
Il persiste et signe. Deux jours après avoir lancé lors d'un colloque "Le monde sans le sionisme" qu'Israël devait être rayé de la carte", le président iranien a récusé vendredi le tollé international en affirmant que ses déclarations étaient "correctes et justes". "Ils sont libres de parler mais leurs paroles n'ont aucune validité. Il est évident que si un mot est correct et juste il va provoquer une réaction", a dit Mahmoud Ahmadinejad, cité par l'agence officielle Irna. "Mes mots sont les mots exacts du peuple iranien", a-t-il ajouté.
Irna a indiqué que le président ultra-conservateur a ensuite critiqué "le sionisme international et la politique expansionniste de l'arrogance mondiale", termes qui désignent habituellement les Etats-Unis et Israël. "Ce sont des êtres effrontés, et ils pensent que le monde entier devrait leur obéir. Ils détruisent des familles palestiniennes et s'attendent à ce que personne ne s'oppose à eux", a-t-il lancé.
"Ce que pensent tous les Iraniens"
Le Conseil de sécurité de l'Onu a condamné vendredi les propos tenus et réitérés par le président iranien. Avec ses affirmations "intolérables et inacceptables" sur Israël, Mahmoud Ahmadinejad "défie ouvertement les valeurs de la communauté internationale", a estimé pour sa part le président de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE). Termes presque similaires pour le Vatican, qui a également condamné ces déclarations "graves et inacceptables".
Vendredi, Mahmoud Ahmadinejad était dans la foule réunie à Téhéran à l'occasion de l'annuelle "journée de Qods" (Jérusalem), instituée par Ruhollah Khomeiny, le fondateur de la République islamique, pour dénoncer "les crimes sionistes". Dans la capitale, des dizaines de milliers de personnes, hommes, femmes et enfants, ont ainsi marché aux cris de "mort à Israël" et "mort à l'Amérique", sous des pancartes proclamant "qu'Israël doit être rayé de la carte". Les manifestants ont rituellement brûlé les drapeaux israélien, américain et britannique ainsi qu'une effigie du Premier ministre israélien Ariel Sharon. La manifestation aurait eu des airs de kermesse sans une rhétorique sanguinolente et si des "candidats au martyre" (les opérations suicide) n'avaient défilé bardés de fausses charges de dynamites sous une banderole proclamant "Qods nous appartient". Des rassemblements semblables ont eu lieu dans tout le pays. Ils ne se sont guère distingués cependant des années précédentes. La plupart des personnes interrogées estimaient que leur président avait "dit ce que pensent tous les Iraniens".
(photo d'archives : Ahmadenijad, lors de son discours de mercredi)
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