
Les autorités indiennes étaient dimanche sur la piste d'un groupe radical lié à la guérilla islamiste opérant au Cachemire qui a revendiqué la responsabilité du triple attentat commis la veille à New Delhi, qui a fait au moins 61 morts et 210 blessés.
"Des militants d'Inquilab ont réalisé les explosions", a affirmé un porte-parole de ce groupe, Ahmed Yar Gaznavi, à des journalistes cachemiris. "De telles attaques se poursuivront jusqu'à ce que l'Inde retire ses troupes du Cachemire et y cesse ses activités inhumaines", a-t-il ajouté. La police a indiqué que la revendication devait encore être vérifiée.
"Révolution"
Deux des explosions ont ravagé samedi après-midi les marchés populaires de Paharganj et de Sarojini Nagar. Une troisième déflagration s'est produite à bord d'un autobus près d'Okhla. La police avait aussitôt souligné que les explosions étaient destinées à faire le plus grand nombre de morts possibles, les marchés étant bondés à l'approche de la grande fête hindoue des Lumières (Diwali).
Le commissaire Singh a précisé que le groupe Inquilab, dont le nom signifie "révolution", était jusqu'ici peu actif mais connu de ses services. Il semblerait qu'il ait été créé en 1996, qu'il n'était "pas très actif, mais qu'il a des liens avec Lashkar-e-Taiba", l'un des principaux mouvements séparatistes combattant les forces indiennes au Cachemire, a-t-il dit.
Le mouvement Lashkar a été accusé par les autorités indiennes d'être responsable d'une attaque contre le Parlement national, qui avait fait 15 morts (dont cinq guerilleros) en décembre 2001.
La région himalayenne du Cachemire est divisée depuis la partition de l'Inde en une zone indienne et une zone pakistanaise. L'insurrection séparatiste qui s'est développée dans sa partie indienne a fait 44.000 morts depuis 1989.
Minuteur
L'Inde et le Pakistan se sont affontés deux fois sur le Cachemire, qu'ils revendiquent l'un et l'autre. L'attentat de samedi est intervenu au moment où les deux pays finalisaient les modalités d'ouverture de la ligne de démarcation qui divise le Cachemire pour secourir les sinistrés du séisme du 8 octobre.
La police indienne a effectué dimanche des perquisitions dans les hôtels de Paharganj, qui sont populaires chez les routards occidentaux, ainsi que dans les bidonvilles d'Okhla, où résident des dizaines de milliers de journaliers de l'industrie. Samedi, dix hommes avaient été interpellés, dont trois à la gare centrale de New Delhi, et ils sont interrogés dans le cadre de l'enquête.
Le commissaire Singh a précisé qu'un minuteur avait été utilisé pour l'attentat contre l'autobus. Les dégâts auraient pu être beaucoup plus importants si le conducteur n'était pas parvenu à jeter l'engin hors de son véhicule. Le policier n'a pas précisé le type d'explosif utilisé pour les deux attentats contre les marchés. Des échantillons ont été prélevés pour analyse.
Les attaques sont survenues un peu plus de deux semaines après que l'ambassade des Etats-Unis à New Delhi eut mis en garde contre une "possible menace" d'attentats, y compris des attentats suicides, contre les intérêts américains dans la capitale indienne et dans plusieurs villes du pays.
Photo d'ouverture : image du lieu d'un des attentats à la télévision indienne - DR
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