Gbagbo : "Notre pays sortira de crise par les élections"

le 31 octobre 2005 à 08h42 , mis à jour le 31 octobre 2005 à 18h41

Le président ivoirien, dont le mandat s'achevait officiellement dimanche, a souhaité que des élections aient lieu "bien avant" la fin du délai de douze mois accordé par l'ONU. La rébellion souhaite que son secrétaire général soit le Premier ministre du futur gouvernement.

cote ivoire gbagbo tv © INTERNE

L'ONU lui a accordé un an pour qu'aient lieu les élections. Laurent Gbagbo, dont le mandat s'achevait dimanche, a souhaité le même jour que le scrutin ait lieu "bien avant" le délai imparti. "Ma conviction profonde est que notre pays ne sortira de la crise que par les élections", a-t-il estimé. "C'est la mission que je confierai au Premier ministre que nous désignerons dans quelques jours", a déclaré le président ivoirien dans une adresse télévisée à la Nation, à l'issue d'une journée de manifestations de l'opposition.

"La rébellion et les partis qui l'a soutiennent dans son refus de désarmer" sont, selon le président sortant, à l'origine de "l'impossibilité dans laquelle nous nous trouvons d'organiser les élections malgré les engagements pris et malgré tous les efforts que nous avons consentis.""Les rebelles et leurs alliés politiques se sont installés dans le dilatoire, jouant le pourrissement de la situation espérant ainsi (...) que l'on s'installerait dans un vide juridique qui leur permettrait d'accéder à la tête de l'Etat sans aucune élection", a-t-il poursuivi.

Guillaume Soro

Quelques heures plus tard, la rébellion des Forces nouvelles (FN), qui contrôle le Nord de la Côte d'Ivoire, a annoncé qu'elle désignait son secrétaire général Guillaume Soro comme Premier ministre du "futur gouvernement de réconciliation nationale". L'opposition "récuse" Gbagbo comme "chef de l'Etat" de la transition en dépit de la décision de l'Union africaine (UA) et de l'ONU de le maintenir à son poste après le 30 octobre.

Environ 5000 jeunes de l'opposition, selon les estimations des journalistes sur place, s'étaient rassemblés dans la journée à Abidjan pour réclamer le départ de Laurent Gbagbo. L'ambiance, festive du début, s'est dégradée à l'annonce de l'agression d'un bus de l'opposition par des partisans de Gbagbo. 400 opposants se sont alors mis en marche vers la présidence, mais ils ont été rapidement dispersés par des tirs en l'air à balles réelles des forces de sécurité. Le reste de la capitale économique ivoirienne a connu une journée tranquille, au cours de laquelle de nombreux abidjanais se sont rendus dans les églises et les lieux de culte pour "prier pour la paix en Côte d'Ivoire" qui traverse une crise sans précédent depuis trois ans.

D'après AFP

le 31 octobre 2005 à 08:42
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