© Commission européenneLe président de la Commission européenne José Manuel Durao Barroso a appelé le président français à cesser ses attaques contre les institutions de l'UE dans un entretien au journal Le Monde de jeudi. Jacques Chirac avait reproché à Bruxelles de se "désintéresser" de dossiers sociaux comme celui de Hewlett-Packard (HP) qui envisage de supprimer un quart de ses effectifs en France. Le président de la Commission européenne a mis Chirac au défi de lui faire des "demandes concrètes", jeudi sur la RTBF.
"A ce jour", la France n'a pas déposé à Bruxelles de demande de réallocation de crédits des Fonds sociaux européens (FSE) dont elle bénéficie, a renchéri jeudi midi sa porte-parole, Françoise Le Bail. La Commission européenne a rappelé avoir déjà eu des contacts avec la direction de HP, ainsi que des représentants des salariés de HP.
"L'Europe est nécessaire"
"Nous avons tous le devoir de ne pas couper la branche sur laquelle nous sommes assis, de ne pas nous attaquer aux institutions européennes, car l'Europe est plus que jamais nécessaire", a rétorqué M. Barroso à Jacques Chirac. "Je crois qu'il existe une éthique de la responsabilité européenne qui nous oblige à expliquer aux citoyens ce que chacun peut faire et j'appelle les hommes politiques à respecter cette éthique", a encore assuré M. Barroso au Monde.
Le président de la Commission a en outre rappelé que "la Commission avait proposé la création d'un fonds pour faire face aux effets de la mondialisation et que ce fonds avait été refusé par certains Etats, dont la France". M. Barroso a rappelé que lorsqu'il il avait placé l'emploi "en tête des priorités de son mandat", il avait été "critiqué", certains s'étant demandé "pourquoi la Commission se mêlait d'un problème qui n'est pas de sa responsabilité".
"Un malentendu"
Le parti socialiste, pourtant très éloigné des vues libérales du chef de la Commission, a lui aussi vertement critiqué les "déclarations intempestives" de Jacques Chirac, y voyant une tentative pour "faire de l'Europe le bouc émissaire des difficultés françaises". Le Premier secrétaire du PS, François Hollande, a accusé mercredi soir le gouvernement et M. Chirac de se "défausser" de leurs responsabilités sur Bruxelles, au moment où le Premier ministre Dominique de Villepin fait face à sa première tempête sociale.
Des diplomates français, soucieux d'apaiser les relations entre Paris et Bruxelles, évoquent "un malentendu" avec l'exécutif de Bruxelles. On "ne demande pas que l'UE se substitue aux Etats mais prenne l'initiative de rassembler les Etats qui ont des difficultés communes", par exemple en proposant un dialogue entre ces pays et l'entreprise qui prévoit un plan social au niveau européen, souligne-t-on dans les milieux diplomatiques français. Jacques Chirac "souhaite une Commission politique, car les responsabilités dévolues à l'UE sont telles qu'on a besoin qu'elle assume aussi ce genre de missions", ajoute-t-on de même source.
Rencontre Chirac-Blair vendredi à Paris |
Tony Blair rencontre vendredi Jacques Chirac et Dominique de Villepin à Paris, alors que la crise politique en Allemagne est venue compliquer l'agenda de la présidence britannique de l'UE. Le Premier ministre britannique et le président français, dont la mésentente avait atteint de nouveaux sommets au dernier Conseil européen en juin à Bruxelles, feront un tour d'horizon des questions européennes, avant le sommet informel des chefs d'Etat et de gouvernement Hampton Court Palace, près de Londres les 27 et 28 octobre. |
(Image Commission européenne : Barroso)
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