Merkel prend les rênes d'un drôle d'attelage

le 10 octobre 2005 à 08h02 , mis à jour le 10 octobre 2005 à 19h30

A l'issue de longues tractations, CDU et SPD ont validé lundi matin leur accord de gouvernement de coalition permettant à Angela Merkel de s'installer à la Chancellerie allemande. Gerhard Schröder écarté de la nouvelle équipe, les sociaux-démocrates obtiennent en échange plusieurs ministères-clés.

merkel conference presse

Après une dernière matinée de tractations et de rumeurs, c'est Angela Merkel qui a elle-même confirmé la nouvelle lors d'une conférence de presse ce lundi à 14h30, heure française : c'est bien elle qui dirigera le futur gouvernement de coalition entre les conservateurs CDU-CSU et les sociaux-démocrates SPD.  "Je suis heureuse, mais je sais bien que beaucoup de travail nous attend", a-t-elle commenté, affirmant qu'elle voulait mener "une coalition des nouvelles opportunités".

Les deux grands partis s'étaient en fait mis d'accord dès dimanche, les derniers détails étant réglés lors d'une ultime réunion dirigée par Angela Merkel et le chancelier sortant, Gerhard Schröder.  "Cet accord est bon et juste" a souligné la leader conservatrice, soulignant que les deux formations étaient tombées d'accord pour dire qu'''il n'y a pas d'alternative au cours des réformes''. Le chef du SPD, Franz Muntefering, a déclaré pour sa part que sa formation était engagée pour un gouvernement stable, qui durerait le temps de la législature.

En échange de l'accession d"Angie" à la Chancellerie, les sociaux-démocrates ont obtenu plusieurs postes-clés du gouvernement : ministères des Affaires étrangères, des Finances, de la Justice et du Travail. Au total, le SPD aura 8 postes, tout comme la CDU-CSU (dont a priori, Edmund Stoiber, le leader bavarois de la CSU, à l'Economie). Gerhard Schröder ne fera quant à lui pas partie de la nouvelle équipe gouvernementale -mais il participera aux négociations à venir.

Négociations sur les programmes 

Prochaine étape du processus né des élections du 18 septembre dernier : les négociations formelles entre les deux partis sur le programme et le fonctionnement de la coalition . A priori, elles débuteront lundi prochain pour s'achever le 12 novembre. Ces pourparlers devront détailler le contenu des projets des différents ministères. Ils s'annoncent d'autant plus ardus que des compromis devront être trouvés entre deux formations qui s'opposaient jusqu'alors.

D'autres étapes doivent également être franchies pendant lesquelles le chancelier Schröder expédiera les affaires courantes : il faudra que la future chancelière soit élue à la majorité absolue par le Bundestag -qui tiendra sa première séance le 18 octobre-, et que les bases des partis ratifient l'accord lors de congrès extraordinaires. Le 14 novembre, un congrès de la CDU à Berlin doit débattre de cette décision, deux jours après la fin prévue des négociations. Du côté du SPD, un congrès est déjà prévu à Karlsruhe du 14 au 17 novembre, mais il n'est pas exclu qu'un congrès extraordinaire d'une journée ait lieu auparavant.

(photo : Angela Merkel, ce lundi)

le 10 octobre 2005 à 08:02
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10 Commentaires

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  • Laurent, le 10/10/2005 à 17h41

    Heureuse et libérale Allemagne !

  • Vastre, le 10/10/2005 à 16h09

    Nous n'avons pas à intervenir dans les affaires internes de l'Allemagne, ni à donner des leçons de démocratie à leur classe politique. On peut sans aucune arrière pensée être convaincu que les négociations SPD-CDU ont conduit à une formule capable de tenir le coup face aux adversités de la conjoncture économico-politique. Nos amis allemands ne sont pas des guignols. Ils vont nous en faire la démonstration.

  • Catherine, le 10/10/2005 à 16h00

    J'invite nos hommes politiques français à ne pas lui demander : Qui va garder les enfants ?, Et pour le concours de beauté ? Les allemands nous démontrent qu'ils n'ont pas peur de faire confiance à une femme. Même si elle a du essuyer de nombreux commentaires sarcastiques et machistes. Un modèle pour nos hommes politiques français. Avec un gouvernement français en pleine négociation difficile avec la SNCM, là aussi, les allemands nous démontrant que la négociation et la discussion peuvent aboutir à des résultats sans bloquer le système. Leurs partenaires sociaux, Gouvernement, syndicats, patronat ne sont pas dans la logique du rapport de force et de la confrontation. Leur seul objectif est de faire avancer les dossiers, pas de les faire pourrir.

  • Olive, le 10/10/2005 à 15h20

    Déçu. Le parti conservateur et sans éclat de Merkel, qui est sans nul doute à la solde des lobbies industriels allemands, m'irrite. Lorsqu'elle fait un discours, j'ai l'impression d'entendre une maitresse d'école qui lit un manuel scolaire usé jusqu'à la corde. "Alors, c'est fini les enfants, on ne va plus faire de cadeaux aux vilains français, on va reprendre les choses en main en matière d'immigration,etc." Ce n'est plus l'Union des nations européennes qui se construit, c'est l'Union des démagogues aux technocrates.

  • Fred, le 10/10/2005 à 15h11

    Grde coalition!! On a vu se ke ca à donner en France, avec Chirac et Jospin! Au final: Rien!!! Une fois ke les 4 ans seront passé le peuple ne saura plus quoi voter (gauche ou droite?). Et c'est à ce moment là que k'un partie "extreme" sera voter!

  • Christine, le 10/10/2005 à 15h11

    Félicitations à Mme Merkel et à nos cousins germains qui donnent le pouvoir à une femme ! A quand la mêle chose en France; Quant aux réactions de Phil et de Ludovic, je n'ai pas vu le rapport avec l'article... Parler d'une femme qui prend le pouvoir n'est vraiment pas du goût des Français ???

  • Fred, le 10/10/2005 à 14h45

    Bravo!!les ludovic et Cie!!!En quoi la Turquie est devenue aussi haïe! Heureusement qu'il y a encore du bon sens dans d'autres pays tels que UK, Espagne, la grèce etc. En effet si nous devions claquer le porte à La Turquie: aller expliquer aux 30 millions de musulmans qui vivent Europe qu'il sont des européens de sconde zone et qu'ils ne seront jamais vus comme de vrais Européens!!! La discriminiation dont fait l'obejt aujourd'hui la turquie,je l'ai vécu avec la Grèce et L'espagne!!!et je peux vous dire qu'à l'époque de sages politiques on su prendre les bonnes décisions!!! Il faut couper l'herbe sous le pieds aux "fan" du clash des civilisations!!!!! Il y va du bien-être de nos enfants!!!!!

  • Mojorisin, le 10/10/2005 à 14h35

    Le bruit court sur 6 ministères pour la CDU, 8 pour le SPD et Shroeder en vice-chancelier.. Reste à savoir qui détiendra les postes clés..

  • Phil, le 10/10/2005 à 12h53

    Eh oui Ludovic. Comme quoi la politique s'apparente davantage à un jeu de loterie qu'à une vraie démocratie. Ceci dit puisque les affaires étrangères restent dans le camp de la gauche il ne faut pas se faire trop d'illusion. Il aura fallu attendre des années pour que le peuple puisse se prononcer directement sur une question essentielle concernant l'Europe et ce référendum a remis les pendules à l'heure. De même il faudra hélas attendre des années pour que le peuple puisse se prononcer contre l'entrée de la Turquie alors que ça pourrait être fait maintenant. Encore des années de perdues en perspective, des heures de négociations inutiles et coûteuses. D'autant plus que ça fait moins mal de dire non maintenant plutôt que dans 10 ans mais ça nos politiciens sont trop bouchés pour le comprendre. Ils préfèrent une bonne crise future à une petite crise maintenant. Faut dire qua dans 10 ans ce ne seront plus les mêmes qui seront au pouvoir alors les décideurs d'aujourd'hui se moquent de reporter les décisions à prendre. Le gâchis continue...

  • Ludovic, le 10/10/2005 à 10h19

    Si Angela Merkel avait été nommée Chancelier(e) une semaine plus tôt, l'Europe aurait refusé la honteuse capitulation de Bruxelles devant la Turquie, et aurait évité le désastre futur que représente l'entrée de ce pays dans l'europe. Mais peut etre qu'avec l'aide de l'Autriche elle pourra rétablir la situation, au grand desespoir de Blair, Bush et Chirac.

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