© afpAprès presque deux ans d'enquête, le procureur Patrick Fitzgerald va-t-il procéder à des inculpations dans l'affaire "Plame" ? Le mandat de la chambre d'accusation arrive en effet à échéance ce vendredi. Et c'est peu dire que sa décision d'inculper ou non certaines personnes est attendue avec fébrilité par le tout Washington.
Deux "hommes de l'ombre" de la Maison Blanche ont ainsi été inquiétés lors des investigations, et pas des moindres : Karl Rove, le principal conseiller de George W. Bush, officiellement secrétaire général adjoint de la Maison Blanche, et Lewis Libby, directeur de cabinet du vice-président Richard Cheney. Ce dernier pourrait être lui-même en cause. Selon le New York Times, c'est lui qui aurait communiqué à son collaborateur l'identité de Valerie Plame, espionne de la CIA.
Discrédit organisé
Cette femme discrète de 42 ans est la femme d'un ancien ambassadeur, Joseph Wilson, qui s'était publiquement interrogé en juillet 2003 sur de "faux prétextes" invoqués par l'administration républicaine pour entrer en guerre contre l'Irak. Huit jours plus tard, Robert Novak, un éditorialiste conservateur, révélait dans une chronique que Valerie Plame travaillait pour la CIA.
Depuis, Joseph Wilson affirme que la Maison Blanche a voulu le discréditer en laissant entendre qu'il n'avait dû qu'à sa femme, spécialiste des armes de destruction massive à la CIA, l'obtention en 2002 d'une mission d'enquête au Niger sur l'existence d'un éventuel trafic nucléaire avec l'Irak. Il avait conclu qu'un tel trafic n'existait pas, et il estime que la Maison Blanche a délibérément exagéré la menace de l'arsenal de Saddam Hussein.
Crime fédéral
La mission de Patrick Fitzgerald consiste donc à savoir qui est à l'origine de la fuite médiatique sur l'identité de Valerie Plame -révéler le nom d'un membre de la CIA est un crime fédéral. Au cours de son enquête, il a interrogé de nombreux collaborateurs de l'administration, ainsi que des journalistes qu'il a contraints à livrer leurs sources -jusqu'à envoyer en prison la journaliste du New York Times Judith Miller, détenue 85 jours avant de témoigner sur ses conversations avec Lewis Libby.
L'opposition démocrate s'est emparée de l'affaire pour remettre en cause le bien-fondé de la guerre en Irak, de plus en plus impopulaire. "Il ne s'agit pas tant de Rove ou de Libby, mais du fait que le président ne nous a pas dit la vérité quand nous sommes allés en Irak, et que tous ces types sont mêlés à ça", a récemment déclaré le président du parti démocrate, Howard Dean. George W. Bush lui-même a dû convenir que cette affaire participait d'un "mauvais bruit de fond" entourant l'action de son gouvernement qui accumule les difficultés.
(photo afp-archives : Karl Rove, à gauche ; George W. Bush, à droite)
Retour MYTF1
Chargement en cours...




