Les évêques refusent le catholicisme de façade

le 22 octobre 2005 à 15h46 , mis à jour le 23 octobre 2005 à 22h05

Le premier synode du pontificat de Benoît XVI s'est conclu samedi par un appel aux catholiques à harmoniser leur foi religieuse et leur comportement en public. Les évêques ont réitéré le refus du mariage des prêtres et de l'accueil des divorcés-remariés à la communion.

pape funérailles religieuxLes prières se succèdent dans plusieurs langues. © TF1

Les 242 évêques du monde entier réunis au Vatican pour le 1er synode sous Benoît XVI, convoqué sur le thème de l'eucharistie,  ont adopté une adresse au "peuple de Dieu", ainsi qu'une liste de 50 propositions au pape, qui pour la première fois a été aussitôt rendue publique. Ces propositions visent à donner un nouveau souffle à l'Eglise à partir du sacrement de l'eucharistie célébré pendant la messe, dans un contexte marqué par  la "sécularisation" qui fait perdre à de nombreux catholiques "le sens du  sacré".

Rien, en principe, n'empêchera alors le pape d'être plus audacieux que les évêques qui n'ont pas osé toucher aux pratiques millénaires de l'Eglise catholique. Au contraire, ce synode semble avoir donné des arguments nouveaux pour  refuser l'ordination des hommes mariés, malgré le manque de plus en plus criant  de prêtres pour célébrer la messe. Les évêques des Eglises orientales, où les hommes mariés peuvent devenir  prêtres, ont témoigné des difficultés de gestion d'un clergé accaparé par des problèmes familiaux. La proposition 11 insiste sur "l'importance du don inestimable du célibat ecclésiastique dans la pratique de l'Eglise latine" et appelle à multiplier les appels aux vocations.

La loi et la foi

Quant au problème des divorcés-remariés, qui préoccupe particulièrement les évêques d'Europe occidentale et d'Amérique du Nord, la proposition 40 souhaite  davantage de bienveillance envers ces fidèles qui ont toute leur place dans l'Eglise, mais sans pouvoir communier. Dans le même temps, le synode demande que les tribunaux ecclésiastiques habilités à prononcer l'annulation d'un mariage religieux tiennent davantage compte "du contexte de profonde transformation anthropologique de notre époque".

Les évêques ont aussi accordé une attention particulière aux responsables politiques catholiques, appelés à harmoniser leur foi religieuse et leur pratique publique s'ils veulent pouvoir communier à la messe. "Les politiques et les législateurs catholiques doivent se sentir  particulièrement interpellés dans leur conscience (...) sur la grave  responsabilité qu'ils prennent à présenter ou soutenir des lois iniques",  "contraires au bien intégral de l'homme, à la justice et au droit naturel",  ont-ils souligné dans leur proposition 46. Cet appel à la "cohérence eucharistique" vaut pour tous les catholiques, a  précisé au cours d'une conférence de presse l'évêque Français Roland Minnerath,  secrétaire spécial du synode.

"Respecter la nature"

Par ailleurs, les évêques qui ont pu partager pendant trois semaines leurs  expériences vécues dans leur pays, ont accordé une mention particulière aux  "souffrances du monde" dans leur "message au peuple de Dieu". Ce texte évoque "les guerres, la faim, les différentes formes de terrorisme et d'injustice", en citant le Moyen-Orient et l'Afrique, continent "oublié". "Les catastrophes naturelles qui semblent redoubler de fréquence obligent à considérer la nature avec un plus grand respect et à renforcer les liens de solidarité avec les populations éprouvées", souligne encore le message adopté  alors que le cyclone Wilma ravage le golfe du Mexique.

Dimanche, le pape a conclu son premier synode d'évêques et canonisé les premiers saints de son pontificat lors d'une messe solennelle place Saint-Pierre au Vatican, suivie par des milliers de  fidèles. Parmi eux, 7000 Chiliens avaient fait le déplacement pour assister à la canonisation de "Padre Hurtado", le jésuite Alberto Hurtado Cruchaga (1901-1952)  qui s'est dépensé sans compter au service des plus pauvres et avait créé un syndicat. Les autres canonisés sont l'évêque ukrainien de nationalité polonaise Jozef  Bilczewski (1860-1923), son compatriote Zygmunt Gorazdowski (1845-1920), et deux  religieux italiens, Gaetano Catanoso (1879-1963) et Felice da Nicosia  (1715-1785).

D'après AFP

(Image d'archive)

le 22 octobre 2005 à 15:46
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3 Commentaires

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  • Franck, le 22/10/2005 à 18h06

    Plus je les voie, plus ils me semblent dépassés. On vit les derniéres représentations de ce culte devenu anachronique. Dommage, ils auraient pu évoluer. Je me reconnais dans nombre des valeurs qu'ils défendent, mais certaines positions anachroniques (avortement, contraception, cellules souches, créationnisme) les ont rendus inaptes à représenter une quelquonque morale. Quand on interdit le préservatif, on ne peut pas respecter le premier des commandements : "Tu ne tuera point !".

  • Nono, le 22/10/2005 à 17h09

    A mon sens l'humanité avance nettement plus vite que l'Eglise et si celle-ci compte encore avoir des fidèles dans les générations actuelles, elle ferait bien de balayer devant son porche... L'Eglise doit faire preuve d'ouverture sur le monde, et j'aimerai bien comprendre pourquoi elle refuse toujours obstinément le mariage des prêtres et le port du préservatif...

  • Vastre, le 22/10/2005 à 16h56

    Les mêmes qui disent tous les jours "pardonnez nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensé" ne peuvent avoir aucune mansuétude envers les divorcés remariés. Par bonheur pour ces derniers, Dieu est miséricordieux pour tout le monde ! Un peu décevantes ces propositions, non ?

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