué jusqu'ici un accord unanime sur les principes directeurs des pourparlers, en plaidant pour qu'une "alternative" à l'adhésion soit prévue. Or, la Turquie rejette catégoriquement cette idée. Depuis son pays, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a estimé que l'UE devait choisir entre être un "acteur mondial" ou un "club chrétien". Son ministre des Affaires étrangères, Abdullah Gül, a prévenu qu'un démarrage des négociations devrait avoir lieu lundi ou jamais.

Un échec des 25 à s'entendre dans les temps risquerait d'enfoncer un peu plus l'UE dans la crise ouverte par le double non aux référendums français et néerlandais sur la Constitution européenne, et de renforcer les tensions avec Ankara. Le Haut représentant pour la politique étrangère de l'Union, Javier Solana, a dit dimanche soir "ne pas vouloir penser aux dégâts" d'une telle situation. "Je pense que nous allons trouver un accord ce soir", a-t-il prédit. "Nous allons nous écouter les uns les autres et (nous allons) nous rapprocher dans un bon esprit européen", a renchéri la ministre autrichienne, Ursula Plassnik. Et pour Jack Straw, intégrer Ankara dans l'UE serait "le meilleur moyen disponible pour relier" les mondes chrétien et musulman. "Nous voulons que la Turquie rejoigne l'UE car c'est un pays européen. On lui promet l'adhésion... depuis 42 ans", a-t-il insisté.

... et la Croatie ?

Confortée par une opinion massivement hostile à une adhésion turque, l'Autriche veut modifier un compromis difficilement trouvé en décembre 2004. Le texte, repris dans le cadre de négociation proposé par la Commission européenne, affirme que "l'objectif commun des négociations est l'adhésion", dans un processus ouvert et sans garantie, et qu'en cas d'échec, la Turquie devra être ancrée dans l'UE "par les liens les plus forts". Selon des diplomates, Vienne voudrait mentionner une solution "alternative" à l'adhésion ou "intérimaire", comme un "partenariat privilégié".

Tout en niant vouloir lier la candidature turque à celle de la Croatie, l'Autriche réclame aussi l'ouverture immédiate des pourparlers d'adhésion avec Zagreb, repoussée en mars en raison d'un manque de coopération avec le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPI). Le groupe de travail de l'UE sur la Croatie doit étudier la situation lundi matin, en présence de la procureur du TPI Carla Del Ponte. "Si l'évaluation du groupe (...) est positive, nous pourrons aller rapidement vers l'ouverture des négociations", estime la présidence britannique. Le ministre des Affaires étrangères portugais Diogo Freitas do Amaral a critiqué dimanche soir l'attitude de Vienne en jugeant "impossible qu'à chaque fois que (les Européens) doivent prendre une décision, un ou quelques pays se rappelle à la dernière minute qu'il a des objections très importantes". "Ce n'est pas sérieux. Nous perdons notre crédibilité, entre nous et face aux pays tiers", a-t-il fustigé.

Photo d'ouverture : Jack Straw, mettant en garde, dimanche soir, contre un nouvel échec de l'UE - DR

le 02 octobre 2005 à 20:47
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27 Commentaires

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  • Marc, le 03/10/2005 à 10h47

    La Turquie, avec Erdogan, continue sa stratégie de culpabilisation de l'UE en parlant de "club chrétien" et autres balivernes; pour qui se prend cet islamiste soit disant modéré à oser tenir ce genre de discours? Il serait bon de lui rappeler ses propos sur Al Jazira où il revendiquait le double langage, pro européen avec l'UE, et pro-islamiste avec les intégristes. Sa tactique du cheval de troie est maintenant connue de tous, et l'Autriche à tous les mérites de tout faire pour empecher la Turquie d'etre un jour membre de l'UE. Et puis donner des leçons à l'UE quand on refuse de reconnaitre des génocides et un Etat (Chypre), ça parait pour le moins déplacé; les européens ne veulent pas de la Turquie en Europe, et donc, elle ne sera jamais membre.

  • André.B, le 03/10/2005 à 10h33

    Bravo l'Autriche. Honte à Chirac, on s'en souviendra aux prochaines élections. Pour la majorité des peuples Européens c'est non et non à l'entrée de la Turquie. On se moque de nous.

  • Le Singe, le 03/10/2005 à 10h26

    Stop l'hypocrisie... Dans le sport par exemple la turquie joue l'Europe et est considérée comme membre Européen. Personne ne leur a jamais demander de reconaitre Chypre avant de taper la baballe alors qu'ils pourraient se rencontrer en competition; parce que financierement la Turquie ça rapporte. Eux ils veulent rentrer dans l'Europe mais refuse d'en reconnaitre un membre. Dans les 2 cas c'est du grand n'importe quoi. Le monde est-il gouverné uniquement par des hypocrites et des mous du bulbes incapables de tenir une ligne directrice logique ? S'ils reconaissent enfin Chypre : rien à faire de leur religion tant que ça rapporte ! En économie on ne vénere qu'un seul dieu nommé business symbolisé par l'icone $. Et si nos Euro-députés ne veulent pas de la Turquie alors qu'ils la rayent aussi de toutes les instances Européennes. Compris ?

  • Jean-Pierre, le 03/10/2005 à 10h23

    Géographiquement, culturellement, la turquie n'a rien avoir avec l'Europe. J'espère que les Autrichiens tiendront bon et ne marchanderont pas leur accord contre une entrée plus rapide de la Croatie.

  • Jl, le 03/10/2005 à 10h04

    Avec la Turquie, L'europe aura à financer des frontières supplémentaires avec l'Irak,l'Iran,la Syrie. Que seront les conséquences sur la stabilité et l'économie européenne ?

  • Ilan, le 03/10/2005 à 09h56

    Bonjour à Tous, Rendez-vous dans 10 ans, pour savoir qui de l'UE ou de la turquie sera le plus grand perdant....La france change... Cordialement

  • Gandhi, le 03/10/2005 à 09h55

    Les francais ainsi que la plupart des Européens disent non a la Turquie dans l'Europe et les Eurocrates font comme si de rien était. Soyons vigilant et exprimons nous fermement a ce propos. Car les soi-disant "démocrates" semblent se moquer du peuple allégrement.

  • Gabriel Enkiri, le 03/10/2005 à 09h48

    Le 29 mai dernier, nous avons dit NON à une certaine "déconstruction européenne". Avant de dire OUI à un nouveau candidat, il est nécessaire de préciser ce que pourrait être une véritable construction européenne face à la mondialisation. Une négociation avec la Turquie n'a pas de sens et est vouée par conséquent à l'échec.

  • Bob, le 03/10/2005 à 09h31

    "un club chrétien" ? Il a vraiment dit ça ? C'est pas jeter de l'huile sur le feu ça ?

  • Le sagard, le 03/10/2005 à 09h29

    Pourquoi des pays comme l'Allemagne et la France dont plus de 60% d'habitants sont contre l'entrée de la Turquie ,ne sont pas avec l'Autriche pour stopper cette adhesion.Ce pays n'est pas en Europe,et a lui seul il couterait plus cher que tous les pays de l'est,et avant meme de discuter le gouvernement turc cherche a imposer ces idées.

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